Un drôle d’oiseau dans les rizières

Bernard Poujol, riziculteur à Saint-Gilles dans le Gard, utilise des canards pour l’aider à faire pousser son riz. Une production d’exception utilisée par le restaurant d’Armand Arnal, La Chassagnette.
LE MONDE | 27.10.2016 – Par Stéphane Davet

Si le jardin extraordinaire de La Chassagnette subvient à l’essentiel des besoins végétaux du chef Armand Arnal, il ne s’est pas encore transformé en rizière. Symbole camarguais et donc indispensable ingrédient d’une cuisine revendiquée comme locavore, le riz est fourni au restaurant arlésien par un drôle d’oiseau, Bernard Poujol, dit le riziculteur aux canards. La tradition de cette céréale dans le delta du Rhône n’est pas ancestrale.

Après l’endiguement du fleuve par Napoléon III, les hommes ont commencé à planter du riz pour irriguer des terres où le sel avait tendance à remonter à cause de l’assèchement dû à la disparition des crues. D’abord non comestible et destiné au fourrage, le riz camarguais a changé de qualité à partir de la seconde guerre mondiale, quand des centaines d’Indochinois réquisitionnés par le régime de Pétain sont venus travailler dans la région. Sous l’impulsion également d’immigrés italiens et espagnols spécialistes de la riziculture, la production régionale – unique en France – s’est développée pour couvrir aujourd’hui 18 000 hectares (contre 500 000 en Italie), dont 1 200 cultivés en bio.

« UNE FOIS LA PARCELLE INONDÉE, JE METS À L’INTÉRIEUR UN MILLIER DE CANETONS DE RACE MULARD QUI, EN BATIFOLANT ENTRE LES RANGÉES DE RIZ, DÉTRUISENT LES MAUVAISES HERBES. » BERNARD POUJOL, RIZICULTEUR

Longtemps acteur de l’agriculture conventionnelle, Bernard Poujol a décidé de rejeter la chimie à 55 ans. Depuis une dizaine d’années, ce grand barbu au verbe agile s’active avec sa femme, Catherine, dans sa ferme en bois du Mas Neuf de la Motte et ses 40 hectares de rizières biologiques (certifiées Ecocert) au cœur des marais de Saint-Gilles, dans le Gard.
« Le plus difficile est la gestion des mauvaises herbes qui ont le même cycle que le riz, explique le riziculteur. On contourne le problème en faisant pousser l’herbe au préalable, pour la détruire avant d’assécher le champ et de semer le riz à sec, fin avril début mai, puis d’inonder à nouveau la rizière quand le plant est à sa troisième feuille. »

Les difficultés pourraient se répéter si Bernard Poujol n’avait une botte secrète, inspirée par des Japonais, reprenant eux-mêmes une tradition chinoise. « Une fois la parcelle inondée, je mets à l’intérieur un millier de canetons de race mulard qui, en batifolant toute la journée entre les rangées de riz, détruisent les mauvaises herbes et stimulent le système racinaire en fouissant le sol de leurs pattes et de leur bec. » Les canards accompagnent tout le cycle de croissance, jusqu’à la récolte, en septembre.

Uniques en Camargue, la méthode et la qualité de la production ont séduit le chef Armand Arnal, qui peut servir le riz de Bernard Poujol, cuit pilaf, en simple accompagnement. Très utilisé en farine pour, entre autres, le pain sans gluten de La Chassagnette, ce trésor camarguais peut aussi susciter des recettes originales, comme ces feuilles de figuier farcies au riz et cuites au vin rouge.
Utiles jusqu’au bout, les canards engraissés naturellement termineront aussi dans l’assiette. Sous la forme de daube ou de pâtés vendus à la ferme, ou transcendés par le talent d’Arnal, servant, par exemple, des magrets marinés façon gravlax (avec sucre, sel, poivre, citronnelle et gingembre) accompagnés d’un bouillon parfumé.

Canard des rizières, Mas Neuf de la Motte, route de Sylveréal, Saint-Gilles (Gard). Canard-desrizieres.fr

Silence

conference-sur-le-silence

Silence(s)
Le 5 novembre 2016
Du bruit, du raffut, du fracas partout tout le temps.
Alors… Osons un pas de côté, osons le silence, pour regarder mieux et goûter plus intensément la saveur des œuvres du musée.
Le silence ? Il ouvre l’espace de la contemplation et de l’émerveillement. Lorsqu’il s’épanouit dans l’expérience de la beauté et de l’intimité confiante, le silence accueilli, consenti, invite à goûter le cœur du présent. Dans la disponibilité de l’écoute, il initie une intensité de perception nouvelle, subtile et créative, il donne une résonance plus ample aux émotions.
Il est une joie, une promesse, un partage particulièrement valorisé en Asie. De la parfaite quiétude des visages du Buddha à la sobriété des céramiques japonaises de nombreuses œuvres des collections permanentes témoignent de la profondeur des valeurs qui s’y rattachent.

A l’initiative du chorégraphe Dominique Dupuy le projet Silence(s) porté par le Théâtre National de Chaillot s’installe au MNAAG pour une journée et une nocturne exceptionnelles le samedi 5 novembre 2016. Invitations poétiques à enter dans le silence, paroles et sagesses portées par les traditions spirituelles asiatiques, petites leçons pratiques de contemplation silencieuse… Diverses propositions vivantes et inattendues seront initiées, en toute sérénité.
Avec Colette Poggi et Chantal de Dianous :
Rencontre à double voix
L’espace du silence, la promesse de l’inexprimé
11h – Salon Pelliot, Hôtel d’Heidelbach, 19 avenue d’Iéna
A double voix,  une mise en lumière des sources indiennes et chinoises pour révéler les nuances du silence au cœur de l’art, du rite et de la contemplation.

Petites leçons pratiques- de contemplation silencieuse
D’un premier silence à l’émerveillement, comment entrer en résonance avec la beauté ?
14h30 et 16h -Salon Pelliot, Hôtel d’Heidelbach, 19 avenue d’Iéna
Ou comment les grands maîtres du Chan chinois et du Shivaïsme du Cachemire révèlent les étapes de l’expérience esthétique et invitent chacun à entrer dans la contemplation : une petite leçon pratique de contemplation silencieuse.

Colette Poggi, indianiste, docteur en philosophie, enseigne le sanskrit et la pensée indienne.
Elle a publié  Les Œuvres de vie selon Maître Eckhart et Abhinavagupta , Le Sanskrit, Souffle et Lumière , L’aventure de la calligraphie, Geste-trait-résonance .

Chantal de Dianous, diplômée de philosophie et psychologie, se consacre à la recherche et l’enseignement des pratiques Yoga, Taiji quan et Kiryuho. Elle contribue à plusieurs revues consacrées aux traditions spirituelles asiatiques et à leurs disciplines corporelles.

Informations pratiques
Inscriptions obligatoires pour les activités de 11h, 14h30 et 16h sur resa@guimet.fr

Nocturne
Offrandes de silences et murmures poétiques de 18h à 23h
Dans les collections permanentes du MNAAG, 6 place d’Iéna
Une petite flamme dans chaque main : une offrande de lumière pour élire les plus beaux silences parmi les œuvres des collections permanentes… Une petite flamme dans chaque main et l’offrande de murmures poétiques pour redécouvrir la joie du silence.

Informations pratiques
Gratuit. Sans réservation dans la limite des places disponibles.

Toutes les informations au 01 56 52 53 45 ou bien via resa@guimet.fr

Poèmes d’automne

Voici que la saison décline

Voici que la saison décline,
L’ombre grandit, l’azur décroît,
Le vent fraîchit sur la colline,
L’oiseau frissonne, l’herbe a froid.
Août contre septembre lutte ;
L’océan n’a plus d’alcyon ;
Chaque jour perd une minute,
Chaque aurore pleure un rayon.
La mouche, comme prise au piège,
Est immobile à mon plafond ;
Et comme un blanc flocon de neige,
Petit à petit, l’été fond.

Victor Hugo, Dernière gerbe

 

Vendanges

Les choses qui chantent dans la tête

Alors que la mémoire est absente,

Ecoutez, c’est notre sang qui chante…

O musique lointaine et discrète !

Ecoutez ! c’est notre sang qui pleure

Alors que notre âme s’est enfuie,

D’une voix jusqu’alors inouïe

Et qui va se taire tout à l’heure.

Frère du sang de la vigne rose,

Frère du vin de la veine noire,

O vin, ô sang, c’est l’apothéose !

Chantez, pleurez ! Chassez la mémoire

Et chassez l’âme, et jusqu’aux ténèbres

Magnétisez nos pauvres vertèbres,

Paul Verlaine

 

Matin d’Octobre

C’est l’heure exquise et matinale

Que rougit un soleil soudain.

A travers la brume automnale

Tombent les feuilles du jardin.

Leur chute est lente. Ou peut les suivre

Du regard en reconnaissant

Le chêne à sa feuille de cuivre,

L’érable à sa feuille de sang.

Les dernières, les plus rouillées,

Tombent des branches dépouillées :

Mais ce n’est pas l’hiver encore.

Une blonde lumière arrose

La nature, et, dans l’air tout rose,

On croirait qu’il neige de l’or.

François Coppée, Promenades et Intérieurs

L’automne annonce l’arrivée de la citronnelle premium

En cette saison automnale synonyme de vent et de pluie, nous vous proposons pour vous réchauffer, de boire notre tisane citronnelle au coin d’un bon feu ou en lisant votre tout dernier roman dans votre canapé.

L’automne marque aussi la saison des récoltes, celles des cultures d’été, des légumes et des fruits de toutes sortes. A Villa Ô Cinq Epices, c’est celle de la première récolte de notre citronnelle fraîchement cueillie chez notre producteur M.L., dans la région Rhône-Alpes. Les gerbes des feuilles de citronnelle sont un hymne à la joie et aux vendanges du raisin qui rythme la saison.

L’automne a inspiré nombre de poètes et d’écrivains ; voici dans la catégorie poèmes, ceux qui traversent les années et les automnes… Bonne lecture.

L’Art de cultiver

gerbes-citronnelle_web

L’Art de cultiver ou le bonheur simple retrouvé

Notre culture est celle de la terre, celle qui nous nourrit et nous procure les bienfaits nutritionnels dont nous avons tous besoin pour vivre, qui à mon sens, n’est pas très différent de la culture de l’esprit, je vois que vous sourciller je m’explique.

Dans l’ancien français, la culture signifie une pièce de terre cultivée, qui nous ramène à l’idée de terre nourricière. Mais si nous poussons le raisonnement de la culture au sens de la culture de l’esprit, au sens des lettres, des sciences et des beaux-arts, ils nous renvoient à cette même notion de travail de la matière organique des corps vivants, végétaux et animaux, dont l’homme.

Or, cette notion des Arts, me semble intimement liée avec la manière de faire selon une méthode, que ce soit dans la culture de la terre ou la façon de travailler, il s’agit avant tout d’adresse, d’habileté pour obtenir un résultat escompté.

Bien évidemment, selon le choix de la méthode, les résultats ne seront pas les mêmes. Aussi, nous devons nous interroger sur la manière de faire, quelle méthode choisir pour aboutir au résultat optimal ?

Cette notion de méthode est fondamentale, en effet, c’est elle qui détermine les résultats. Un exemple pour étayer cette idée de méthode sous forme d’interrogation simple : pourquoi choisir la culture artisanale plutôt qu’industrielle dans le cadre de la culture de la citronnelle ?

Aujourd’hui, cette question de culture est au centre de tous les débats en matière de santé publique, de bien-être de la population.
Le travail artisanal a comme méthode, les opérations mécaniques, à la main. Les soins apportés sont primordiaux et reflètent l’état d’esprit dans le choix de l’Art de cultiver.

Le partenariat

affiche_citronnelle

Naissance d’un partenariat

Nous avons choisi de partager notre passion de la citronnelle avec Monsieur L., jardinier khmer connu dans la région Rhône-Alpes pour la qualité de ses produits et de son engagement dans la production de développement durable et écologique, sans pesticide ni fongicide dans le traitement de ses plantes.

Bien que la citronnelle soit très connue sur les marchés, celle de Monsieur L. est réputée pour sa fraîcheur et sa qualité gustative. Ce producteur met son savoir-faire à notre service avec humilité et responsabilité.

La cueillette de cette année s’est effectuée le dimande 9 octobre 2016 au matin après dissipation de la brume sur le champ de culture. L’équipe de cueillette composée de quatre personnes était impatiente de commencer la récolte manuelle de citronnelle. Pour éviter quelques désagréments au cours de la cueillette, l’équipe portait des gants de protection, car les feuilles de citronnelles sont coupantes.

Après avoir informé l’équipe sur les bonnes pratiques de la cueillette et la gestion responsable de la qualité des plants de citronnelle, Monsieur L. demande notamment de prendre garde à ne pas couper l’ensemble de la plante mais de ne couper que la partie aérienne de la citronnelle qui sera utilisée dans la préparation de la tisane.

Ensuite, les feuilles de citronnelle sont lavées abondamment et rassemblées pour former des gerbes très élégantes (façon mottes de riz) qui seront transportées pour être coupées et séchées selon la méthode traditionnelle.

Nous avons apprécié le travail de notre partenaire qui garantit à la tisane qui en est issue une qualité inégalée et une traçabilité parfaite de la citronnelle ainsi récoltée.

Cette garantie de qualité permettra à notre public, qui nous l’espérons sera nombreux au Salon de l’Asie les 10 et 11 décembre 2016, venir déguster la récolte premium de notre tisane citronnelle et d’apprécier sa qualité gustative unique, préservée par un travail passionné fourni par le producteur et l’équipe de cueillette.

Les plantes utilitaires de l’Asie du Sud-Est

 

Cet ouvrage vous permet de découvrir la richesse de variétés des plantes qui nourrissent et soignent les populations de l’Asie du Sud-Est depuis des millénaires.
Il dévoile le secret de leurs propriétés médicinales et culinaires exceptionnelles qui les distinguent des autres plantes. Vous accéderez à de nouvelles connaissances relatives aux variétés venues de la région de l’Asie du Sud-Est.
Bien que la plupart de ces plantes sont relativement familières et présentes dans les marchés asiatiques en Europe, le choix du mode de présentation visuelle (par des photos couleurs) et d’accès direct aux informations de cet ouvrage vous aidera à les reconnaître utilement, notamment lors d’un séjour en Asie du Sud-Est.
Grâce à la richesse d’information et sa bibliographie , les noms des plantes en langues locales (Birmanie, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Thaïlande, Vietnam) et la présentation des plantes classées par ordre alphabétique, facilite la recherche par leur nom commun en français (vernaculaire) ; le nom scientifique. Des index à la fin du livre, aident à trouver rapidement la plante recherchée. Un pictogramme coloré est présent sur chaque fiche descriptive des plantes pour signaler leur usage courant.
Des conseils et références médicinales vous seront précieuses pour connaître les bienfaits qu’elles renferment dans l’alimentation, véritable médecine naturelle au quotidien, depuis plusieurs millénaires.

Le combava

combava_web

Le combava, roi des épices

Je porte plusieurs noms : Combava, Kroch search, Jeruk purut, Lime, Makrut… je suis identifié comme un agrume sous le nom scientifique de Citrus hystrix (famille des Rutacées).

D’après mon arbre généalogique, je suis né dans une île indonésienne, appelée “Sumbawa”, située dans l’archipel de la Sonde.

Je ne ressemble à aucun autre citrus, ma taille ne dépasse pas les six mètres, mes feuilles surprennent ceux qui m’observent pour la première fois ; elles ont une forme ovale avec un pétiole ailé, ce qui me donne une allure très poétique, toutefois je me défends de mes prédateurs car je possède des épines bien acérées qui me permettent de survivre dans un milieu hostile.

Mes fleurs de couleur blanche teintée de rose sont très appréciées, “elles me donnent un charme fou” disent les amateurs de citrus. J’attire facilement les butineurs ce qui facilite ma reproduction. Le fruit que je produis est particulier, sa peau est épaisse, rugueuse et bosselée, d’un vert profond qui le rend plus mystérieux.

Pourtant pour m’apprécier, il faut dépasser certains préjugés : “trop acide” disent certains, il est vrai que le zeste de mon fruit est très acide, j’en conviens, mais il dégage un parfum frais et puissant qui dissipe vite les préjugés. D’ailleurs les grands chefs de la gastronomie française l’utilise dans leur plat pour sublimer leur recette.

Mes feuilles restent encore inconnues en Europe, alors qu’en Asie du Sud-Est, elles sont utilisées comme épice dans les préparations culinaires, les soupes, le amok et le plat à base de poisson (voir photo).

Ma qualité reconnue par tous provient de ma forte teneur en vitamine C, un anti-oxydant qui joue un rôle majeur dans l’alimentation des humains.

Villa Ô Cinq Epices au Salon de l’Asie à Lyon

affiche-pub_salon-asie_site

Nous avons la joie de vous annoncer notre participation au Salon de l’Asie les 10 et 11 décembre 2016, au Parc d’Eurexpo à Lyon. Une première pour découvrir notre tisane citronnelle Nouvelle récolte 2016 en vente au stand de l’association Anvaya, vous y trouverez aussi le livre “les plantes utilitaires de l’Asie du Sud-Est”, des tee shirts et pin’s…

Programme : Conférence et dédicace du livre “les plantes utilitaires de l’Asie du Sud-Est”, auteur Joëlle Baby

Les 10 et 11 décembre 2016

Eurexpo

Boulevard de l’Europe 69680 Chassieu – France

Tél. : 04 72 22 33 44

www.salondelasie.com