L’art du dessin

 

Une exposition de dessins au château de Sceaux, dans les Hauts de seine
du 16 septembre au 31 décembre 2016.

Un siècle de dessins français, Chefs-d’oeuvre du musée des Beaux-arts et d’Archéologie de Besançon. Des artistes prestigieux tels que Vouet et Watteau, Nicolas Poussin, Claude Lorrain, Eustache le Sueur, Laurent de la Hyre, Charles Le Brun, Hyacinthe Rigaud.

Un parcours pédagogique vous permettra de comprendre les caractéristiques techniques et méthodologiques du dessin ancien.

Le petit prince astronaute

 

Comme tous les petits garçons Thomas Pesquet avait un rêve.
Le sien était de devenir astronaute. Son père lui construira « une navette spatiale » en carton qui deviendra son jouet favori pendant sa petite enfance.

Aujourd’hui, le 18 novembre 2016 son rêve se réalise. Thomas confiera dans un entretien au mois de janvier dernier que c’est à force de travail, de curiosité qu’il a pu réaliser son rêve.

Thomas Pesquet a fait des études scientifiques et devient ingénieur aéronautique à l’école Supaéro de Toulouse ; il parle plusieurs langues et pratique différents sports. Il est passionné de littérature et emmène dans ses bagages les oeuvres complètes de Saint Exupéry.

Lumière d’opale

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L’habit d’ambre et de lumière,
S’évanouit, nuage d’opale arlequine,
Croûte cristalline d’opale,
Dans la froideur de l’hiver,
Dans un mouvement lent, s’étale,
Pour ne former, qu’un manteau blanc.

L’arbousier répond, dans son habit élégant,
Parer de mille pendilles, de cristal blanc,
Rouges fraises d’hiver, fruit doux pour les enfants,
Mille chants retentissent d’un son éclatant,
Qu’importe l’hiver, dans la lumière d’opale.

joëlle Baby

Le temps éphémère ou l’ode de la lumière

La démarche d’un artiste nous interpelle à la lecture de son oeuvre. il s’agit d’un photographe Hiroschi Sugimoto, dont les oeuvres sont l’expression du temps, celui qui passe, ou la lumière impalpable, comprenez l’invisible. Pour un photographe, c’est très inhabituel ou du moins en apparence.

En poursuivant son travail, Sugimoto entame un nouveau projet qui durera dix années à scruter l’aurore, qu’il intitule “Couleurs de l’ombre”. Que recherche Sugimoto ? Voici ses propos recueillis lors d’un entretien dans le magazine M* :

« J’ai voulu refaire l’expérience d’Isaac Newton, à plus grande échelle ; c’est à dire, décomposer la lumière et nommer les sept couleurs que nous connaissons : le violet, l’indigo, le bleu, le vert, le jaune, l’orange et le rouge ». Le prisme de l’arc-en-ciel.

A Tokyo au sommet d’une colline, il installe un prisme de verre optique de 2,5 mètres, dans son atelier situé en haut d’un immeuble, recouvre les murs d’un enduit traditionnel japonais qui absorbe uniformément la lumière. Les rayons du soleil frappent alors le prisme, qui libère sur les murs blancs des teintes chatoyantes, dans un infini dégradés de couleurs.

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Crédits : Hiroschi Sugimoto

Pour qui à déjà observer l’aurore, c’est un instant magique qui nous rappelle ô combien le temps est éphémère. Chaque jour, l’artiste assiste au plus beau matin du monde – ici, le soleil est déjà ailleurs et les couleurs sont différentes. Un véritable voyage dans le temps et l’espace.

L’artiste photographe nous donne son explication : « La lumière sur le mur vient du Soleil, qui est situé à 150 millions de kilomètres de la Terre. Ces couleurs ont déjà plusieurs années, elles sont un enregistrement de l’histoire de l’univers ». nous comprenons que les sept couleurs sont apparues sur le mur blanc mais bien plus encore, un dégradé de couleurs des plus subtiles les unes que les autres, transporte d’émotions .

En reprenant l’argument de Goethe sur l’approche scientifique de Newton, le photographe, nous rappelle que les couleurs s’adressent d’abord à nos sens. Pour un photographe, c’est un moyen de capturer la couleur pour devenir art.

L’expérience pourrait en rester là, mais l’artiste photographe décide de poursuivre sa quête de la couleur avec un appareil sur un procédé  tout aussi éphémère  avec les dernières pellicules de Polaroid disponibles. Chaque instant d’image renferme une portion du spectre de la lumière, ainsi chaque couleur bascule dans une autre ou se perdre dans l’ombre.

Oui, chaque jour, l’aurore s’évanouit entraînant avec elle, la marche du temps. Les couleurs des photos du Polaroid ne dure guère plus de dix ans, les couleurs disparaîtront inéluctablement… c’est ce que nous rappelle le photographe, que toute vie est naît pour disparaître avec le temps.

Si l’impermanence des choses de la vie existe dans la culture japonaise, à Paris, Sugimoto nous laisse toutefois une trace de son oeuvre, ses images ont été reproduites sur des carrés de soie Hermès, c’est une ode de la lumière qui s’en dégage et réjouit nos sens. Une exposition tenue en avril 2012, au muséum der Kulturen de Bâle a permis au public suisse de découvrir les photographies qui donnent une idée du travail accompli par l’artiste et de contempler son oeuvre.

C’est toute l’émotion ressentie lorsque l’aurore pointe sur notre Terre ou à la vue d’un arc-en-ciel après la pluie, instant magique et éphémère.

*L’interprétation d’un texte n’engage que son auteur.

En savoir plus, voir les sites :

  • l’oeil de la photographie – Hiroschi Sugimoto « couleurs de l’ombre » par Séverine Morel
  • Hermès-éditeur –  « carrés de soie » de l’artiste Hiroschi Sugimoto.

Une réforme européenne toxique pour les agriculteurs bio ?

Une révision de la politique européenne sur l’agriculture bio devrait être finalisée d’ici à la fin de l’année. La question d’instaurer des seuils de pesticides dans les produits AB fait débat.
LE MONDE | 02.11.2016
Par Angela Bolis

Comment soutenir un marché bio en pleine croissance, sans abaisser les exigences de qualité et d’intégrité de ses produits pour le consommateur ? C’est le dilemme qui sous-tend les trilogues, ces négociations à huis clos entre la Commission, le Parlement et le Conseil européens, qui visent à réviser, d’ici à la fin de l’année, l’actuel règlement européen de l’agriculture biologique.

Datant de 1991, réformé en 2007, ce règlement définit le cahier des charges de l’agriculture biologique pour les Etats membres de l’Union européenne (UE), dont dépend le label bio européen figurant aux côtés du logo AB, sa transposition nationale.

Parmi les multiples questions soulevées par cette nouvelle révision, l’une a particulièrement cristallisé les débats : faut-il instaurer des seuils de produits non autorisés – pesticides et OGM – au-dessus desquels un produit bio perdrait automatiquement sa certification ? Cette proposition de la Commission s’est heurtée à l’opposition de toute la filière bio.

Des pesticides dans les produits bio ?

Actuellement, les contrôles garantissant le label bio portent sur les moyens : ils veillent à ce que les précautions soient prises à tous les niveaux de la chaîne de production pour respecter le modèle bio – agriculteur, transformateur, transport, distributeur, etc. –, avec un principe majeur : la non-utilisation, dans les champs, de pesticides de synthèse.

Mais les analyses sur le produit fini ne sont pas systématiques ; et si elles détectent une substance interdite dans un produit, son déclassement n’est pas non plus automatique. Le règlement européen ne prévoit aucune disposition particulière dans ce cas. Par conséquent, des produits dans lesquels on a détecté la présence de pesticides continuent à être commercialisés en tant que produits biologiques.

Les produits bio, en effet, ne sont pas garantis « zéro pesticide »… même si le niveau de pesticides qu’ils contiennent parfois est incomparablement plus bas que dans un produit conventionnel. Selon le dernier rapport de l’European Food Safety Authority (EFSA) sur les résidus de pesticides dans les aliments, 15 % des quelque 4 620 aliments bio analysés contenaient des résidus détectables de pesticides. Et 0,8 % d’entre eux dépassaient les limites maximales de résidus (LMR) – les niveaux autorisés en conventionnel pour chaque pesticide.

Lire le décryptage :   Que valent les chiffres de l’EFSA sur les pesticides ?

D’où viennent ces pesticides dans les produits bio ? Dans l’immense majorité des cas, explique Philippe Thomazo, directeur général d’Ecocert (principal organisme de certification bio en France), ils ne proviennent pas de fraudes de l’agriculteur, très rares, mais de contaminations fortuites, dans les champs surtout, ou pendant les diverses étapes de production : transport, conditionnement, distribution…

Une proposition de la Commission contrée par le Parlement

Même minime, la présence de pesticides dans les produits bio ternit toutefois la crédibilité du label bio vis-à-vis des consommateurs, estime la Commission, qui a présenté en 2014 une proposition de révision visant à renforcer le règlement européen. Ce projet faisait suite à une large consultation lancée début 2013, qui a remporté un vif succès, avec près de 45 000 réponses. Consommer un produit de qualité sans pesticides ni OGM arrivait en seconde position des raisons pour lesquelles les citoyens européens achètent bio.

La Commission a donc proposé que les produits bio soient soumis aux mêmes seuils que ceux en vigueur dans l’alimentation pour bébé, à savoir 0,01 mg/kg de pesticides. Au-delà de cette quantité, ils seraient automatiquement décertifiés. Actuellement, seules l’Italie, la Belgique et la République tchèque ont introduit des seuils de pesticides dans les produits bio, ce qui entraîne, selon elle, une distorsion de concurrence.

Mais cette proposition a été retoquée par le Parlement – qui a d’ailleurs largement amendé le texte de la Commission. Au grand dam de certaines associations écologiques, comme IEW, la Fédération interenvironnement de Wallonie en Belgique, qui accuse le Parlement d’affaiblir le cahier des charges européen, et d’ouvrir la voie à « une agriculture biologique très peu ambitieuse ».

Derrière la position du Parlement européen, c’est toute la filière bio qui s’est érigée contre ces seuils de décertification, des producteurs à la grande distribution. Et notamment l’International Federation of Organic Agriculture Movements (Ifoam), qui représente une grande partie des associations de paysans bio et des transformateurs dans l’Union européenne. Selon Politico, des poids lourds du bio comme l’Espagne et l’Allemagne s’y sont aussi opposés.

La production bio pénalisée ?

Du côté du Parlement comme de la filière bio se dessine en effet une même crainte : que ces seuils de pesticides ne fassent obstacle au développement de l’agriculture bio, dont le marché a quadruplé en dix ans en UE, alors même que l’offre ne parvient pas à suivre la demande.

Lire aussi :   Face à la crise agricole, le bio tire son épingle du jeu en France

Au-delà de sa croissance, la filière tient par ailleurs au principe, central dans le modèle bio, de l’obligation de moyens. Or, l’introduction de seuils ferait basculer la logique vers une obligation de résultats, délétère selon eux. Pour Eliane Anglaret, qui préside Nature & Progrès, une association historique du biologique :

« L’important, c’est de respecter le lien à la terre, de ne pas utiliser d’intrants chimiques de synthèse, d’être dans des circuits locaux… Sinon, il suffirait de mettre des cultures hors sol sous serres en plastique, avec zéro pesticide, pour obtenir du bio. Or, ce n’est pas ce qu’on cherche. »

Autre argument brandi contre les seuils : ceux-ci pénaliseraient les producteurs bio. « Comment établira-t-on la responsabilité et la provenance de ces pesticides ? Et qui paiera pour ces analyses supplémentaires », interroge Mme Anglaret. Selon Eduardo Cuoco, directeur de l’Ifoam Europe :

« Les fermiers bio travaillent en milieu ouvert, sur des territoires où l’agriculture conventionnelle, qui représente 94 % des terres agricoles en Europe, est majoritaire. Ils sont donc soumis à des risques de contaminations accidentelles. Il serait totalement injuste de pénaliser doublement un producteur, déjà victime de contamination, en déclassant l’ensemble de sa récolte, alors qu’il n’est pas responsable de cette contamination. »

François Veillerette, de l’association antipesticides et anti-OGM Générations futures, estime aussi qu’on « ne doit pas faire porter l’effort uniquement par le producteur bio sous prétexte de faire une bio plus blanc que blanc ». « Un des moyens de tuer la bio, c’est de la rendre tellement stricte qu’elle devient inapplicable », abonde Philippe Thomazo, d’Ecocert.

La Commission assure toutefois, afin de ne pas pénaliser l’agriculteur, avoir prévu une compensation en cas de contamination fortuite. La filière bio est globalement favorable à un tel dédommagement – sur le principe du pollueur-payeur, qui mettrait à contribution l’agriculture conventionnelle. Mais elle estime le mécanisme proposé « imprécis et insuffisant ». L’eurodéputé socialiste Eric Andrieu argue, de son côté, que la priorité pour la Commission devrait être de « lutter contre l’omniprésence des pesticides dans l’agriculture conventionnelle actuelle, qui rend impossible pour un agriculteur bio de se prémunir totalement de l’utilisation des pesticides par son voisin ».

Que garantit l’actuel label bio européen ?

Le label bio européen, avec sa feuille étoilée sur fond vert pomme, est obligatoire depuis 2010 pour les aliments bio produits en UE. Il répond au même cahier des charges que la marque française « AB », mieux connue, mais désormais facultative, qui s’est alignée sur le règlement européen (CE no 834/2007). Il garantit :

des denrées alimentaires contenant au moins 95 % d’ingrédients bio (hors eau et sel), la part restante n’étant pas disponible en bio est autorisée ;

une culture sans produits chimiques de synthèse (engrais, pesticides, traitements après récoltes) ni OGM ;

dans l’élevage, une alimentation sans pesticides chimiques ; une interdiction de traces d’OGM au-delà des 0,9 % admis en cas de contamination fortuite ; un recours limité aux médicaments et traitements vétérinaires ; un espace minimal et un accès au plein air pour les animaux;

des précautions pour éviter les contaminations, notamment avec une production séparée dans le temps et l’espace de produits biologiques et conventionnels, ou des espaces destinés au stockage des produits biologiques.

Des organismes certificateurs agréés par l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO), comme Ecocert, Agrocert ou Aclave, veillent au respect de ces règles, avec un contrôle annuel et des contrôles inopinés. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes contrôle également des établissements (plus de      1 000 en 2015), en surveillant notamment les résidus de pesticides dans les produits finis ou l’affichage de mentions « bio » sur les emballages.

En France, d’autres marques privées proposent des exigences plus élevées en matière d’agriculture bio : Bio cohérence, Nature & Progrès, Demeter (biodynamie)…

Un drôle d’oiseau dans les rizières

Bernard Poujol, riziculteur à Saint-Gilles dans le Gard, utilise des canards pour l’aider à faire pousser son riz. Une production d’exception utilisée par le restaurant d’Armand Arnal, La Chassagnette.
LE MONDE | 27.10.2016 – Par Stéphane Davet

Si le jardin extraordinaire de La Chassagnette subvient à l’essentiel des besoins végétaux du chef Armand Arnal, il ne s’est pas encore transformé en rizière. Symbole camarguais et donc indispensable ingrédient d’une cuisine revendiquée comme locavore, le riz est fourni au restaurant arlésien par un drôle d’oiseau, Bernard Poujol, dit le riziculteur aux canards. La tradition de cette céréale dans le delta du Rhône n’est pas ancestrale.

Après l’endiguement du fleuve par Napoléon III, les hommes ont commencé à planter du riz pour irriguer des terres où le sel avait tendance à remonter à cause de l’assèchement dû à la disparition des crues. D’abord non comestible et destiné au fourrage, le riz camarguais a changé de qualité à partir de la seconde guerre mondiale, quand des centaines d’Indochinois réquisitionnés par le régime de Pétain sont venus travailler dans la région. Sous l’impulsion également d’immigrés italiens et espagnols spécialistes de la riziculture, la production régionale – unique en France – s’est développée pour couvrir aujourd’hui 18 000 hectares (contre 500 000 en Italie), dont 1 200 cultivés en bio.

« UNE FOIS LA PARCELLE INONDÉE, JE METS À L’INTÉRIEUR UN MILLIER DE CANETONS DE RACE MULARD QUI, EN BATIFOLANT ENTRE LES RANGÉES DE RIZ, DÉTRUISENT LES MAUVAISES HERBES. » BERNARD POUJOL, RIZICULTEUR

Longtemps acteur de l’agriculture conventionnelle, Bernard Poujol a décidé de rejeter la chimie à 55 ans. Depuis une dizaine d’années, ce grand barbu au verbe agile s’active avec sa femme, Catherine, dans sa ferme en bois du Mas Neuf de la Motte et ses 40 hectares de rizières biologiques (certifiées Ecocert) au cœur des marais de Saint-Gilles, dans le Gard.
« Le plus difficile est la gestion des mauvaises herbes qui ont le même cycle que le riz, explique le riziculteur. On contourne le problème en faisant pousser l’herbe au préalable, pour la détruire avant d’assécher le champ et de semer le riz à sec, fin avril début mai, puis d’inonder à nouveau la rizière quand le plant est à sa troisième feuille. »

Les difficultés pourraient se répéter si Bernard Poujol n’avait une botte secrète, inspirée par des Japonais, reprenant eux-mêmes une tradition chinoise. « Une fois la parcelle inondée, je mets à l’intérieur un millier de canetons de race mulard qui, en batifolant toute la journée entre les rangées de riz, détruisent les mauvaises herbes et stimulent le système racinaire en fouissant le sol de leurs pattes et de leur bec. » Les canards accompagnent tout le cycle de croissance, jusqu’à la récolte, en septembre.

Uniques en Camargue, la méthode et la qualité de la production ont séduit le chef Armand Arnal, qui peut servir le riz de Bernard Poujol, cuit pilaf, en simple accompagnement. Très utilisé en farine pour, entre autres, le pain sans gluten de La Chassagnette, ce trésor camarguais peut aussi susciter des recettes originales, comme ces feuilles de figuier farcies au riz et cuites au vin rouge.
Utiles jusqu’au bout, les canards engraissés naturellement termineront aussi dans l’assiette. Sous la forme de daube ou de pâtés vendus à la ferme, ou transcendés par le talent d’Arnal, servant, par exemple, des magrets marinés façon gravlax (avec sucre, sel, poivre, citronnelle et gingembre) accompagnés d’un bouillon parfumé.

Canard des rizières, Mas Neuf de la Motte, route de Sylveréal, Saint-Gilles (Gard). Canard-desrizieres.fr

Silence

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Silence(s)
Le 5 novembre 2016
Du bruit, du raffut, du fracas partout tout le temps.
Alors… Osons un pas de côté, osons le silence, pour regarder mieux et goûter plus intensément la saveur des œuvres du musée.
Le silence ? Il ouvre l’espace de la contemplation et de l’émerveillement. Lorsqu’il s’épanouit dans l’expérience de la beauté et de l’intimité confiante, le silence accueilli, consenti, invite à goûter le cœur du présent. Dans la disponibilité de l’écoute, il initie une intensité de perception nouvelle, subtile et créative, il donne une résonance plus ample aux émotions.
Il est une joie, une promesse, un partage particulièrement valorisé en Asie. De la parfaite quiétude des visages du Buddha à la sobriété des céramiques japonaises de nombreuses œuvres des collections permanentes témoignent de la profondeur des valeurs qui s’y rattachent.

A l’initiative du chorégraphe Dominique Dupuy le projet Silence(s) porté par le Théâtre National de Chaillot s’installe au MNAAG pour une journée et une nocturne exceptionnelles le samedi 5 novembre 2016. Invitations poétiques à enter dans le silence, paroles et sagesses portées par les traditions spirituelles asiatiques, petites leçons pratiques de contemplation silencieuse… Diverses propositions vivantes et inattendues seront initiées, en toute sérénité.
Avec Colette Poggi et Chantal de Dianous :
Rencontre à double voix
L’espace du silence, la promesse de l’inexprimé
11h – Salon Pelliot, Hôtel d’Heidelbach, 19 avenue d’Iéna
A double voix,  une mise en lumière des sources indiennes et chinoises pour révéler les nuances du silence au cœur de l’art, du rite et de la contemplation.

Petites leçons pratiques- de contemplation silencieuse
D’un premier silence à l’émerveillement, comment entrer en résonance avec la beauté ?
14h30 et 16h -Salon Pelliot, Hôtel d’Heidelbach, 19 avenue d’Iéna
Ou comment les grands maîtres du Chan chinois et du Shivaïsme du Cachemire révèlent les étapes de l’expérience esthétique et invitent chacun à entrer dans la contemplation : une petite leçon pratique de contemplation silencieuse.

Colette Poggi, indianiste, docteur en philosophie, enseigne le sanskrit et la pensée indienne.
Elle a publié  Les Œuvres de vie selon Maître Eckhart et Abhinavagupta , Le Sanskrit, Souffle et Lumière , L’aventure de la calligraphie, Geste-trait-résonance .

Chantal de Dianous, diplômée de philosophie et psychologie, se consacre à la recherche et l’enseignement des pratiques Yoga, Taiji quan et Kiryuho. Elle contribue à plusieurs revues consacrées aux traditions spirituelles asiatiques et à leurs disciplines corporelles.

Informations pratiques
Inscriptions obligatoires pour les activités de 11h, 14h30 et 16h sur resa@guimet.fr

Nocturne
Offrandes de silences et murmures poétiques de 18h à 23h
Dans les collections permanentes du MNAAG, 6 place d’Iéna
Une petite flamme dans chaque main : une offrande de lumière pour élire les plus beaux silences parmi les œuvres des collections permanentes… Une petite flamme dans chaque main et l’offrande de murmures poétiques pour redécouvrir la joie du silence.

Informations pratiques
Gratuit. Sans réservation dans la limite des places disponibles.

Toutes les informations au 01 56 52 53 45 ou bien via resa@guimet.fr

Poèmes d’automne

Voici que la saison décline

Voici que la saison décline,
L’ombre grandit, l’azur décroît,
Le vent fraîchit sur la colline,
L’oiseau frissonne, l’herbe a froid.
Août contre septembre lutte ;
L’océan n’a plus d’alcyon ;
Chaque jour perd une minute,
Chaque aurore pleure un rayon.
La mouche, comme prise au piège,
Est immobile à mon plafond ;
Et comme un blanc flocon de neige,
Petit à petit, l’été fond.

Victor Hugo, Dernière gerbe

 

Vendanges

Les choses qui chantent dans la tête

Alors que la mémoire est absente,

Ecoutez, c’est notre sang qui chante…

O musique lointaine et discrète !

Ecoutez ! c’est notre sang qui pleure

Alors que notre âme s’est enfuie,

D’une voix jusqu’alors inouïe

Et qui va se taire tout à l’heure.

Frère du sang de la vigne rose,

Frère du vin de la veine noire,

O vin, ô sang, c’est l’apothéose !

Chantez, pleurez ! Chassez la mémoire

Et chassez l’âme, et jusqu’aux ténèbres

Magnétisez nos pauvres vertèbres,

Paul Verlaine

 

Matin d’Octobre

C’est l’heure exquise et matinale

Que rougit un soleil soudain.

A travers la brume automnale

Tombent les feuilles du jardin.

Leur chute est lente. Ou peut les suivre

Du regard en reconnaissant

Le chêne à sa feuille de cuivre,

L’érable à sa feuille de sang.

Les dernières, les plus rouillées,

Tombent des branches dépouillées :

Mais ce n’est pas l’hiver encore.

Une blonde lumière arrose

La nature, et, dans l’air tout rose,

On croirait qu’il neige de l’or.

François Coppée, Promenades et Intérieurs

L’automne annonce l’arrivée de la citronnelle premium

En cette saison automnale synonyme de vent et de pluie, nous vous proposons pour vous réchauffer, de boire notre tisane citronnelle au coin d’un bon feu ou en lisant votre tout dernier roman dans votre canapé.

L’automne marque aussi la saison des récoltes, celles des cultures d’été, des légumes et des fruits de toutes sortes. A Villa Ô Cinq Epices, c’est celle de la première récolte de notre citronnelle fraîchement cueillie chez notre producteur M.L., dans la région Rhône-Alpes. Les gerbes des feuilles de citronnelle sont un hymne à la joie et aux vendanges du raisin qui rythme la saison.

L’automne a inspiré nombre de poètes et d’écrivains ; voici dans la catégorie poèmes, ceux qui traversent les années et les automnes… Bonne lecture.

L’Art de cultiver

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L’Art de cultiver ou le bonheur simple retrouvé

Notre culture est celle de la terre, celle qui nous nourrit et nous procure les bienfaits nutritionnels dont nous avons tous besoin pour vivre, qui à mon sens, n’est pas très différent de la culture de l’esprit, je vois que vous sourciller je m’explique.

Dans l’ancien français, la culture signifie une pièce de terre cultivée, qui nous ramène à l’idée de terre nourricière. Mais si nous poussons le raisonnement de la culture au sens de la culture de l’esprit, au sens des lettres, des sciences et des beaux-arts, ils nous renvoient à cette même notion de travail de la matière organique des corps vivants, végétaux et animaux, dont l’homme.

Or, cette notion des Arts, me semble intimement liée avec la manière de faire selon une méthode, que ce soit dans la culture de la terre ou la façon de travailler, il s’agit avant tout d’adresse, d’habileté pour obtenir un résultat escompté.

Bien évidemment, selon le choix de la méthode, les résultats ne seront pas les mêmes. Aussi, nous devons nous interroger sur la manière de faire, quelle méthode choisir pour aboutir au résultat optimal ?

Cette notion de méthode est fondamentale, en effet, c’est elle qui détermine les résultats. Un exemple pour étayer cette idée de méthode sous forme d’interrogation simple : pourquoi choisir la culture artisanale plutôt qu’industrielle dans le cadre de la culture de la citronnelle ?

Aujourd’hui, cette question de culture est au centre de tous les débats en matière de santé publique, de bien-être de la population.
Le travail artisanal a comme méthode, les opérations mécaniques, à la main. Les soins apportés sont primordiaux et reflètent l’état d’esprit dans le choix de l’Art de cultiver.