Les jardins du Luxembourg

Le rêve d’une reine

Marie de Médicis1, fit créer les dessins et plantations des jardins du Luxembourg dès 1613. Blondel2 en dessina les dimensions sur des planches. L’architecte de la Reine, est Salomon de Brosse (Il mourut le 9 décembre 1626, fils de de Jean de Brosse, architecte de la Reine Marguerite de Navarre). Il fut chargé de la construction du palais qui dura plus de dix ans et marqué par des incidents. La nature du sous-sol sur lequel le Palais fut édifié était coupé de carrières ; il fallut le fonçage de 69 puits comblés de maçonnerie pour consolider les fondations.

Une riche histoire archéologique

Il est bon de rappeler que les terrains constituant les jardins et le Palais sont riches d’histoire archéologique : des troupes romaines campaient à cet endroit ; des villas ont été construites sur ces terrains. On trouva une figurine de Mercure en bronze, en creusant les fondations du palais. Chalgrin3 entreprit des remaniements dans les jardins, et on y découvrit des bustes, des figurines, des objets du quotidien, en bronze et en ivoire, des vases avec le nom des potiers, de la céramique, des médailles gauloises et gallo-romaines, des moules à poterie.

Un jardin pas comme les autres

Les riverains avaient obtenus l’autorisation d’ouvrir à leurs frais, une entrée sur le jardin du Luxembourg, en offrant 6 000 Francs à l’école de peinture et sculpture, autorisation qui fut accordée par Louis XV, le 21 juillet 1771. Le Comte de Provence (frère de Louis XVI) aliéna en 1782, une portion considérable des jardins, ainsi furent abattues des allées d’arbres centenaires remarquables et le jardin public fut réduit à l’Ouest à ce que nous connaissons aujourd’hui.

L’histoire de France au Palais du Luxembourg

La Convention nationale4 décida que le siège du gouvernement serait établi au Palais du Luxembourg. Il fut entrepris dans le même temps, l’agrandissement du jardin public. En 1796, on détruisit l’ancienne limite, une zone considérable de terrain prise sur les bâtiments et du clos des chartreux. On construisit la magnifique avenue qui aboutit à l’Observatoire. 

Les transformations du palais

Les plans contemporains des jardins nous révèlent selon un témoin de cet époque, « de longues allées, de palissages, un grand bois, plusieurs jardins remplis de simples et, en face du palais, des parterres en forme de broderies » (voir vidéo, vue générale, source des gravures de la BNF) . Diverses transformations du palais sous le 1er Empire et sous la Monarchie de Juillet ont complètement altéré la disposition primitive.

Le Palais du Luxembourg  devient le siège du Sénat5. En 1801, tous les arbres à l’Est du jardin furent renouvelés et on planta la nouvelle zone de terrains provenant du clos des chartreux. Des modifications importantes de décoration furent entreprises. La grotte de Marie de Médicis fut restaurée en 1802. Tous ces travaux permirent de rendre ce jardin, une des plus belles promenades de la capitale ; c’est l’architecte Chalgrin qui se chargea de l’exécution des travaux extérieurs comme à l’intérieur du palais. Son successeur, l’architecte Pierre Baraguey, entreprit d’autres travaux pour embellir les perspectives du jardin (voir vidéo, vue générale des jardins du palais du Luxembourg).

La reconquête du public

Les jardins du Luxembourg furent ouvert au public ; les parisiens aimaient s’y promener ainsi que les étrangers, le préférant à celui des Tuileries. Il était devenu la de promenade des philosophes bien avant la Révolution ; il est vrai que Diderot le fréquentait déjà dans sa jeunesse et que Jean-Jacques Rousseau y faisait sa promenade matinale.

Aujourd’hui, le jardin du Luxembourg a une renommée universelle. C’est le jardin de la jeunesse estudiantine, les poètes se sont inspirés de ces lieux, les jeunes gens se donnent des rendez-vous amoureux. Ce jardin est dessiné à la française. Les terrasses naturelles qui dévalent de l’Observatoire ouvrent les perspectives. Des statues peuplent les terrasses entourées d’élégantes balustrades, agrémentées de vases décorées de fleurs.

La grotte de Marie de Médicis

La grotte de Marie de Médicis a été enrichie d’une décoration sculpturale sur ses deux faces, rapprochée du palais, et placée dans un nouvel encadrement, à droite du palais. Des eaux de sources du village de Rongis, à côté de Paris, alimentent les jardins du Luxembourg depuis 1624. Cette fontaine est le chef d’oeuvre de plusieurs créateurs, dont le premier fut Thomas Francine6. Elle est édifiée sur un bassin rectangulaire encadré par une plantation d’arbres remarquables, reliés par des lianes de verdure, c’est un endroit très apprécié des parisiens lors de fortes chaleurs. Trois colonnes contiennent trois niches surmontées d’un attique que garnit une écusson aux armes de la Couronne de France. La statue qui occupe la niche centrale, est celle de Polyphème7 qui s’apprête à écraser Acis et Galatée8, placés en dessous du rocher d’où il se penche. 

Le Palais du Luxembourg a vu passer bien de têtes couronnées, de noms illustres d’architectes, d’ingénieurs, de peintres, d’écrivains, de poètes, de sculpteurs, de parisiens et de parisiennes qui ont vécu les évènements successifs de l’histoire de Paris et de l’histoire de la France. Nous retiendrons que ce lieu fut d’abord, l’histoire d’une reine qui aimait et protégeait les arts, elle rêvait de se faire construire le plus beau Palais florentin à Paris, en souvenir de son enfance passée à Florence.

Les jardins du Luxembourg d’hier et d’aujourd’hui.

Sources : BNF

  • Les villes d’Art célèbres, Georges Riat, Paris.
  • Le Palais du Luxembourg par A. Hustin (1904)
  • Le Palais du Luxembourg par A. de Gisors, « origine et description de cet édifice », Paris (1847).
  • Diderot : « le neveu de Rameau ».
  • Ouvrage de Grivaud de la Vincelle (4è avec Atlas).

Vidéo et adaptation de l’auteur.

  1. Reine de France, née le 26 avril 1575 à Florence, morte le 3 juillet 1642 à Cologne ; épouse de Henri IV, Roi de France, elle assurera régence après l’assassinat de Henri IV.
  2. Architecte-écrivain.
  3. Architecte général des bâtiments du Roi et de la Reine Mère, mort le 21 janvier 1811.
  4. Régime politique français, gouverna de 1792 à 1795 sous la Révolution française. Elle fonda la Première République (1792-1804).
  5. Chambre haute du Parlement français.
  6. Ingénieur florentin,  construction 1630 ; de Jean-François-Thérèse Chalgrin, architecte français ; de Alphonse-Henri Guy de Gisors, architecte français et Auguste Ottin, sculpteur français. 
  7. Dans la mythologie grecque, il est un cyclope, fils de Poséidon et de la nymphe Thoosa.
  8. Deux amants de la mythologie grecque.

C’est le Printemps, l’exposition Pissaro au Jardin du Luxembourg

En 1884, Camille Pissarro s’installe dans le village d’Éragny-sur-Epte, dans le Vexin français. Nature, fermes, pairies, vergers… Ce nouveau lieu de vie procure à l’artiste de nombreux sujets qu’il ne se lasse pas de peindre.
Les œuvres que Camille Pissarro réalise à Eragny durant les vingt dernières années de sa vie sont aussi spectaculaires que peu connues. Elles marquent l’aboutissement de la carrière de l’artiste, qui s’installe avec toute sa famille dans une grande demeure, en bordure des champs. Dans cette France rurale de la fin du XIXème, il développe une forme d’utopie qui traverse aussi bien sa peinture que son engagement politique. Découvrez ces émouvants paysages, colorés et lumineux, qui se dévoilent au fil des saisons.

À ce sujet, Octave Mirbeau écrit en 1911 dans Le Gil Blas : ” Partout, en ces diverses formes d’expression c’est la vie des champs que Camille Pissarro exprime, sans anecdotes sentimentales ou violentes… Plus qu’aucun autre, il aura été le peintre, vrai, du sol et de notre sol (…) de l’homme et de la bête, tels qu’ils vivent dans la nature (…)”.

Exposition Pissarro, du 16 mars au 09 juillet 2017 au Musée du Luxembourg