Art des peintures murales tibétaines

Des déserts arides aux vallées encastrées du Tibet, le photographe, journaliste et écrivain américain Thomas Laird (né le 30 juin 1953) a arpenté pendant plus de dix ans ce vaste territoire en quête de peintures murales, souvent abritées — et dissimulées pour ne pas être détruites — dans des temples bouddhistes.

Classées au Patrimoine mondial de l’humanité, ces fresques tibétaines sont réunies pour la première fois en un seul volume — dont le « format sumo », publié aux éditions Taschen, permet de les reproduire en grand et de mettre en valeur certains détails. Ce livre (498 pages, 33 kg) rare et cher (10 000 euros) est destiné avant tout aux collectionneurs.

Thomas Laird a commenté pour le journal Le Monde une sélection de peintures extraites de cet ouvrage, véritable « alliance entre la technologie de la photographie contemporaine et les traditions millénaires ». La vidéo vous permet de vous immerger dans l’art des peintures murales tibétaines. Mais il est nécessaire de lire les explications ci-dessous se rapportant à chaque peinture pour en comprendre toute la signification.  

Art des peintures murales tibétaines.

Vous trouverez ci-dessous, la signification des peintures murales de la vidéo.

1

La reine Maya Devi et la naissance du Bouddha (XVe siècle), Toling, Dukhang, ou salle de réunion – 71 × 100 cm, détail

« La reine Maya Devi, qui porte un habit de style kasmerian, bien ajusté, donne naissance au futur Bouddha à l’âge de 50 ans. Sur cette représentation, on la voit s’accrocher à la branche d’un arbre pendant que Bouddha sort de son flanc (probablement par césarienne). En bas de l’image à gauche, le dieu Indra, reconnaissable aux nombreux yeux couvrant son corps, s’appelle le Mille-Yeux. De l’autre côté de Maya, l’une de ses dames l’aide à l’accouchement. »

2

Amoghasiddhi (début du XVIIe siècle) Jonang Puntsoling, Lhakhang principal, dernier étage – 206 x 287 cm`

« Amoghasiddhi, seigneur de la famille d’action, Bouddha du Nord, comme toujours représenté en vert, symbolise l’activité illuminée. Il est flanqué de deux gardiens bodhisattva. »

3

Le coin sud-est du dernier étage de la chapelle à Jonang Puntsoling avec Semnyi Ngelso se reposant, une première forme d’Avalokiteshvara (à gauche) et de Ratnasambhava (à droite)

« Au dernier étage du monastère de Phuntsholing  se trouvent des chefs-d’œuvre muraux supervisés par Taranatha (1575-1634), le savant le plus éminent de l’ordre controversé Jonang et figure majeure du Tibet de la fin du XVIe au début du XVIIe siècle. Durant la construction de Phuntsholing, il invita de nombreux artistes newar du Katmandou à faire des statues et à orner les murs de superbes peintures contemporaines indo-newar de style tantrique. Il employa aussi Punkyempa, un maître-peintre tibétain qui peignit des fresques murales très raffinées montrant des scènes de la vie de Shakyamuni, aussi bien que des portraits de Taranatha et de Dolpopa. »

4

Bouddha enseignant (début du XIVe siècle). Shalu Khorlam, Temple Prajnaparamita, 2e étage, mur de l’est – 148 × 275 cm

« Ce Bouddha affiche l’enseignement mudra sous un arbre de la Bodhi multicolore entouré de lumières arc-en-ciel et d’hôtes de bodhisattvas. Les feuilles orange semblent être la représentation exacte de celles de l’arbre de la Bodhi sous lequel Bouddha acheva son illumination. A l’arrière-plan, de chaque côté de lui se situent le soleil et la lune avec des joyaux triples enflammés. Dessous, trois bouddhas sont assis de chaque côté. »

5

Intérieur de la chapelle 2 W à Gyantse Kumbum avec bouddha Shakyamuni

« Shakyamuni est représenté ici dans la posture de l’enseignement. Au-dessus de lui, à sa gauche, se trouve Dharma Lord Buton (1250-1364) et à sa droite, le grand prêtre Drakpa Gyaltsen (1352-1405), tous les deux du monastère de Shalu. Ses longs lobes d’oreille indiquent qu’avant l’illumination, le Bouddha était le prince Siddhartha et portait des boucles d’oreille en or si lourdes qu’elles avaient étiré ses lobes. Ces derniers nous rappellent sa grande renonciation quand il quitta femme et enfant et tous les trésors de son palais et enleva ses boucles d’oreille en or pour prendre la route impliquant des années d’austérité et de méditation avant d’atteindre l’illumination. »

6

Le danseur Jataka – début du XIVe siècle. Shalu, Khorlam, 1er étage, mur de l’ouest – 104 × 155 cm

« Voici un chef-d’œuvre typique des peintures de style Newar de la vallée de Katmandou, peint par une école d’artistes népalais instruits par le grand maître Arniko (1245-1306). Ces peintures murales situées dans le khorlam (le grand corridor processionnel) du monastère de Shalu, sont les seules à grande échelle encore existantes. Autrement, ce genre d’art ne se trouve que sous la forme de thangka (des peintures de forme rectangulaire exécutées sur des toiles de lin, de coton ou parfois de soie imbibées de chaux et de gomme végétale ou animale), en grande partie à cause de la destruction par des tremblements de terre. Dans cette peinture, on distingue des douzaines de détails précis, fidèles à la réalité, de la culture newar. Ici : Jataka représente la fille de Bodhisattva. »

7

Dombini Verte et nue (milieu de 1460). Gongkar Chode, Kyedor Lhakhang, 1er étage – 81 × 53 cm

« La dakini verte elle-même est une figure secondaire dans l’entourage de l’une des grandes déités Yidam : Hevajra (Kyedor). Elle porte un chapelet et une couronne de têtes de mort, avec une auréole enflammée. Dans la main droite, elle brandit un vajra (un petit sceptre, marque de royauté et de puissance) tandis que de sa main gauche, elle fait un geste menaçant, tout en dansant sur un corps étendu, symbolisant ainsi la subjugation de l’ego dans la tradition tantrique. Elle danse dans un cimetière où un oiseau bizarre semblable à une chouette au sourire macabre se perche sur un corps disloqué à ses côtés. »

8

Intérieur de la chapelle 2 S b à Gyantse Kumbum avec Tara Verte Excellente Générosité ainsi que les statues de Tara Verte Khadiravanu flanquées de deux gardiens aux quatre bras. Marichi, à gauche, et Bhrikuti, à droite.

« Tara est un bodhisattva féminin, une divinité de la compassion. La couleur verte symbolise le vent — ce qui veut dire que Tara arrive rapidement quand les gens l’appellent à l’aide. Dans la mythologie grecque, on disait aussi d’Athena qu’elle arrivait en aide à la vitesse du vent à ceux qui faisaient appel à elle. »

9

Tara Verte Perfection de générosité (15e siècle. Gyantse Kumbum, Chapel 2 Sb – 235 × 286 cm

« Ici, la Tara verte (qui représente la générosité) est entourée d’autres formes de Tara de couleurs et au nombre de bras variés. La main droite relevée au niveau de l’épaule exhibe la Varada, symbole de protection. La main gauche au niveau du cœur forme la Vitarka-Mudrâ, posture de l’enseignement. Dans ses deux autres mains, elle serre un crochet très fin et une fleur de lotus utpala bleue. Elle est assise dans une posture de bodhissatva détendue, accompagnée par deux gardiens aux quatre bras : Marichi (à gauche) et Ekajati (à droite). L’un est rosâtre et paisible, l’autre bleu foncé et courroucé. »

Ouvrage :

Murals of Tibet : Photographies et introduction de Thomas Laird, avec la contribution des auteurs Robert Thurman, Heather Stoddard et Jakob Winkler – Editions Taschen, 2018.

« Murals of Tibet », limité à 998 exemplaires signés par sa sainteté le 14e dalaï-lama, « format sumo » 50 x 70 cm, 498 pages dont 6 pages dépliantes, imprimé en cinq couleurs dont l’or. Lutrin conçu par l’architecte Shigeru Ban, lauréat du prix Pritzker et pionnier de l’humanitaire. Volume explicatif illustré de 528 pages en complément. Le poids du livre avec son volume explicatif et son support  par Shigeru Ban pèsent 56 kilos (les deux ouvrages seuls : 33kg).

Edition collector au « format sumo », limitée à 998 exemplaires signés par sa sainteté le 14e dalaï-lama et accompagnés d’un lutrin créé par l’architecte Shigeru Ban, lauréat du prix Pritzker et pionnier dans l’aide humanitaire. Egalement disponible en deux éditions d’art (no 1 à 80), limitées à 40 exemplaires chacune et accompagnées d’un tirage.

THOMAS LAIRD,/TASCHEN, MURALS OF TIBET VOL. 2 P. 452

L’histoire de Ripaille

Nous allons vous faire découvrir l’histoire de Ripaille à travers deux personnages, dont l’un est né au XIVè siècle, il s’agit de Amédée VIII, et l’autre au XIXe siècle, il s’appelle Frédéric Engel-Gros. Les traits communs de ces deux hommes sont la sagesse, l’humanisme et la générosité. Ils sont tous deux issus de grandes familles : Amédée VIII appartenait à la Maison de Savoie dont les membres étaient des évêques et des comtes ; F. Engel-Gros était associé à la famille industrielle des Dollfus. Ils ont vécu tous deux dans le château de Ripaille à quatre siècles de distance. Nous retracerons dans cet article, les grandes étapes de leur vie dans l’histoire de la France.

Ripaille, la résidence d’une princesse, Bonne de Bourbon

L’oeuvre de Ripaille fut celle de Bonne de Bourbon, la grand-mère de Amédée VIII. La gent féminine de la branche familiale avait été élevée dans le goût du luxe, toutes ces princesses étaient nées dans de splendides demeures. Bonne de Bourdon s’installe à Ripaille en 1377.

Un tragique événement va mettre un terme à sa résidence, par la mort accidentelle de son fils en 1391.

Amédée VIII, petit-fils de Bonne de Bourbon

Amédée1 enfant était atteint d’une maladie grave, il fut confié à l’âge  de dix ans à des hommes pour parfaire son éducation. Il était devenu un homme simple et pieux. Il avait bon esprit et avait l’habitude du travail intellectuel. Il était reconnu pour sa sagesse précoce avec un grand caractère, homme pacifique, il savait aussi défendre ses droits par la force des armes, tout en laissant une porte ouverte à la négociation. Il était adroit administrateur, dirigeait ses domaines en bon père de famille. Il conseillait à ses enfants « d’être juste sans sévérité excessive, d’éviter la vengeance, d’aimer le peuple sans l’accabler d’impôts, de protéger les bons, de fuir la guerre et de veiller constamment au maintien du bon ordre ». Il disait aussi à ses fils de fuir l’orgueil, l’avarice, la luxure, la gourmandise et les autres vices. 

Médiateur efficace, il est reconnu par la Sérénissime République de Venise et par le roi de France dès 1410. Amédée VIII prépara le traité d’Arras qui scella la paix du roi de France et du duc de Bourgogne en 1435, ce qui permis de chasser les anglais hors de France2.

La construction d’un monastère à Ripaille

La véritable raison de cette oeuvre pieuse, a été sciemment oubliée, pour éviter des souvenirs trop pénibles. Les témoins du drame de Ripaille étaient au côté de Amédée VIII pour célébrer la mémoire de son père, mort à l’âge de 51 ans, des suites de ses blessures. Amédée plaça le couvent sous l’invocation de Notre-Dame et de Saint Maurice. 

Amédée VIII voulut être en phase avec sa foi, il entreprit de donner le domaine de Ripaille avec toutes ses dépendances, notamment « la maison ou manoir » sur une grande étendue en dehors des murs d’enceinte. Il offrit une dotation de 1 000 florins d’or de revenus et installa le mobilier nécessaire à la vie monastique. Amédée traversa les épreuves de la vie par la mort de ses enfants et de sa femme morte en couches en 1422. La souffrance l’attachait à cette terre, il s’habitua à l’idée de finir ses jours dans cette paisible retraite. Mais il faudra attendre, car son fils louis3 n’est encore qu’un adolescent. Le 1er janvier 1432, Amédée marie son fils Louis âgé de 19 ans, avec Anne de Chypre4.

Une tentative d’enlèvement5 contre Amédée VIII assombri son projet de retraite. Il choisit de se retirer mais de conserver la direction de ses affaires. 

La construction du château de Ripaille 

Lorsqu’on entre par la grande porte d’entrée, on se trouve dans la cour actuelle du château de Ripaille. A gauche, l’église et les dépendances du prieuré fondée par Amédée VIII. Au fond, la grande tour de vieille porte, élevée par Bonne de Bourbon, à droite, les débris de la résidence de la princesse, c’est là que le château sera édifié par Amédée VIII.

Amédée peut enfin prendre sa retraite le 16 octobre 1434. Il allait partager sa solitude avec les religieux, mais Amédée savait garder son indépendance. Une tour, détruite depuis, et un pont-levis appelé « l’heureux pont » furent construits pour accéder à la grande place. Le visiteur devait attendre devant la grande place l’autorisation d’entrer. Une autre entrée existait au sud-est pour se rendre au parc, appelée « la porte des palissades ». 

Les chanoines avaient aussi leur accès bien gardé, par des fossés et un pont jusqu’au XVIè siècle, des clôtures de bois délimitaient leur domaine. Le bâtiment a une façade de 104 m et à l’époque était flanqué de sept tours circulaires incorporées dans la muraille et lui donnait une architecture féodale avec ses fossés, son pont-levis et ses meurtrières (voir croquis de la restitution de l’état d’origine du château, vers 1339). Aujourd’hui, de ces sept tours, il n’en reste plus que quatre, dont chacune correspond à un appartement. De ces sept logis se trouvait agencé un jardin, indépendant les uns des autres par des clôtures. La plus haute tour était habitée par le doyen des chevaliers de Saint Maurice, appelée depuis, « la Tour du pape Félix ». La construction fut terminée en 1439. 

L’ermite devenu pape

Lorsqu’il pris sa retraite, Amédée avait choisi la neutralité. Il ne prit pas position, mais la situation évolua, car il fut question du projet d’unir les deux églises (catholique et protestante) pour réformer le Concile6. Eugène IV, pape, pris pour prétexte que pour favoriser l’entrevue, il devait transférer le Concile dans une ville italienne. Des membres du Conseil et Amédée décidèrent de soutenir le projet des Pères, le lieu du Concile serait Avignon. 

Eugène IV refusa, les Pères résistèrent et désignèrent Bâle ou une ville de Savoie ou encore Avignon. Eugène IV, désigna Ferrare, en Italie. Entre temps, il avait déjà persuadé les Grecs installés à Constantinople de le suivre en Italie. L’ambassadeur Nicod de Menthon, venu de Savoie essuya un échec. A son retour, les Pères voulurent se venger. Ainsi Amédée était devenu partisan du Concile. 

Des ecclésiastiques adversaires du pape Eugène IV, persuadèrent Amédée qu’il devait être l’arbitre de la chrétienté. Quand les Pères de Bâle vinrent à Ripaille prier Amédée de ratifier son élection, il exprima le désir de conserver sur le trône pontifical le nom glorieux de sa famille. Les rapports entre Bâle et Ripaille se resserrent, mais à la suite de l’excommunions d’Eugène IV, les rapports devinrent tumultueux. Les modérés quittèrent l’assemblée. Les autres amoncelaient les accusations contre le souverain pontife. Il fut déposé par les Pères de Bâle le 25 juin 1439 (34è session).

A Ripaille, Amédée déclarait être resté fidèle à l’Eglise. Laquelle ?. C’était l’acte diplomatique par excellence, destiné à faciliter ses rapports avec le Saint-Siège. 

L’élection du pape Félix V

Le Concile de Bâle, le 29 octobre 1439, désigna les électeurs appelés à élire le successeur d’Eugène IV : sur les trente-trois électeurs, vingt-six votèrent pour Amédée, soit deux tiers des suffrages pour l’élire pape. D’après le compte-rendu, les ambassadeurs du Concile de Bâle furent reçus par le duc de Savoie, celui-ci resta muet, l’assemblée supplia le pieux Amédée de sauver l’église. Amédée parut hésité, il implora un délai à demi-agenouillé devant les membres du Concile. On le pressa, l’acceptation devant se faire sous les 24 heures après la notification de l’élection. Mais de cette scène, les détracteurs7 du duc de Savoie y ont vu une mascarade, car Amédée avait eu le temps de se préparer, et connaissait depuis longtemps la décision du Concile de Bâle. Le nouveau pape n’avait pas négligé l’obédience et les revenus. On lui promit la libre disposition des biens de l’Eglise avec la faculté des hypothèques. 

Pourtant, Amédée VIII avait des partisans, le cardinal d’Arles et Jean de Ségovie8, écrivirent que le duc de Savoie était devenu anxieux et triste en apprenant son élection comme pape. Le procès-verbal officiel mentionna l’hésitation et protestations du duc de Savoie et déclara qu’il avait accepté la tiare pour sauver la chrétienté9

Le 18 décembre 1439, une grande fête fut donnée à Thonon, pendant deux semaines au frais du Trésor. Le nouveau pape profita de cette occasion pour émanciper son fils, Louis, en le nommant duc de Savoie. Amédée devenu « Félix V », le nouveau pape part rejoindre ses électeurs à Bâle. Il arriva le jour de la Saint-Jean-Baptiste, commença une retraite et reçut les ordres sacrés. 

Le 24 juillet 1440, toute la ville de Bâle assiste au couronnement du pape Félix V. Faut-il y voir un triomphe ou une illusion ? La réalité est la lutte avec Rome. Elle se fera avec l’appât de l’argent. Certains princes profitent de la cacophonie de l’Eglise pour faire avancer leurs affaires en se vendant au plus offrant. 

L’abdication du pape Félix V 

Les deux papes furent excommuniés, l’un, Eugène IV par le Concile de Bâle, l’autre, Félix V, par l’Eglise de Rome.

Du côté de la France, Charles VII refusa d’adhérer à cette élection. Pire encore pour Amédée, le Concile de Bâle autorisa la levée d’une cinquième denier sur les bénéfices ecclésiastiques pour subvenir aux dépenses du nouveau pape et les cardinaux en demandèrent la moitié. Amédée comprit qu’il devait sauver sa fortune, la situation pouvait paraître difficile pour certains, mais Amédée utilisa la diplomatie pour résoudre cette impasse. Des négociations eurent lieu et le roi de France joua un rôle de pacificateur. Cette lutte devait durer dix ans. Eugène IV mourut avant que la paix fut annoncée. 

Le vieux sage Amédée et par l’influence de la France, le 7 avril 1449, l’élu du Concile de Bâle abdiqua à Lausanne, dans le couvent de Saint François. Félix V, était devenu le cardinal de Sainte Sabine (premier derrière le pape) et gardait ses prérogatives de ses États de Savoie, en Suisse de son ancienne obédience. 

Le vieil homme ne trouvera pas le repos qu’il avait cherché quelques années auparavant, il mourut comme il avait vécu, en travaillant. Le 7 janvier 1451, il rendait son dernier soupir à Genève. On transporta sa dépouille à Ripaille. La mort de Amédée VIII, Félix V, pape, marque le point culminant de la grandeur de Ripaille. Cette période essentiellement pacifique pour la maison de Savoie et de son peuple. 

le déclin de Ripaille et les guerres de religion  

Au début du XVIè siècle, les descendants d’Amédée VIII vont devoir affronter un grave périple : les guerres de religion s’abattent dans le Chablais. Les héritiers de Ripaille ne furent pas aussi avisés, ils crurent bon de rompre avec une politique pacifique d’Amédée VIII qui avait tout fait pour sauvegarder la paix. La population dans le Chablais souffrait de la famine10. Ripaille devenait un champ de bataille, les alliances avec les Suisses, les Lanquenets, les Français et les Genevois firent du château de Ripaille un brasier. Ripaille fut détruit et brûla pendant trois jours. 

Les Chartreux s’installent au château de Ripaille  

Le temps fit son oeuvre, après  douze ans de guerres, L’ancien prieuré va à la couronne de France. Ripaille renaîtra sous la main pieuse des Chartreux11. L’installation des Chartreux à Ripaille  en 1624, corroborait le programme catholique établit par Charles Emmanuel, duc de Savoie. Un plan de Ripaille fut dressé par Boldrino après 1733 (archives de Ripaille). Les Chartreux occupaient le château d’Amédée VIII sur l’autorisation du prince de Savoie. L’enclos de Ripaille représentait 128 hectares, la construction du prieuré, la scierie, les champs, les prés, le moulin et la forêt. 

Les moines avaient peu de ressources, ils devaient se défendre pour arriver à vivre notamment en vendant la farine de leur moulin, ce qui occasionna de la part des syndics de la ville de Thonon une protestation12. Les moulins communaux souffraient de cette concurrence. L’affaire fut arranger à l’amiable. Les Chartreux entreprirent une requête auprès de Genève contre les habitants venus couper le bois de hautes futaies. L’eau qui servait à alimenter le moulin à Ripaille n’était pas desservie pour les nombreux riverains, des contestations éclatèrent pour l’utilisation de cette canalisation, un privilège qui remontait au 20 mai 141613

Au temps d’Amédée VIII, Ripaille était mêlée à la vie intellectuelle et matérielle de la population. Au XVIIè siècle, après les guerres de religion, les Chartreux sont isolés de la population, ils cultivent pour se nourrir mais ils ne sont plus mêlés à la vie de la cité qui décroît par l’abandon des princes. 

La Révolution et Ripaille

A la Révolution, la Savoie est réunie à la France sous le nom département du Mont Blanc et le général Montesquiou par une occupation pacifique et une décision de l’assemblée nationale des Allobroges, le 26 octobre 1792, confisqua les biens du clergé14.

Ripaille devenu propriété nationale, les biens de ferme furent loués pour éviter les vols, seul le parc fut utilisé pour un service public. Il fut décider de vendre le domaine. De la splendeur passée de Ripaille, il ne reste que des ruines, seule la forêt est encore debout avec ses chênes et ses bosquets qui ont échappés à la coupe. Les terres sont très bien cultivées. 

C’est le général Dupas, militaire savoisien, qui achète Ripaille pour 275 000 Frs par contrat du 10 avril 1809. C’est là qu’il prit sa retraite et y mourut à l’âge de 62 ans, le 6 mars 1823. La famille Dupas conserva Ripaille jusqu’en 1892, à cette date Ripaille est en vente.

Un grand industriel s’éprend de Ripaille

Le nouveau propriétaire, se nomme Frédéric Engel-Gros15, il est né à Mulhouse et membre associé d’une grande famille d’industriels, les Dollfus16.

Le grand-père, le père et le fils sont associés, ils étaient complémentaires en ce qui concerne leur méthode de travail. F. Engel-Gros partage les intérêts et les goûts de ceux d’utilité publique et des beaux arts. Il succédera à la tête de l’ « Association pour prévenir des accidents de machines industrielles » et sera nommé président d’honneur pour la France du Comité permanente des Congrès internationaux des Assurances sociales. L’attitude de ces industriels mulhousiens est liée à a religion calviniste qui imprègne les mentalités et la vie sociale de la cité.

Une pensée particulière va naître, celle d’en finir avec les révolutions des XVIII et XIXe siècles et les guerres, et de passer de l’âge théologique et féodal à l’âge positif et industriel. C’est l’idée de Claude-Henri de Rouvroy de Saint Simon. Il préconise l’esprit d’entreprise, l’intérêt général, la liberté et la paix. Saint Simon va avoir une influence chez les industriels mulhousiens notamment lorsqu’en 1870, la Prusse conquiert l’Alsace et beaucoup de Mulhousiens, refusent d’adopter la nationalité allemande dont Frédéric Engel-Gros. C’est l’exil et il se réfugie à Bâle d’où il pouvait gérer ses usines. 

Il existe un lien profond qui unit le château de Ripaille aux deux personnages avec l’histoire de la France. Engel-Gros est un industriel qui a travaillé pour le bien commun et Amédée VIII par sa foi catholique, a le goût du partage avec les humbles.

F. Engel-Gros avait un oncle à Genève. Les Dollfus possédait une villa à Evian. Aussi cherchait-il a s’installer dans les environs, Ripaille était à vendre. Ainsi, il achète le château aux héritiers du général Dupas en 1892. Il ne restait que des ruines de Ripaille, les anciens propriétaires par faute d’argent n’avaient pu faire les réparations nécessaires et à la fin du XIXè siècle, le domaine avait été dispersé. 

La renaissance de Ripaille

 F. Engel-Gros va racheter l’ensemble des terrains qui constituait Ripaille. La reconstruction durera de 1892 à 1908. F. Engel-Gros mandate Max Brochet17. La méthode utilisée est celle de l’analyse à l’aide des sources documentaires couplée avec de minutieuses observations archéologiques. Les archives départementales de la Haute Savoie serviront à l’analyse architecturale de Ripaille. 

Après une campagne de relevés et de photographies, le chantier de Ripaille fut confié aux architectes Frédéric de Morsier, puis Charles Schüle et Seltzer, de Mulhouse en 1894.

F. Engel-Gros est un industriel du textile et il allie son travail avec celle de la beauté, pour devenir par la suite un collectionneur d’art de dimension européenne. Il avait le goût de son époque, c’est-à-dire, l’Art nouveau qui fut la marque de la restauration intérieure de Ripaille et pour ses jardins, il adopte le style paysager, il achète des terrains éloignés du château pour dégager la vue. En 1899, l’industriel finance le quai de Ripaille pour fermer la petite route qui longeait le château. En 1903 à 1914, un jardin à la française est réalisé à l’emplacement de l’ancienne église de la chartreuse de Ripaille. Le puits médiéval fut réhabilité lors des travaux de rénovation. 

Frédéric Engel-Gros était un grand industriel et il possédait le plus grand yacht privé de son temps, « la Dranse », bateau à vapeur qui a navigué sur le Léman au début du XXe siècle.

En 1905, F. Engel-Gros démissionne de la société DMC pour se consacrer à sa propriété au bord du lac Léman. La première guerre mondiale éclate en 1914, F. Engel-Gros va aider financièrement des familles endeuillées du Chablais. Il meurt à Bâle en avril 1918. 

Ripaille au XXIe siècle

Ses quatre enfants continueront l’oeuvre entreprise par leur père. René et André ont hérités des goûts artistiques de leur père. André devient ingénieur forestier et crée l’arboretum de Ripaille.

Ripaille possède une vieille forêt qui s’étend sur 53 hectares près de laquelle se trouve un arboretum-sylvetum qui possède une collection d’arbres composés de différentes essences, plantés de 1930 à 1934 sur 19 hectares par André Engel ; partant de la maison forestière il vous permet d’accéder à la clairière des Justes, Mémorial élevé en hommage à ceux qui ont sauvé du génocide de nombreuses vies humaines durant la Seconde Guerre mondiale. 

Visite de l’Arboretum et la clairière des Justes

La fille d’André, Elisabeth Engel-Necker, hérite du domaine et créera la Fondation de Ripaille (1976), reconnue d’utilité publique, soutenue par le Conseil Départemental de la Haute-Savoie et par la Ville de Thonon-les-Bains, pour la conservation, la valorisation et l’animation du château et la préservation de l’environnement.

Aujourd’hui, une grande partie du domaine de Ripaille (120 ha) appartient au domaine privé. Les autres propriétaires sont la Fondation Ripaille qui possède le château et quelques terrains autour du château.

Notes et références :

  1. Duc de Savoie, né le 4 septembre 1383 au château de Chambéry, meurt à Genève le 7 janvier 1451.
  2. Ouvrage Histoire de Savoie par Guichenon, Tome 2, (p. 37 à 56).
  3. Louis 1er de Savoie, né en 1413, meurt le 4 janvier 1465.
  4. Anne de Lusignan, fille de Janus, roi de Chypre, ouvrage de l’Histoire de Savoie ( p.136 à 137) de Charles Dufayard, 1913, source BNF.
  5. Aynard de Cordon, seigneur des Marches et Antoine de Sura après condamnation de leurs brigandage, voulurent se venger en enlevant Amédée VIII pour le livrer au comte de Clermont, ouvrage de l’Histoire de Savoie (p.150) par Charles Dufayard.
  6. Assemblée d’évêques et de docteurs pour statuer sur des questions de doctrine, de discipline
  7. Jean, comte d’Angoulême et le général des Chartreux, selon Guichenon, ouvrage de Histoire de Savoie (p.314).
  8. L’excommunion par Eugène IV contre Amédé VIII, par Jean Ségovie (p.483).
  9. Procès-verbal, par J. Phillippi Bergomensis.
  10. Témoignage de l’ambassadeur vénitien Vendramin de passage dans la région a vu sur les routes des gens inanimés ayant encore à la bouche une poignée d’herbe (Trente mille personnes sont mortes de faim dans le Chablais).
  11. Le traité de Lyon et de Saint Julien entre le duc de Savoie et le roi de France, du 17 janvier 1601.
  12. Délibération du 17 juin 1705. Mémoires de l’Académie chablaisienne, Tome XV (p.128).
  13. Archives de Ripaille.
  14. Article 19 de l’arrêté du Conseil général du département du Mont Blanc du 28 mars 1793 publié dans Lavanchy, le Diocèse de Genève (Annecy 1894, Tome 1er (p.166).
  15. F. Engel-Gros est né le 3 novembre 1843 et meurt à Bâle le 19 avril 1918.
  16. Dollfus, Mieg & Cies, la célèbre firme DMC, fondée à Mulhouse par Jean-Henri Dollfus en 1746.
  17. dont l’étude historique de Ripaille a été largement dévoilée dans son ouvrage « château de   Ripaille » (disponible dans Gallica de la BNF).
Visite du château de Ripaille à Thonon s/Léman

Ouvrages et articles de presse :

  • « Histoire de la Savoie, les origines à 1860 » par A. Perrin (disponible dans Gallica, BNF).
  • Article : « nouveau regard sur le château de Ripaille, ancienne résidence des ducs de Savoie » par Louis Necker. 
  • « Château de Ripaille » par Max Bruchet (avec annexes des preuves historiques sur les événements de la Maison de Savoie. 
  • Le messager, article de Yvan Strelzyk « Pourquoi de grands industriels alsaciens sont venus s’installer au bord du Léman », actualité du Chablais du 12 septembre 2013.
  • Article : Mémoire mulhousienne  « la famille Engel », industriels et philantropes » par Nicolas Stoskopf, Maître de conférence à l’Université de Haute-Alsace et responsable du CRESAT.
  • Site : Ripaille.fr

L’avènement des maîtres de la soie en France (2è partie)

Quel impact socio-économique des nouvelles inventions du tissage d’étoffes et de la soie ?

Sous François 1er, Lyon devint « la grande Fabrique » de la soierie lyonnaise. En 1750, Jacques Vaucanson va créer une machine semi-automatique, il sera chargé d’établir une manufacture royale à Aubenas (Ardèche). Il installera d’autres moulins à Romans (Drôme) et la Sône (Isère). Cette invention va donner un essor important à la sériciculture. Mais la Révolution française supprime les privilèges octroyées aux tisserands et va dissoudre les corporations par la Loi le Chapelier. La Convention de 1793 mettra un coup d’arrêt au commerce de la soie à Lyon. 

Il faudra attendre le début du 19è siècle, à la faveur de 1er Consul Bonaparte, pour que Lyon redevienne la capitale de la soie. En 1804, Jacquard7 invente le métier qui porte son nom. Le motif est réalisé à partir de cartes perforées et le système est actionné par une seule personne. On en dénombre 15 000 en 1815. Les moulins à fuseaux verticaux vont remplacer les moulins Vaucanson.

Les nouvelles techniques vont permettre la création d’emplois d’ouvriers-tisseurs dans la ville de Lyon. Ils sont au nombre de 30 000 personnes et travaillent dans les ateliers situés à la Croix rousse, sur les hauteurs de la ville. Le salaire est de 4 à 6 Francs par jour. Mais en 1831, une crise économique va engendrer une grave crise sociale : le salaire n’atteint pas 1 Franc par jour ! ; c’est le soulèvement des ouvriers-tisseurs. 

Dans la région Rhône-Alpes l’élevage du ver à soie fait vivre toute la population : « Un hectare de mûrier rapporte 600 francs contre 262 pour la vigne ». Lyon reste le maître d’oeuvre où l’on passe commande.

Grâce à la révolution industrielle, les régions productrices de cocons vont se développer rapidement. On dénombre dans l’industrie de filature, 600 filatures dans les Cévennes et le moulinage dans le Vivarais (Ardèche). On manque d’ouvriers pour faire tourner les machines. L’homme attaché à la terre, répugne à cette besogne et laisse les femmes et les enfants travaillés dans les manufactures à filature ou plutôt les usines-couvents, au vu des conditions auxquelles étaient soumises les femmes et les enfants. 

En 1850, dans la Drôme, on planta jusqu’à 5 millions d’arbres, dont 20 000 arbres sur la petite commune de Saillans ! 

Pourquoi la sériciculture française n’a-t-elle pas pu prospérer ?

Plusieurs causes peuvent être avancées pour répondre à cette question. En 1853, la récolte française de cocons de soie est de 26 millions de kg, c’est-à-dire 2 200 tonnes de soie grège. Mais bientôt, une maladie du ver à soie (la pébrine) va décimer la production. En 1865, la production chute à 5,5 millions de kg, malgré l’application de la méthode de Pasteur sur le grainage cellulaire8 .

L’élevage du ver à soie ne fait que décroître avec l’ouverture du canal de Suez (1869). En Asie, la seconde guerre de l’opium (1856 à 1860) oblige la Chine a commercé avec les Anglais et les Français ; les  ports “ouverts” ne progressent pas aussi vite que l’ont espéré les marchands de soie. Les maîtres de la soie lyonnais tenteront de développer la sériciculture en Indochine.

La deuxième guerre mondiale va mettre un terme à la production de soie française. Depuis le XVIIIè siècle, l’industrie lyonnaise a toujours su garder des liens avec les régions productrices asiatiques. Ainsi, elle renoue ses relations avec la Chine et le Japon dont l’industrie s’est modernisée après les guerres coloniales. Et, avec le marché de fabrication artisanale de la soie fait entièrement à la main en Asie du Sud-Est, notamment au Vietnam et au Cambodge, Lyon peut relancer ses activités.

Aujourd’hui, que reste-il de la sériciculture française ?

La magnanerie de Saillans située entre Vercors et Provence, est le seul établissement centré sur l’élevage de vers à soie, un lieu unique en Europe. Autre lieu incontournable en la matière. 

l’atelier-musée de Pierre Lançon, cinquième génération d’une famille de mouliniers, les Lacroix. Pour cela rendez-vous chez Pierre Lançon qui nous servira de guide pour visiter son atelier, devenu musée depuis 1987. Cet atelier-musée était autrefois une magnanerie (terme provençal “magnau”, qui veut dire ver à soie), filature et moulinage. Toutes les machines de ce lieu ont été restaurées et sont en état de marche.  

Aujourd’hui, la France ne dispose plus d’usine de filature industrielle, la dernière a été reconvertie en lieu culturel, il s’agit du Mazel dans le Gard. 

Les maîtres de la soie en France avaient un rêve à conquérir, des milliers de personnes ont contribuées à ce rêve comme les ouvriers-tisseurs, les fileuses, les tisserand(e)s, les éducateurs de magnanerie, les couturières,  les inventeurs…, tous artisans de ce rêve, qui s’est payé au prix de la vie humaine lors de la crise sociale ! Ces artisans nous ont transmis des chefs d’oeuvres, à voir encore aujourd’hui à Lyon. Si la soie française n’est plus, quoi qu’il en soit, la soierie lyonnaise conserve le titre de capitale de la création.

Mise à jour de l’Avènement des Maîtres de la soie en France :

Vidéo 1 – Musée des tissus et de la soie

Vidéo 2 – L’apogée et le déclin de la sériciculture en France.

Vidéo 3 – Usine de filature dans les Cévennes au XIXè siècle.

Recherches sur le sujet et montage vidéo, de l’auteur.

7. Joseph-Marie Jacquard, né en 1752 à Lyon, mort en 1834.

8. C’est en 1865, que Pasteur met au point sa méthode de sélection systématique des femelles pondeuses : seules les oeufs non contaminés sont retenus.

Pour en savoir plus : 

Livres et lieux ouverts au public sur le sujet :

  • Les industries de la soierie de Jean Vaschalde, collection « Que sais-je ? » PUF, 1972. 
  • Au fil de la soie, Elisabeth Cossalter et Jean-Marc Blache, édition Didider Richard, 1996.
  • Musée Olivier de Serres, domaine du Pradel 07170, Mirabel
  • L’Atelier de soierie, 33, rue Romarin, 69001 Lyon (vers place des Terreaux)
  • Maison des Canuts, 10-12 rue d’Ivry, 69004 Lyon
  • Musée des tissus, 34 rue de la Charité, 69002 Lyon
  • Office du tourisme, place Bellecour, 69002 Lyon
  • Association « Soierie vivante », 21, rue Richan, 69004 Lyon
  • Institut Textile Français, avenue Guy de Collongue, 69130 Ecully

Livres de recherches scientifiques sur le sujet  :

  • Art, luxe et industrie, Bianchini Férier, un siècle de soieries lyonnaises, 1888-1992.
  • Claude-Joseph Bonnet (1786-1867) – Histoire, Société des Etablissements Textiles Bonnet, Lyon, Soieries-Textiles.
  • La « Grande Fabrique » lyonnaise est une des plus grandes « industries » françaises du 18è siècle, mais elle a conservé une organisation de forme artisanale…
  • La soierie lyonnaise du 18è au 20è siècle dans les collections du Musée des tissus de Lyon, Bouzard Marie (publication année 2000)
  • Une proto-industrialisation décalée : la ruralisation de la soierie lyonnaise dans la première    moitié du 19è siècle, Pierre Cayez, revue du Nord, année 1981 (résumé)
  • Réseaux d’influences et stratégie coloniale. Le cas des marchands de soie lyonnais en mer de    Chine (1843-1906), Jean-François Klein, année 2005, revue d’histoire.

Aujourd’hui où trouver de la soie de haute qualité :

Au Cambodge :

L’avènement des maîtres de la soie en France (1ère partie)

L’arbre d’or1  

« Cet arbre, est pour l’homme un des plus utiles qui existe ». C’est en ces termes que l’agronome français, Olivier de Serres 2 va proposer l’élevage du ver à soie à Henri IV.

Les feuilles de cet arbre va servir à alimenter le ver à soie ; un papillon appelé Bombyx mori qui n’existe pas dans la nature et domestiqué par l’homme. 

Pour comprendre ce projet incroyable, revenons plusieurs siècles en arrière. 

Comment l’élevage du ver à soie est-il arrivé jusqu’en Occident ?

L’activité de la soie en Chine, est datée de 1500 avant notre ère, sous la dynastie Zhou3 l’élevage du Bombyx mori prend son essor. La sériciculture vient de naître.

Au VIè siècle, l’empereur d’Orient, Justinien4 dépêche deux moines en Asie, pour connaître le secret de la production de la soie. A leur retour, les deux moines dissimulent dans leur bâton en bambou, des vers à soie. Le secret était dévoilé ! Mais la production de l’Occident ne mis pas un terme au commerce avec la Chine qui utilisait la soie5 comme monnaie d’échange avec les étrangers.

Quel pays européen développa l’industrie de la soie ? 

L’industrie de la soie en Europe trouve son origine en Italie. « En 1309, le pape Clément V, français d’origine, fuit l’Italie et transfère le Saint-siège à Avignon. Les artisans Italiens apporteront l’industrie du moulinage6 en 1466, à Avignon, le Forez et Lyon en 1537. Les premiers moulins portent le nom de piémontais (Région située au nord-ouest de l’Italie). 

C’est sous l’impulsion de l’agronome Olivier de Serres, que la sériciculture française prendra réellement son essor au XVIIè siècle. 

La production de la soie va être encouragée en plantant des mûriers. La motivation de la cour de France, est de vouloir disposer de production de soie suffisante et à faible coût. Le lieu devait être choisi en fonction de l’élevage du ver à soie, là où il peut se développer. Malgré la misère, les épidémies et les guerres de religion incessantes, le royaume de France sous Henri IV, était un des plus peuplés d’Europe. Avantage indéniable pour la reconstruction du pays. 

Mais pourquoi avoir choisi la région Rhône-Alpes pour créer l’élevage du ver à soie ?

Les objectifs assignés par le pouvoir royal eurent le mérite d’être clairs et soutenus par de remarquables conseillers. Barthélémy de Laffemas, qui présenta au roi un vaste programme mercantiliste de développement du commerce et manufactures, anima la commission du commerce et participa à l’établissement de nombreuses manufactures, verreries, tissages de toiles et de la soierie. Les riches marchands et financiers furent mis à contribution. Le roi Henri IV donna l’exemple, en faisant distribuer à ses frais, le livre « le Théâtre de l’Agriculture de Olivier de Serres ». Les manufactures aidées par les subventions et des primes, concurrencèrent les importations coûteuses de soieries, de draps d’or et d’argent. 

Si pour Paris, Orléans et Tours, le projet fut un fiasco, c’est un succès en Languedoc et en Dauphiné qui permirent les progrès des soieries lyonnaises. 

Un hiver très rigoureux dans les Cévennes, mis à mal les châtaigneraies qui périrent à cause du gel. La récolte des châtaignes qui engendrait une économie de subsistance cèdent la place aux mûriers qui suscita une économie de marché et donnèrent un essor important à la sériciculture. 

Recherches sur le sujet et liens de J. Baby ainsi que le montage vidéo.

  1. Le mûrier appelé ainsi au XVIè siècle, le nom scientifique « Morus alba », originaire de Chine.
  2. Olivier de Serres (né en 1539, mort en 1619), l’auteur d’un écrit « Théâtre de l’Agriculture », édité en 1600 sous l’impulsion de Henri IV, roi de France.
  3. Dynastie Zhou, XIè siècle avant notre ère.
  4. Justinien succède à son oncle Justin 1er en 527. Il entreprend de reconstituer le grand empire romain. 
  5. La soie Jin, son prix est égal à celui de l’or.
  6. Le moulin sert à augmenter la résistance de la soie pour être tissée, en lui faisant subir une torsion.

Pour des bagatelles

La Roseraie de Bagatelle de Paris 

Le projet de la création de la Roseraie de Bagatelle date de 1880, mais dans les faits, il se concrétisa en 1906. Un collectionneur et spécialiste, M. Gravereaux, écrivit à M. Forestier, conservateur des promenades de Paris, pour offrir ce qu’il avait de plus beau dans sa roseraie de l’Haÿ.  

Ce sont 1 500 espèces et variétés de roses qui furent envoyées à la ville de Paris, le 17 janvier 1906. Bagatelle se dota de ce qui existait de meilleur en matière de roses et permis de dessiner et de mettre en place les collections de la Roseraie de Bagatelle. Parmi ces rosiers, les rosiers sarmenteux pour garnir les treilles, piliers ou arceaux ; d’autres variétés sur tiges ; des rosiers remontants, des hybrides de thé, de floraison continue et pour la beauté de leurs fleurs. 

De cette collection, une sélection de rosiers de toutes les parties du monde qui au fil du temps évolua selon le goût des collectionneurs. Les jardiniers de la Roseraie oeuvrent pour maintenir cette collection au plus haut niveau. Le classement de ces rosiers est basé sur des données scientifiques et a permis de ranger par ordre plus de 10 000 pieds.

A Bagatelle, on peut admirer le travail des jardiniers qui maintiennent la Roseraie telle qu’elle a été conçue : avec ses lignes bien tracées, bien régulières, elle a la forme d’un rectangle à ses parties extérieures divisées dans le sens de la longueur et de la largeur, par des allées très droites. 

Ces allées permettent d’avoir des plates-bandes rectangulaires, à angles très prononcés. Les lignes du milieu sont bordées de piliers en fer de 4 m de hauteur, recouverts de rosiers sarmenteux. La partie médiane de la Roseraie, est réservée aux roses nouvelles. La disposition des roses est mises en valeur, par l’encadrement qu’elles offrent dans les grands rectangles. La treille du fond, enchante tout particulièrement le regard, par les luxuriantes guirlandes de roses qui offre un spectacle grandiose et féérique. 

La création du concours de roses chaque année au mois de juin a pour but de mettre à disposition des visiteurs les rosiers nouveaux, cultivés en plein air, pour connaître les qualités et les défauts de ces rosiers, à cultiver dans leur jardin. Ainsi les amateurs de roses peuvent fixer leur choix, d’une façon précise en se basant sur la qualité des roses et aussi de leurs goûts, ou l’utilisation qu’ils veulent en faire. 

Chaque variété de rose, porte une fiche qui mentionne son nom, son n° de groupement horticole et n° d’ordre dans la plantation ; le nom de son obtenteur et l’indication sur l’origine de la variété, c’est par là même que cette roseraie donne toute sa dimension, un jardin-école unique au monde. 

La Roseraie de Bagatelle de Paris

La Roseraie de la ville de Kawazu au Japon, 河津バガテル公園

La Roseraie de Bagatelle de Paris a fait des émules dans le monde, notamment au Japon, dans la préfecture de Shizuoka, la ville de Kawazu (péninsule de Izu) a créé une roseraie du nom de Bagateru Koen (en japonais), c’est-à-dire « Bagatelle », elle ressemble comme deux gouttes d’eau, à la Roseraie « Bagatelle » de la ville de Paris. C’est une société privée qui est à l’initiative de cette roseraie. 

La disposition des rosiers, la pagode, sont identiques à la Roseraie de Bagatelle de Paris, l’orangerie qui marque un point de décor attrayant de la roseraie impressionne par sa ressemblance frappante avec celle de Paris. Cependant, à Kawazu Bagateru Koen, le paysage environnant est différent, la roseraie est entourée de montagnes tandis qu’à Bagatelle, le point de vue se prolonge sur les hauteurs de Suresnes. Seuls les conseils et le savoir-faire ont tissé un lien entre ces deux roseraies. 

Vous pouvez aller plus loin dans votre découverte, en parcourant le site de la Roseraie de Kawazu Bagateru Koen et connaître le nom des 6 000 rosiers et 1 100 variétés  qui ont été plantés dans cette roseraie de trois hectares, en cliquant sur le lien suivant :

http://bagatelle.co.jp/database/database_fr.html

Une base de données classe tous les rosiers de la Roseraie, il est facile d’accès, voici son mode d’emploi :

Dans la colonne à gauche de l’écran vous avez la liste des rosiers, par ordre alphabétique, elles sont divisées en plusieurs catégories : 

  • les roses modernes, 
  • les roses anciennes, 
  • les roses anglaises
  • une catégorie autres et indéterminée. 

En cliquant sur une catégorie, vous obtenez dans la colonne de gauche une liste alphabétique qui permet d’obtenir une fiche sur chaque rose, une photo, le nom en français, en japonais le nom, la couleur, la variété, l’année de création, le pays de création, l’obtenteur, un commentaire et un n° de la section de la roseraie dans laquelle se trouve le rosier.

Les maladies infectieuses et la crise sanitaire mondiale

Les maladies infectieuses tuent chaque année 14 millions1 de personnes et 90 % des agents pathogènes actuellement recensés étaient encore inconnus dans les années 80. Selon l’Organisation mondiale de la santé animale (L’OIE), 60 % des 1 400 agents pathogènes humains sont d’origine animale et 75 % des maladies animales émergentes peuvent contaminer l’homme. 

Les zoonoses2 sont des maladies qui se transmettent naturellement des animaux vertébrés à l’homme et vice-versa (définition de l’Organisation mondiale pour la santé en 1959). Si certaines maladies ont une forme clinique humaine anodine, d’autres constituent un danger majeur comme l’influenzia aviaire, plus connue sous le nom H5N1 (grippe aviaire). Cette maladie est apparue à Hong Kong en 1997, s’est développée en Asie du Sud Est, puis s’est étendue vers l’Ouest avant de toucher la France, en février 2006. Les craintes d’une pandémie était présente, car la forme hautement pathogène de l’agent viral évoquait la grippe de 1918, le virus H1N1 (appelée grippe espagnole) qui avait fait 40 millions de morts en Europe.

Une des pandémies du XIXè siècle, le choléra.

Le Centre d’études et de prospective en 2014, analysait clairement les causes et l’évolution des maladies zoonotiques infectieuses et les méthodes de prévention et de lutte contre celles-ci. Elle met en évidence les facteurs d’émergence et de réémergence des zoonoses. Facteurs qui favoriseraient le développement de ces maladies dans les prochaines années. 

Histoire et évolution des maladies infectieuses et leur gestion

La première pandémie est la peste noire qui, de 1349 à 1351, a tué 30 % de la population en Europe, soit 25 millions de personnes. Ce sont les navires partis d’Extrême Orient, qui ont importé la bactérie Yersinia pestis. Le découvreur Yercin a été vivre au Vietnam et lors de la 3è pandémie de peste, il a rejoint Hong Kong où la peste sévissait. Il a pu identifié le bacille de la peste qui porte son nom. Le dernier cas de peste en France, date de 1946. 

Cependant, la peste noire est au niveau mondial, un enjeu de santé publique, dans certaines régions, jusqu’en 2005, elle était répertoriée dans le règlement sanitaire international de l’OMS, pour éviter les risques infectieux mondiaux ; les deux autres maladies répertoriées étaient la variole et la malaria (fièvre jaune). 

Depuis 2000, la peste a été signalée en Russie, en Chine, aux Etats-Unis et en Afrique. Les animaux porteurs de cette maladie sont les écureuils, les marmottes et les gerbilles. Les rats sont un relais secondaire vers l’homme.

Les conséquences de la peste noire du XIVè siècle ont été aggravées par le manque de police sanitaire. Des mesures ont été prises progressivement, le principe de la quarantaine des navires en 1377 à Raguse (actuellement Dubrovnik)3. La France va appliquer ce principe à partir du XVIIIe siècle. La peste de Marseille de 1720 est circonscrite, elle fit 100 000 victimes. 

La gestion des principales maladies animales en France, a progressé avec la création des écoles vétérinaires à partir de 1761, dont l’objectif était de lutter contre les maladies du bétail, l’élevage des animaux touchés par des épizooties5 et de soigner les chevaux qui servaient encore à de nombreux besoins. Le deuxième objectif, était d’instaurer des mesures visant à protéger l’homme. 

Louis Pasteur et ses travaux, à la fin du XIXè siècle.

Au XIXè siècle, Les maladies infectieuses, notamment celle du charbon qui se transmet au bétail est découvert par Louis Pasteur. Cet éminent chercheur (chimiste de formation) va marquer son siècle par ses découvertes. Il fait adopter des règles d’hygiène médicale car trop de patients mourraient par manque d’hygiène, et enfin, il élabore un vaccin contre la rage qui sévit dans le monde. 

Louis Pasteur élabore un vaccin contre la rage.

En 1851, la 1ère conférence internationale organisée à Paris sur le choléra, va faire une avancée sur les mesures à prendre au niveau mondial. La loi de 1881 est promulguée sur la police sanitaire des maladies animales , elle fixe les mesures à appliquer en cas d’infections ; les services vétérinaires en 1901, mettront en oeuvre le principe de surveillance sanitaire animale et humaine dans tous les départements.

En 1924, l’Office international des épizooties, devient en 2003, l’Organisation mondiale de la santé animale, elle compte 180 Etats membres, en 2020. Cette organisation joue un rôle essentiel dans la protection contre les maladies de type zoonotique.

A la fin du XXè siècle, une politique de prévention sanitaire et vaccinale est conduit et aboutit à une éradication de grandes maladies de l’élevage, la tuberculose et la brucellose. Cette situation a permis à la France de satisfaire aux mesures de prophylaxie sanitaire comme l’isolement et l’abattage du bétail au niveau de la politique de l’Union européenne. Au niveau mondial, nombre de pays ne peuvent pas appliquer ces mesures pour des raisons logistiques et économiques. 

Emergences de nouvelles maladies infectieuses

En 1918-19, pendant la Première guerre mondiale, une deuxième pandémie voit le jour, c’est la grippe « espagnole «, qui porte mal son nom . Cette grippe vient probablement de la faune aviaire ; les premières traces proviennent des camps américains, des soldats sont porteurs de la grippe, elle fait des ravages en Europe, puis dans le monde, on estime à 40 millions de personnes décédées de cette grippe.  

Dans les années 80, de nouvelles maladies humaines surgissent, notamment le SIDA en 1970 (il faut 10 ans d’incubation pour l’émergence de ce virus), a pour origine un animal, le chimpanzé, transmis à l’homme d’Afrique centrale pour s’étendre à l’ensemble de la planète. En 2002, le SRAS, il vient du Sud-Est de la Chine, dans des restaurants qui vendaient des nourritures exotiques : les civettes palmistes masquées ; elles étaient infectées par le coronavirus du SRAS, qui a leur tour infestaient les clients et les cuisiniers qui travaillaient à la préparation de l’animal.

A noter que le SIDA et le SRAS, ne sont pas considérés comme des zoonoses, c’est l’adaptation virale qui est en cause, la contamination est strictement humaine et non animale. 

D’autres infections liées au coronavirus sont apparues chez des personnes ayant séjourné au Moyen Orient, le MERS serait lié à un double réservoir animal, la chauve-souris et le dromadaire. Certaines maladies sont zoonotiques comme l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) apparue d’abord au Royaume-Uni en 1980, puis nouvelles crises en 1996 et 2001. Des grippes d’origine animale, la grippe aviaire (H5N1), est apparue en France en 2006 et enfin la grippe mexicaine (H1N1), d’origine porcine en 2009. Le virus de la grippe peut se réassortir de gènes et circule dans la faune aviaire et la faune porcine, des mélanges peuvent se faire entre virus, il y a alors réassortiment de gènes, un nouveau virus émerge et nous n’avons pas de protection immunitaire contre ce nouveau virus, une pandémie est possible, un tiers de la population mondiale est infectée à chaque réémergence des maladies infectieuses.

L’Organisation mondiale de la Santé et la veille sanitaire

En 2005, l’OMS tient compte des nouveaux risques infectieux. Le règlement sanitaire international (RSI) fait obligation aux 194 Etats membres de l’OMS, de déclarer les maladies comme étant d’importances internationales. Le budget de l’OMS est de 4,625 Milliards d’Euros en 2020. Le fonctionnement de cette veille nécessite une coordination efficace des politiques sanitaires au niveau national, européen et mondial, entre les structures dédiées aux animaux et aux hommes. Le mode de contamination de l’animal à l’homme est variable selon les zoonoses : contact direct ou transmission via un support passif (air, eau, alimentation) ou actif (un vecteur).

Les circonstances du passage de l’animal à l’homme diffèrent également selon qu’il s’agit de la faune sauvage ou domestique. L’émergence et de la propagation de la maladie zoonotique des animaux d’élevage ou d’animaux domestiques, les 3/4 des contaminations zoonotiques7, sont liées à la faune sauvage qui croît en zones tropicales. Autre élément, la présence d’un animal sauvage, réservoir intermédiaire qui contamine un animal domestique est un phénomène souvent relaté.

Les différents facteurs favorisant le développement des maladies zoonotiques

A l’échelle mondiale, le premier facteur, est le développement des maladies zoonotiques qui se font par l’augmentation de la population mondiale, elle a été multipliée par quatre, de 1,5 au XXè siècle, elle est passée à  7 milliards d’hommes au XXIè siècle. Le flux des populations, d’animaux et de marchandises, facilitant l’apparition de germes, comme le moustique tigre, Aedes albopictus, originaire d’Asie du Sud-Est, qui aujourd’hui à élu domicile dans 15 départements de la France, en 20138. Dans l’hémisphère Sud, l’urbanisation intensive et mal régulée s’accompagne du développement rapide d’une population animale urbaine dont l’hygiène sanitaire est peu contrôlée, favorisant les zoonoses. 

Les conflits politiques et territoriaux constituent un deuxième facteur important, qui engendre des mouvements de population et désorganisent les programmes médicaux et sanitaires. Le troisième  facteur, est l’évolution de l’environnement qui entraîne un important risque zoonotique et enfin, le réchauffement climatique favorise le développement en régions tempérées de certaines maladies auparavant connues que dans les pays chauds, comme la maladie de West-Nile, contracté par les chevaux et les hommes, portée par les oiseaux. L’intensification de la production agricole peut être un réservoir des maladies zoonotiques9

D’autres facteurs interviennent, les élevages industriels qui cumulent un grand nombre d’animaux et des des contacts étroits, pourraient être un facteur favorisant la contamination liées à l’inhalation ou à des contacts liés avec les liquides biologiques10. La déforestation qui accompagne le développement agricole dans les zones tropicales, pourraient accroître les risques de contamination. Le virus Nipah en 1998, en Asie du Sud-Est s’est traduit par des épisodes infectieux chez les porcs et les humains, dont l’origine est la contamination des porcs par des chauve-souris chassées de leur habitat naturel. 

De 1940 à 2004, on a dénombré, 350 nouvelles maladies11 et selon une récente revue scientifique, plus de 320 000 nouveaux virus pourraient être découverts chez les mammifères12.

Des stratégies pour lutter contre les maladies infectieuses et zoonotiques

D’abord les progrès scientifiques et technologiques, mais aussi le développement socio-économique de zones à risques (Afrique et certaines zones d’Asie) nécessite plus de moyens aux politiques de surveillance et de lutte contre les maladies infectieuses. Une meilleure coordination internationale auraient des effets positifs pour la maîtrise des risques de contamination13

La tendance dans les prochaines années est de voir la fréquence des zoonoses s’accroître,  il dépend des capacités des réactions des Etats et de la Communauté internationale à réagir efficacement, ainsi cette conjecture progresserait plus vite que les risques de zoonoses, la situation serait maîtrisée et contrôlée. 

Dans le cas contraire, l’insuffisance de contrôle des zoonoses conduiraient à des tensions entre Etats et au sein des Etats, entre les différents acteurs, engendrait une crise des internationales, Chine, Etats-Unis, Europe. 

La pandémie mondiale que nous vivons actuellement fait écho à la dernière situation exposée ci-dessus. Des réactions diverses de la part des Etats, ceux qui prônent l’isolement contraint et abouti à une crise économique mondiale, ou une prise de conscience que cet enjeu constitue un « bien public mondial », qu’une véritable stratégie de lutte contre les zoonoses serait à mettre en place, une surveillance accrue par les instances internationales et les moyens pour faire face à cette menace. Les modes d’organisation et de régulation pourraient être divers et adaptables. La maîtrise des risques zoonotiques dépendra  de l’évolution combinée des différents facteurs de ces risques, que de la réalisation de ces risques et, enfin, des stratégies déployées par les acteurs, entre coopération et isolement. 

Le rôle des organisations mondiales, mais aussi des Etats et organisations publiques et privées sera primordiale pour maîtriser la situation épidémiologique des pays concernés. D’où la nécessité de renforcer la transparence, notamment la Chine qui avait tardé de déclarer des cas de grippe aviaire (en 2003), du SRAS (en 2002) et du Covid-19, en janvier 2020. L’OMS face au danger a manqué de réactivité pour déclarer une « urgence sanitaire mondiale » pour le cas du Covid-19. La veille sanitaire doit être renforcée pour plus d’efficacité afin d’éviter une nouvelle pandémie dans le futur. Et une coopération internationale doit être soutenue en matière de recherche médicale, pour pallier le manque de médicaments anti-infectieux et dont les coûts devraient être maîtrisés dans le but est d’abord de protéger et de soigner l’ensemble des populations dans le monde. 

Sources

– Extraits du Rapport de Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective, Analyse Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, n°66, Javier 2014 « zoonoses émergentes et réemergentes : enjeux et perspectives ». 

– Conférence de Arnaud Fontanet, médecin-chercheur épidémiologiste, Professeur au CNAM et à l’Institut Pasteur, détenteur de la chaire de santé publique au Collège de France, membre du conseil scientifique pour la gestion de la pandémie du Covid-19.

Références

  1. Keller F. 2012, les nouvelles menaces des maladies infectieuses « émergentes, Rapport du Sénat n° 233, p.2.
  2. Terme créé en 1855 par le médecin allemand Rudolf Wirchow.
  3. Debré P., Gonzalès J.P, 2013 « Vie et mort d’épidémies, éd. Odile Jacob.
  4. Fondateur Claude Bourgelat (1712-1779).
  5. Une maladie qui frappe une région, une espèce animale ou un groupe d’espèces.
  6. Moutou F. 2007, La vengeance de la civette masquée, d’où viennent les nouvelles épidémies.
  7. Jones K.E., 2008, Revue Nature, n° 451.
  8. Maladies virales émergentes, Bulletin de l’Institut Pasteur n° 48, 2006.
  9. Armelagos G-J., et al 1996, National Museum of Natural History, Bulletin for teachers, vol. 18, n° 3, Fall 1996.
  10. Brasseur G., Vaudoux D. 2008, les zoonoses, un risque pluriel.
  11. Debré P. , Gonzalès I.P, op. cit.
  12. Anthony S.I. et Al, 2013.
  13. Rapport du Sénat, Keller, 2012, op. cit.

La Danse classique khmère

Le Ballet royal du Cambodge

Inscrit en 2008 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité (originellement proclamé en 2003)

Renommé pour sa gestuelle gracieuse et ses somptueux costumes, le Ballet royal du Cambodge également appelé danse classique khmère, est étroitement lié à la cour khmère depuis plus de mille ans. Ses représentations accompagnaient traditionnellement les cérémonies royales et des événements comme les couronnements, les mariages, les funérailles ou les fêtes khmères. 

Cette forme d’art, qui a échappé de justesse à l’anéantissement dans les années 1970, est vénérée par de nombreux Cambodgiens.

Investie d’un rôle sacré et symbolique, la danse incarne les valeurs traditionnelles de raffinement, de respect et de spiritualité. Son répertoire immortalise les légendes fondatrices du peuple khmer. C’est pourquoi les Cambodgiens la considèrent depuis toujours comme l’emblème de la culture khmère. 

Le répertoire classique comporte quatre types de personnages : Neang la femme, Neayrong l’homme, Yeak le géant et Sva le singe. Chacun possède des couleurs, des costumes, un maquillage et des masques qui lui sont propres. La gestuelle et les postures, dont la maîtrise exige des années de formation intensive, traduisent toute la gamme des émotions humaines, de la crainte et de la rage à l’amour et à la joie. Un orchestre accompagne la danse, tandis qu’un chœur de femmes commente l’intrigue et souligne les émotions mimées par les danseurs. Ces derniers étaient considérés comme les messagers des rois auprès des dieux et des ancêtres.

Le Ballet royal a pratiquement disparu sous le régime répressif des Khmers rouges qui ont exterminé presque tous les maîtres de danse et les musiciens. Immédiatement après la défaite de Pol Pot en 1979, des troupes de danse se sont reformées et ont repris les représentations de l’ancien répertoire. Si le ballet a quasiment retrouvé sa splendeur d’antan, il n’en reste pas moins confronté à de nombreuses difficultés telles le manque de fonds et de lieux de représentation, la concurrence des médias modernes et le risque d’être transformé en une simple attraction touristique.

Si toutefois la cause n’était pas entendue, cela revient à dire que les explications manquent pour connaître ce que révèle la danse khmère.

La note positive sur cette question, c’est que la danse khmère est mondialement connue. Elle est profondément ancrée dans la sphère culturelle et artistique des Khmers en France et dans beaucoup d’autres pays.

Le travail remarquable effectué par les associations cambodgiennes qui promeuvent de toute leur force leur culture, montre l’attachement profond des Khmers à leurs traditions culturelles, particulièrement en préservant les danses traditionnelles khmères.

Si des efforts restent à faire, notamment en matière d’explications pédagogiques auprès du grand public sur la beauté et l’esthétisme que révèlent la danse khmère, cet attrait sur le public ne se dément jamais. Il suffit de voir le public français s’enthousiasmer pour accueillir le Ballet Royal du Cambodge lors d’une représentation à Paris, ou encore les troupes d’amateurs de danses traditionnelles qui se produisent dans les salles municipales du pays ; les danses khmères réjouissent ainsi le coeur et illuminent les yeux du public pendant les fêtes du Nouvel An Khmer.

L’élan est là, il suffit d’accompagner le public pour comprendre ce qu’il voit et de lui faire partager davantage cette richesse. C’est peut-être comme cela que l’on réussira à faire aimer et surtout faire comprendre le langage des gestes des danseuses célestes, les Apsaras qui ont pour vocation d’apporter un instant de bonheur à celles et ceux qui les regardent danser.

Cette année 2020 est marquée par une crise sanitaire sans précédent liée au covid-19, et le confinement qui a lieu en France et dans d’autres pays, ne permet pas de vous faire partager les danses traditionnelles qui sont habituellement représentées devant le public pendant les fêtes du Nouvel An Khmer. En attendant des jours meilleurs, nous mettons en ligne des vidéos de nos archives montrant ces moments enchanteurs.

Nous terminerons sur une note positive en souhaitant au corps du Ballet Royal et à toutes les troupes de danses traditionnelles khmères, tous nos voeux de Bonheur et de Prospérité pour qu’elles continuent à nous émerveiller. Un grand merci à tous ceux qui oeuvrent dans ce but. 

La Danse des souhaits, réalisée par des jeunes danseuses Khmères.
Groupe de danseuses Khmères faisant partie d’une association qui oeuvre pour l’éducation des enfants du Cambodge.
Danseuses du Ballet royal du Cambodge exécutant une danse, d’une grâce infinie.

Léonard, le peintre -3 (Fin)

L’artiste peintre Léonard est l’une des plus grandes figures de la Renaissance italienne et le peintre le plus célèbre de l’Europe. Après 500 ans, nombre de ses contemporains sont tombés dans l’oubli, pas Léonard. L’enthousiasme pour Léonard est toujours là, mais pourquoi ? 

On peut dire que Léonard représente l’homme universel et c’est justement pour cette raison que Léonard reste et restera le peintre, le savant, le poète, le scientifique et quelle que soit l’époque.

A Florence, Léonard est l’élève du sculpteur de Andrea del Verrocchio. En 1482, Léonard va s’installer à Milan où il peint la Vierge aux rochers et il conçoit la Cène. Il nous laisse son témoignage : 

« Le peintre doit être universel, ne pas se limiter au nu, à la tête, au paysage : à répéter toujours la même chose, il tomberait dans la routine. Sa main agirait seule sans le concours de la pensée. » Léonard appliquait ses préceptes dans ses oeuvres : la perspective, la théorie de la lumière et des ombres ou du clair-obscur, les mesures et les proportions du corps humain, l’anatomie de l’homme, l’anatomie du cheval, la botanique…

En 1500, il réalise la Sainte Anne et le portrait de la Joconde (Lisa del Giocondo), la bataille d’Anghiari et le Saint Jean Baptiste, des oeuvres qui firent sa renommée en tant que peintre. 

Léonard était le fin observateur et le savant pour sa connaissance sur les sujets qu’il peignait ou dessinait. La conception révolutionnaire de Léonard réside dans son trait de génie, de donner vie à ses peintures, par la liberté du mouvement graphique et de l’image dans l’espace. 

Léonard ne faisait jamais un mouvement dans une figure, sans l’avoir étudié trait par trait sur le vif, à la recherche de l’expression juste. Il notait en un croquis sur le petit carnet qu’il portait toujours à la ceinture. Quant il avait recueilli tout ce qui lui paraissait suffire à l’image qu’il voulait peindre, il l’a composait pour en devenir une merveille.

Dans ses préceptes, Léonard sait que la science ne donne pas l’invention, elle n’est là que pour servir le génie de l’homme. Ainsi les règles servent pour corriger les figures. Léonard savait le prix des heures heureuses, où par un commun accord l’esprit et la main collaborent spontanément.

Un témoin du nom de Bandello, raconte ces instants heureux de Léonard où il peignait le Cénacle « voyait-il tout à coup ce qu’il devait faire, sentait-il l’instant favorable où l’image se précise et sollicite la main, il accourait (…) »

Les oeuvres de Léonard confirment la manière dont ses oeuvres furent réalisées. Il a su introduire l’intelligence dans le sentiment, la curiosité dans la tendresse, l’esprit dans les images faites pour la joie des yeux. La pensée se mêle à la rêverie chez Léonard ; ses oeuvres sont empreintes de l’heureuse plénitude faite d’humanité.

L’homme universel

Léonard, le poète et le savant -2

Léonard de Vinci a fait de la vérité et de la beauté, l’unité de la faculté créatrice. L’idée seule d’observer est une originalité. Si l’habitude fortifie de plus en plus la tendance à s’en tenir à ce premier aspect des choses, alors on ne s’étonne pas des phénomènes que l’on voit se reproduire sans cesse. 

L’étonnement est une réaction de la liberté de l’esprit, une reprise de soi. Léonard est indifférent à rien. Il s’affranchit de l’habitude. Il regarde comme s’il voyait pour la première fois. Malgré son âge mûr, il garde cette surprise émue de la poésie de la première enfance. 

L’expérience est l’œuvre de l’imagination. Elle suppose une hypothèse, une idée à contrôler. Elle est une interrogation directe de la nature ; en elle-même, elle est un art véritable : elle consiste à isoler dans le grand monde, un petit monde que l’on compose de circonstances choisies et limitées en nombre. Une expérience, c’est le problème non plus posé abstraitement, mais devenu comme la réalité même et se résolvant sous nos yeux. 

La forme particulière que prend l’imagination de Léonard dans les sciences purement descriptives, c’est l’oeil de ce peintre exquis, il vaut un instrument de précision et il a pour auxiliaire une main merveilleuse. On ne sait vraiment que ce que l’on fait. La vision et le dessin se complètent l’une par l’autre. Tout le monde voit, presque personne ne regarde. 

Les dessins de fleurs et des arbres de Léonard de Vinci sont d’une admirable précision, dans les moindres détails, le dessin montre un ensemble de rapports. l’auteur Gabriel Séailles, dans son livre sur « l’artiste et le savant » formule sa pensée par ces questions : « l ‘expérience de la vision de Léonard ou l’intérêt passionné de l’artiste ? » (…) « l’émotion du peintre qui donne à l’image son unité, ou la lucide intelligence de l’observateur qui dans l’analyse même saisit le rapports des éléments ? »

De toutes ces interrogations, nous répondrons que Léonard était d’abord poète, savant et artiste. L’artiste dirige le savant dans la préparation qu’il reproduira par le dessin. Au XXIe siècle, tout nous semble évident de par le savoir acquis, les nouvelles technologies et autre technique sophistiquée. Léonard, lui devait imaginer pour voir. L’hypothèse est l’oeuvre spontanée de l’imagination, à chaque découverte, est une poésie véritable5. Léonard les met l’une et l’autre au service de la science. Il a cette faculté de construire des formes, d’évoquer des images précises, aux contours nets, dont il reste le maître, qu’il varie, complète ou transforme. 

« L’image copie la sensation, la répète » : Pour réfuter cette théorie selon laquelle Léonard n’a qu’à évoquer l’image qui la résume, il transfigure la sensation par des images hardies que l’image évoque en lui. Pour certains, ce sont des défauts d’imagination, une explication redite de la sensation de notre habitude. Mais chez Léonard, l’image d’un coquillage évoque l’image de la mer. « Ce qui était jadis le fond de la mer est devenu le sommet des montagnes » dit-il. Il le voit parce qu’il l’imagine, et par cette vision hardie du passé dans le présent, de la cause dans l’effet, il a fondé la géologie cinq siècles auparavant.

Léonard pressent dans la nature une raison éprise à la fois de logique et d’harmonie, de mathématique et de beauté, et il va comme au devant d’elle. L’analogie scientifique touche à l’image poétique chez Léonard : quand les vagues de la mer rappellent les chevelures onduleuses dont il aime à parer le visage de ses madones, il retrouve la même loi. Léonard écrit dans un de ses carnets : « Note comme le mouvement de la surface de l’eau ressemble à celui d’une chevelure : le mouvement de la chevelure est à deux temps, dont l’un répond à la pesanteur des cheveux et l’autre dessine la ligne de leurs boucle.» (…) « Comme l’eau, l’air a ses tourbillons, comme elle, il aura ses vagues (…) .» La théorie des ondulations est une des plus belles trouvailles de l’imagination scientifique de Léonard.

La théorie des ondulations de Léonard de Vinci

Il étudie les vagues de la mer, les ondes qui, sous le choc d’une pierre, se forment à la surface d’une eau tranquille, et dans le son, la chaleur, la lumière, il entrevoit la même loi de propagation. En fait, tous sont des mouvements obéissant à la même loi : l’égalité de l’angle d’incidence à l’angle de réflexion.

Léonard a pressenti la grande théorie de l’unité des forces physiques. La mécanique est la science par excellence. Le mouvement est le phénomène homogène, l’élément divisible et mesurable qui se retrouve en tous les autres phénomènes, combiné selon des lois rationnelles. « Il faut que toute action s’exerce par le mouvement, le mouvement est cause de toute vie. »

La perspective et le mouvement de Léonard de Vinci

Léonard relie les facultés du savant à celle de l’artiste. Sa curiosité est une forme de son amour de la nature. Il doit à la pratique de l’art, avec le goût de l’observation, la liberté de la pensée.

Léonard poète, nous révèle son style par son audace heureuse de son imagination poétique.

Artiste d’abord, Léonard découvre, dans les images qui viennent à lui, les formes expressives de son émotion ; selon les secrètes analogies qui relient le sentiment aux lignes et aux couleurs, l’idée se crée son corps. 

Le savant Léonard, part de la multiplicité des faits, et il découvre avec les analogies qu’ils enveloppent l’idée qui y est comme présente. Par cela seul qu’il fait du réel sa pensée, il en fait sortir, par une activité créatrice, l’ordre abstrait qui est la vérité, et l’harmonie concrète et vivante qui est la beauté. L’artiste Léonard a collaboré avec l’oeuvre du savant Léonard.

Pour comprendre l’esprit de Léonard sur la science, qu’il définit par l’analyse en se basant sur les mathématiques, il faut se souvenir qu’au XVe siècle, Léonard n’avait pas reçu la science toute faite, il la faisait !. Léonard mêle ses efforts à la joie de la découverte, la science émanait de l’art par le rôle même qui y jouait l’imagination créatrice. 

Références :

5. Wilhelm Wundt (né le 16 août 1832 à Neckarau en Allemagne, et mort le 31 août 1920 à Grossbothen), philosophe, psychologue et médecin, professeur d’université, donnait sa réponse : « l’imagination enveloppe deux puissances : l’une est celle de donner toute l’intensité du réel aux formes qu’elle évoque devant la conscience, l’autre, celle de combiner les représentations en découvrant les analogies qui les relient l’une à l’autre. ».

Synthèse de la bibliographie ci-dessous, de J. Baby.

Bibliographie :

  • Recherches historiques sur le principe d’Archimède, par Thurot, 1869.
  • Le réveil et les progrès scientifiques du XVe siècle.
  • Léonard de Vinci, l’artiste et le savant par Gabriel Séailles, (Disponible sur BNF).
  • Les manuscrits de Léonard de Vinci : les 14 manuscrits de l’Institut de France, extraits et description  par Péladan, 1910, (disponible sur BNF)