L’art du porte-monnaie

Le 11 Conti, le Musée de la Monnaie de Paris, a présenté 300 pièces de matériaux et provenances divers, depuis l’Antiquité à nos jours. Un objet banal, qui peut devenir une véritable œuvre d’art, et symbolise l’élégance à la française.

Quoi de plus naturel que de s’intéresser au porte-monnaie dans le temple de l’argent ? C’est malgré tout une première qui n’avait jamais été organisée en France. La Monnaie de Paris a proposé une exposition jolie et originale qui nous plonge dans l’histoire du porte-monnaie.

Cet accessoire courant fait partie de notre quotidien, qu’il soit dans le sac, dans la poche ou tout simplement dans la main pour descendre acheter du pain. En cuir, en tissu, à strass, coloré ou uni, il peut avoir des fermoirs bien différents – fermeture éclair, clapet, petit nœud… On y est attaché parce qu’il est souvent lié à un cadeau ou à un souvenir de voyage.

Cette exposition est née de la patience du collectionneur Henri Joannis-Deberne (1928-2009). En 1963, il achète par hasard un porte-monnaie en écaille. De là commence sa quête de petits objets, carnets de bal, porte-bouquets, éventails… datant de 1830 à 1930, dont 250 porte-monnaie, tant féminins que masculins. Sa veuve, Claudette Joannis, conservatrice honoraire du patrimoine, propose le prêt de cette collection à la Monnaie de Paris. Aussitôt séduit, le musée du quai de Conti la complète pour atteindre 300 pièces provenant de France mais aussi d’autres pays d’Europe. Béatrice Coullaré, l’une des commissaires de l’exposition a souligné qu’il représente «un accessoire incontournable de l’élégance à la française et [que] sa fabrication participe des arts décoratifs réunissant le précieux et l’utile.»

L’exposition a rappelé l’origine du porte-monnaie dès l’Antiquité, pour s’arrêter plus spécialement sur le XIXe siècle. Aumônière, bourse, porte-louis, réticule, escarcelle, minaudière (inventé par Van Cleef & Arpels)… le vocabulaire est décliné au fil du temps, ainsi que des mots mystérieux comme cannetille, maroquin, galuchat, niellé… désignant leur matériau. Les fermoirs sont à boule ou à friction mais aussi à rabat, à levier, à bascule, à clapet, à tirette ou à pression. Il fait savoir qu’entre 1847 et 1901, 598 brevets d’invention portant sur la fabrication des porte-monnaie sont déposés. Le Second Empire est inspiré par le cuir. En 1898, la maison Le Tanneur invente un porte-monnaie sans couture alors que pendant les Années folles les bijoutiers, notamment de la place Vendôme, s’approprient l’objet pour l’agrémenter d’or et de pierres précieuses. En 1934, la Maison Hermès créé son porte-monnaie appelé «Zoulou», pliable comme un origami et encore fabriqué de nos jours. L’exposition s’achève avec le XXIe siècle, présentant de grandes marques de maroquinerie et joaillerie.

Ci-dessous, les références aux clichés de la vidéo.

  1. Bourse au mailles d’or « Le Rêve », Frédéric Vernon, 1901-1903, France. Collection patrimoniales Musée du 11 Conti. Photo Thierry Caron, Monnaie de Paris.
  2. Petit sac du soir avec nécessaire de beauté comprenant un miroir, des emplacements pour les fards à joues et à lèvres et un emplacement pour les monnaies de 20 et 10 francs or. Collection Joannis-Deberne.Photo Jean-Marie Duvillier.
  3. Porte-monnaie en bois peint au décor allégorique, inspiré du tableau « Riche et Pauvre » peint par Alfred de Dreux (1810-1860), fin du XIXe siècle, France. Collection Joannis-Deberne. Photo Jean-Marie Duvillier.
  4. Porte-monnaie en émail « trompe l’oeil » en forme de montre, XIXe siècle, France. Collection Joannis-Deberne. Photo Jean-Marie Duvillier.
  5. Vue intérieure du porte-monnaie en émail en forme de montre, autre vue du précédent, XIXe siècle, France, Collection Joannis-Deberne. Photo Jean-Marie Duviller.
  6. Porte-monnaie en galuchat à grains, XIXe siècle, France. Collection Joannis-Deberne. Photo Jean-Marie Duviller.
  7. De gauche à droite : porte-monnaie en écaille à décor piqueté et incrusté d’or, XIXe siècle, collection Joannis-Deberne ; porte-monnaie en ivoire et ivoire artificiel gravé et piqueté d’or, 1840-1850, France, Collection Joannis-Deberne ; porte-monnaie en écaille (?) Piqueté d’or, XIXe siècle, France, Collection Joannis-Deberne  ; porte-monnaie en ivoire et ivoire artificiel à décor d’applique, seconde moitié du XIXe siècle, France, Collection Joannis-Deberne. Photo : Thierry Caron/Divergence-image.
  8. Porte-monnaie en porcelaine avec décor floral, début du XIXe siècle, France. Collection Joannis-Deberne. Photo : Jean-Marie Duvillier.
  9. Porte-monnaie en émail, fin du XIXe siècle, France. Entièrement recouvert d’un décor assez exceptionnel. Les arabesques de couleur blanche se détachent sur fond noir et rappellent les « grotesques » de la Renaissance. Collection Joannis-Deberne. Photo Jean-Marie Duviller.
  10. Porte-monnaie en bois peint « La Sauvenière », XIXe siècle, Spa, Belgique. Parmi les porte-monnaie souvenir, les miniatures peintes sur bois sont assez rares. Collection Joannis-Deberne. Photo Jean-Marie Duviller.
  11. Moule transformée en porte-monnaie, XIXe siècle, France. Collection Joannis-Deberne. Photo Jean-Marie Duviller.
  12. Porte-monnaie en émail avec incrustation étain (?) sur cuivre, début du XIXe siècle, France. Collection Joannis-Deberne.Photo : Thierry Caron/Divergence-image.
L’art du porte-monnaie