Les transformations des jardins de la ville de Paris

Troisième partie – Fin

Le Lac de Saint-Mandé

C’est le plus petit lac du Bois de Vincennes, il occupe une superficie de deux hectares. Une voie souterraine conduit jusqu’aux grands collecteurs d’eau de Paris, le ru de Montreuil. Les chênes, les bouleaux, les platanes et bien d’autres essences s’arrondissent en voûte au-dessus de sentiers onduleux, l’île centrale est bordée de saules pleureurs et de cerisiers japonais. Des habitations bordent l’avenue qui longe le lac, qui porte le nom de chaussée de l’Etang, datant de 1274. En parcourant le bois, les cascades se succèdent, au milieu d’arbustes et d’arbres, les rivières qui alimentent le lac portent des noms souvent méconnues par les promeneurs : la rivière de Saint-Mandé, la rivière de Pompadour, et la rivière Aimable pour rejoindre le lac de Gravelle. Des kiosques marquent les différents points de vue du bois ; des rochers apportent une note minérale au pittoresque des différentes scènes que nous avons sous les yeux. C’est un havre de tranquillité, imprégné de fraîcheur ombragée.

Le Bois de Vincennes est resté naturel grâce à l’ingéniosité de Barillet-Deschamps. Les essences forestières sont nombreuses : bouleaux, chênes, érables, sycomores, pins, acacias, ormes plantés sur le sol fertile du Bois, se développent facilement. Les scènes sont champêtres avec une prairie naturelle égayée de fleurs des champs. 

Le lac de Saint-Mandé est le plus petit lac du Bois de Vincennes.

Le Lac de Gravelle

Sur le sommet de Gravelle, la vue est saisissante. On y arrive par la porte de Charenton (3,5 km) ou de Saint Maurice (4 km). Un kiosque élégant orne le sommet du plateau de Gravelle. 

Le plateau de Gravelle est constitué de bosquets autour du lac de Gravelle, baigné de roseaux qui forment un petit îlot agrémentant la vie des oiseaux, des hérons, des canards et des poules d’eau, qui affectionnent ce charmant endroit. Or, ce n’a pas été toujours le cas, auparavant un immense champ de manoeuvre militaire avait été taillé en plein bois. On aménagea un réservoir, qui reçoit encore de nos jours,15 000 m3 d’eau par jour, puisés quarante mètres plus bas, dans la Marne. Des machines hydrauliques, actionnées par des pompes laissent échapper une trombe d’eau, une partie en sort bouillonnante, s’étend en nappe limpide dans le lac de Gravelle et se partage en plusieurs bras. Elle remplit le lit de la rivière Pompadour, de la rivière Aimable, de la rivière Couverte et autres rivières qui serpentent au milieu du Bois. Elle alimente les trois grands lacs des Minimes, de Saint-Mandé et de Daumesnil. Ce système de distribution des eaux fut conçu lorsque la loi du 24 juillet 1860 eût autorisée la cession du Bois de Vincennes à la ville de Paris, qui s’engagea à l’entretenir en promenade publique à perpétuité.

Le lac de Gravelle est baigné de roseaux qui agrémente la vie des oiseaux…

Le Bois de Vincennes est l’oeuvre de gigantesques travaux exécutés par de nombreux travailleurs de Paris et des communes avoisinantes, il est aussi l’oeuvre d’un artiste, Barillet-Deschamps, grand maître des jardins-paysagers. Aujourd’hui encore, ce site joue son rôle incontestable, alliant la préservation de l’environnement à la joie de pouvoir profiter de ce lieu, par le sport, la promenade ou autre activité ludique. Une zone du bois a été interdite aux véhicules pour le bien-être des promeneurs. Les jardiniers de la ville de Paris continuent cette oeuvre en apportant les soins nécessaires aux plantations et à l’assainissement des eaux qui font parties intégrantes de ce site protégé.  

Le coût financiers des transformations de Paris

L’ensemble des parcs et jardins ont coûté à la ville de Paris, 35 millions de Francs de l’époque. Ces créations ont été payées par les parisiens et les visiteurs étrangers qui sont venus de loin pour s’y promener. Les transformations de l’environnement de Paris ont généré de la plus-value pour les propriétaires de terrains et de maisons. La richesse particulière étant l’élément de la richesse générale, l’augmentation de la valeur des immeubles se traduit par l’augmentation des recettes de la ville de Paris. La population apprécie ce bien-être public, accessible à tous. L’installation de ces parcs et jardins à fait reculer l’insalubrité et le manque d’air dans Paris aux XIXè et XXè siècles. 

L’enjeu du XXIè siècle pour Paris

En ce début du XXIè siècle, la pollution de l’air par les automobiles, chauffages et climatiseurs anciennes générations, affectent notre bien-être, voire notre santé. Il est donc primordial de trouver des solutions efficaces et pérennes et de promouvoir les initiatives et changements de nos habitudes de vie : se déplacer en transport en commun ou en vélo, construire des bâtiments à faible empreinte énergétique, sensibiliser les jeunes générations sur la question du changement climatique, aider les constructeurs à choisir les matériaux les mieux adaptés à la question du réchauffement climatique. 

La meilleure solution reste encore de végétaliser la ville. C’est à dire, planter des arbres qui permettent de stocker et de fixer l’O2, dioxygène nécessaire à notre survie, car les arbres sont générateurs d’oxygène et ils sont des atouts contre la pollution. L’action de l’organisation Reforest’Action et la ville de Paris en ont montré un bel exemple : deux cents bénévoles ont planté 2 000 jeunes arbres dans le bois de Vincennes, en mars dernier. La sauvegarde de l’environnement reste l’enjeu majeur de notre siècle et nous pouvons tous y contribuer.