Mickaël Faraday, la science pour tous

Aujourd’hui, nos messages voyagent de manière invisible à la vitesse de la lumière. Les hommes détiennent le plus grand pouvoir qui domine le monde, la communication. Une personne est à l’origine de cette découverte.

Un homme né en 1791 dans un quartier des plus pauvres des environs de Londres. Il s’appelait de Mickaël Faraday(1). A l’école, ses résultats n’avaient rien de prometteurs. A l’âge de treize ans, on l’envoya travailler dans un atelier de reliure. Le jour, il reliait les livres et le soir, il les lisaient. Il avait un intérêt pour l’électricité qui ne le quitta jamais.

A vingt et un ans, Faraday s’ennuyait dans l’atelier où il travaillait depuis des années. Un jour, un client de l’atelier lui donna une entrée pour assister à une attraction sensationnelle, « la science à la portée de tous ». Faraday entreprit de prendre des notes pendant l’attraction et retranscrit par écrit la représentation de Sir Humphry Davy(2). Faraday mit à profit son savoir-faire qu’il avait appris à l’atelier pour faire de ses notes, un volume relié. Il apporta lui-même le livre chez Sir H. Davy en espérant attirer son attention.

Ce n’est qu’un peu plus tard, lorsque que Davy expérimenta un procédé chimique qui explosa à son visage, que celui-ci se souvint de Mickaël Faraday. Il lui demanda de devenir son secrétaire et Faraday passa le reste de sa vie à la Royale Institut(3).

Pendant que Sir H. Davy et William Wollaston étudiaient un mystérieux phénomène. « Qu’est-ce qui peut donc détourner l’aiguille du fil ? On dirait que le courant électrique pousse l’aiguille à se comporter comme un aimant. Il doit y avoir une relation entre l’électricité et le magnétisme. »
Davy lança alors un défi à Faraday, n’imaginant pas la suite des évènements.

Faraday entreprit de consacrer tout son temps libre à relever le défi. Comment commence-t-on une révolution ? parfois, il suffit de pas grand chose ! Faraday expérimenta dans son laboratoire : il s’agissait du tout premier moteur, il convertissait le courant électrique en mouvement mécanique continu.

Cet axe en rotation marque le début d’une ère nouvelle. Il annonce une révolution dont l’importance pour notre civilisation dépassera de loin tous les soulèvements et de toutes les guerres produisent au cours de notre histoire.

La nouvelle de Faraday se répandit dans Londres comme une traînée de poudre, Davy eut du mal à l’accepter. Il fit en sorte que Faraday ne fit plus parler de lui avant longtemps. Davy lui lança un nouveau défi, de trouver la composition du verre bavarois qui restait encore un mystère, un secret bien gardé de Joseph Von Fraunhofer(4).

Faraday expérimenta pendant quatre longues années, sans le moindre résultat. Il conserva une brique de verre en souvenir de son échec. Des années plus tard, cette brique allait changer le cours de sa vie et de la nôtre, aujourd’hui.

La mort de Sir H. Davy, allait mettre un terme à ce projet stérile. Faraday lui succéda au poste de laboratoire. Il en profita pour mettre en place une série de conférences sans précédent, à l’attention de la jeunesse. Initié en 1825, ce programme se perpétue encore de nos jours. Faire breveter ses trouvailles ou en tirer un profit personnel ne l’intéressait pas.

Il se consacra à ses expériences et découvrit la conversion d’un mouvement en électricité, il s’agissait du tout premier générateur. Dès lors, on allait pouvoir produire de l’électricité à volonté. Jusqu’à une maladie vint terrasser son esprit prestigieux. A l’âge de quarante neuf ans, Faraday fut victime de graves pertes de mémoire et de crises de dépression. Il dut interrompre ses travaux mais ses plus grandes découvertes restaient à venir !. A suivre…

Transcription et adaptation de J. Baby, du film l’odyssée du cosmos, Arte.

1.Physicien et chimiste britannique (Né en 1791 – Mort en 1867)
2.Chimiste (Né en 1778 – Mort en 1829)
3.Royal Institution of Great Britain, fondée en 1799, a pour double objectif d’enseigner les sciences et de diffuser leurs applications dans la vie de tous les jours.
4.Opticien et physicien allemand (Né en 1787 – Mort en 1826)

Strasbourg, élue capitale du vélo

Le vendredi 16 mars, les adhérents de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB), réunis en congrès à l’Ecole normale supérieure de Lyon, ont découvert le palmarès des villes les plus « cyclables ».

A l’automne 2017, dans toute la France, 113 000 personnes ont répondu en ligne à une trentaine de questions afin de décrire la pratique du vélo dans leur commune. L’opération s’inspire d’une étude similaire réalisée en Allemagne par l’homologue de la FUB, tous les deux ans depuis 1998.

Les données récoltées, classées, triées par critère, ont permis à la fédération pro-vélo d’établir un palmarès, une sorte de « grand prix du public » des villes où il est le plus facile de se déplacer à bicyclette.

C’est donc Strasbourg qui obtient la meilleure note (4,1/6) dans la catégorie des agglomérations de plus de 200 000 habitants, suivie de Nantes (3,7) et Bordeaux (3,5). Parmi les communes de 100 000 à 200 000 habitants, Grenoble (3,9) est lauréate. La Rochelle (Charente-Maritime, 3,8), Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin, 3,9) et Sceaux (Hauts-de-Seine, 4/6) l’emportent dans les catégories des cités moins peuplées.

Ce baromètre des villes cyclables est l’enquête la plus aboutie jamais réalisée en France sur la pratique du vélo. A Paris, 7 600 personnes y ont répondu ; 4 700 à Lyon, 4 100 à Toulouse et 3 000 à Grenoble, où près de 2 % de la population ont pris la peine de s’exprimer. 

Ce sondage grandeur nature, qui suscite l’intérêt des chercheurs spécialisés en mobilité, a impressionné jusqu’au cabinet de la ministre des transports Elisabeth Borne, prompte à vanter le vélo comme un « transport du quotidien ».

Réduire l’espace de la voiture

Dans la liste des villes récompensées, on retrouve, sans surprise, celles qui ont fourni le plus d’efforts depuis des années, voire des décennies, pour développer ce mode de déplacement et, parallèlement, limiter l’espace octroyé à la voiture. A Strasbourg, les majorités municipales qui se sont succédé depuis les années 1970 ont, droite et gauche confondues, multiplié les aménagements – elle dispose aujourd’hui de l’un des plus importants réseaux cyclables d’Europe –, œuvré pour apaiser la circulation motorisée, posé des arceaux de stationnement en centre-ville ou à proximité de la gare et des stations de tramway. L’actuelle équipe, menée par Roland Ries (PS), cherche à limiter la part de diesel dans la logistique urbaine et présente les livraisons par des vélos cargos (dotés d’un bac) comme l’une des solutions.

Nantes, qui a accueilli le congrès mondial Vélo-city en 2015, continue de réduire l’espace de la voiture au profit des transports publics et du vélo. A Bordeaux, celui-ci fait partie des attributs du mode de vie citadin vanté par le maire Alain Juppé (LR). 

Son homologue de Grenoble, Eric Piolle (EELV), qui se déplace à bicyclette à assistance électrique dans la métropole, met en place des « autoroutes à vélos » balisées et séparées du reste de la circulation.

C’est à La Rochelle que furent proposés dès 1976 les premiers deux-roues en libre-service de France, les « vélos jaunes » du maire d’alors, Michel Crépeau.

Située dans la petite couronne parisienne, Sceaux s’est montrée pionnière dans l’installation des double sens cyclables, qui permettent aux cyclistes d’emprunter les rues secondaires en sens interdit, et des « tourne à droite », qui les autorisent à passer au feu rouge à condition de laisser la priorité aux piétons.

Une géographie du vélo

L’enquête fait apparaître une géographie du vélo. Plusieurs villes de l’ouest (Rennes, Angers, Lorient, Caen), du piémont alpin (Chambéry, Annecy) ou de la plaine d’Alsace (Sélestat, Colmar, Mulhouse) figurent parmi les mieux classées. En revanche, le pourtour méditerranéen se distingue par ses réticences manifestes à la bicyclette. Marseille(2/6), Nice (2,6), Toulon (2,5) ou Béziers (2,2) enregistrent en effet les pires notes, comme certaines communes autour de Paris : Neuilly-sur-Seine (2,2), Villejuif (2,2) ou Aubervilliers (2,1). Avec une note de 3,2, Paris obtient un résultat assez moyen, supérieur à celui de Toulouse (3) ou Montpellier (2,7), mais inférieur à la note de Lyon (3,3) ou Lille (3,3).

Au-delà du score brut, les élus locaux et les militants associatifs, ainsi que la presse régionale, regarderont avec attention les notes obtenues pour chacun des aspects. « Le baromètre doit contribuer à l’émergence d’une science cyclable. Il permettra aux municipalités de construire des aménagements selon des critères précis, et non au doigt mouillé », commente Olivier Schneider, président de la FUB.

Bordeaux, Lyon, Dijon et Mulhouse, qui disposent toutes de systèmes en libre-service, sont considérées comme les villes où il est le plus facile de louer une bicyclette. Strasbourg, Chambéry ou la bien nommée La Flèche (Sarthe) se distinguent grâce à leurs panneaux de signalisation pour les cyclistes. Quelques communes de la petite couronne parisienne – Aulnay-sous-Bois, Rueil-Malmaison ou Fontenay-sous-Bois, obtiennent des scores remarquables en matière de stationnement du vélo à proximité de la gare.

Les performances détaillées de Paris seront observées avec attention par la municipalité qui a placé la transition écologique au cœur de son mandat. La capitale obtient de mauvaises notes en matière de cohabitation avec les véhicules motorisés, notamment pour leur stationnement récurrent sur les pistes cyclables, ou le manque de sécurité aux intersections. Les cyclistes parisiens reconnaissent en revanche les efforts de la capitale pour développer le vélo et vantent la facilité avec laquelle on peut en louer un. Il est vrai que l’enquête a été réalisée avant le fiasco du nouveau Vélib’.

Archives « Le Monde »

Un sacré bol !

Un bol extrêmement rare de la dynastie Qing a trouvé preneur à Hong Kong mardi pour près de 25 millions d’euros, a annoncé Sotheby’s.

Le bol fut utilisé par l’empereur Kang Xi dans les années 1720. Il fut façonné dans un atelier impérial de la Cité interdite de Pékin par une petite équipe d’artisans avec l’aide de jésuites venus d’Europe munis de leurs propres techniques et matériaux, selon la maison d’enchères.

De 14,7 centimètres de diamètre, ce bol délicat est décoré à l’aide de falangcai, émaux peints combinant techniques chinoise et occidentale ainsi que de fleurs, dont des jonquilles, lesquelles ne figurent pas souvent sur la porcelaine chinoise. Il présente des motifs bleu vert sur fond rose.

“Le plus bel exemplaire de son espèce”

L’objet a été acheté par un anonyme au bout de cinq minutes pour 239 millions de dollars hongkongais (24,69 millions d’euros). “C’est absolument le plus bel exemplaire de son espèce”, a déclaré Nicolas Chow, le président de Sotheby’s Asie.

Source France-info, extrait de l’article.

De cet article de presse nous retiendront que la dynastie Qing (empire Mandchou, 1644-1911) a su préserver les acquis de la culture chinoise, en adoptant la langue et sa culture. Cela en valait la peine  !

La production de la céramique sous la dynastie Qing

L’importance de la production des objets en céramique de cette période, se remarque par la beauté et la pureté de style de ces porcelaines. Elles ont été fabriquées dans les ateliers de Jingdezhen et dans tout l’empire chinois. Selon les auteurs chinois de l’époque, il était dit que « ces porcelaines étaient remarquables par leur forme, la finesse de la pâte, la beauté des couleurs et l’habileté des ouvriers et des peintres ». 

Des nouveautés viennent s’y ajouter, tels que des vases et plats décorés de fleurs ou d’animaux fantastiques, gravés en relief et recouverts de l’émail antique, sorte de vert pâle d’un ton bleuâtre, qui était connus en Europe, sous le nom de céladons gravés. Les céramiques à couverte colorée bleu par le manganèse peroxyde cobaltifère représente le bleu du ciel après la pluie.

Deux écoles

C’est pendant l’époque Kang Xi* (1662-1722) que les décors de la « famille verte » se partagent en deux écoles distinctes. La première école s’inspirera des modèles anciens, tels que des produits ornés de fleurs, où sont représentés des oiseaux ou insectes, dont la composition est purement décorative.

La deuxième école s’orientera vers la recherche esthétique de la composition, tant les détails sont remarquables. Ces dessinateurs étaient des missionnaires jésuites qui envoyés à la cour impériale employaient tout leur talent d’artiste peintre, pour magnifier les décors par la délicatesse des tons utilisés.

Si la qualification artistique de l’objet pour certains puristes n’est pas attribuée, mais désignée sous le nom de « décors riches de la famille verte », elle n’en reste pas moins « remarquable » par sa composition.

Source : sur la porcelaine chinoise, livre de O. du Sartel.

Adaptation du texte par J. Baby.

* Kang Xi impose la domination chinoise à la Mongolie, à l’Asie centrale et conquiert le Tibet. La souveraineté chinoise s’étend à la Corée, à l’Annam, à la Birmanie et la Thaïlande puis au Népal durant son règne.

Exposition DAIMYO, à Paris

 

Photos vidéo : Aurélien Mole et Olivier Thierry pour les expositions.

Armure du clan Matsudaira, époque Edo (1603-1868), fin XVIIe-début XVIIIe siècle ‒ fer, galuchat, daim, cuir, laque, soie ‒ classée   « bien d’intérêt patrimonial majeur », achat 2015

« Cette armure, confectionnée pour un membre de la famille Matsudaira du fief de Matsue, est exceptionnelle par la qualité des matériaux employés. L’utilisation de cuir d’importation européenne et de galuchat [cuir de poisson], ainsi que le laçage en cuir de daim confèrent à cette armure un caractère unique. Le casque, du XVIe siècle, attribué à un illustre forgeron du nom de Yoshimichi, est surmonté d’une libellule. Cet animal censé ne pas reculer était autrefois appelé “kachimushi”, l’“insecte vainqueur”. Cette armure a été acquise par le MNAAG en 2016, grâce à la participation du fonds national du patrimoine et à une campagne de mécénat participatif. »

Casque du clan Wakizaka et son « mempô », époque Edo (1603-1868) ‒ fer, cheveux, laque, 0,42 x 0,39 m

« Le casque, aux armes de la famille des daimyos de Tatsuno, dans la province d’Harima, est composé de lamelles de fer verticales assemblées. Il présente une visière et un ornement au devant (“maedate”), un joyau doré tenu dans une griffe prolongée d’une longue touffe de poils qui recouvre le casque – signe qu’il s’agit de la griffe d’un dragon. Cet animal puissant et agile déclenche le tonnerre et l’orage, selon la mythologie chinoise. La moustache est en poil d’ours, comme pour s’attribuer les vertus de cet animal sauvage, courageux et féroce. »

Masque d’armure « sômen » (école Hauruta), époque Edo (1603-1868), XVIIe siècle ‒ fer (métal), repoussé

« Ce masque de protection faciale eut d’abord pour fonction de compléter le casque pour couvrir le visage et effrayer l’ennemi. A l’époque d’Edo (1603-1868), de tels masques servaient non plus pour les combats mais pour la parade ou pour être exposés, donnant une présence plus forte et terrifiante à l’armure du guerrier. »

Masque « menpô », XVIIIe-XIXe siècles ‒ fer, laque, soie

« Ce masque de protection en fer laqué rouge muni d’un gorgerin [protection pour le cou] est décrit dans le fameux traité d’armures “Meiko zukan” comme “à nez en bec d’oiseau”. Il peut s’agir d’une évocation de l’oiseau mythique “karura” (“garuda” dans la mythologie indienne, oiseau protecteur du bouddhisme), ou du personnage d’oiseau démoniaque “karasu tengû” au bec rouge. »

Armure de samouraï aux armoiries de la famille Ando, époque Edo, vers 1850 ‒ lamelles d’acier et de cuir, laquées noir et dorées à la feuille, assemblées par des tresses de soie

« Cette armure a été réalisée pour un membre de la famille Andô, qui gouvernait le fief de Tanabe, sans doute pour le rite de passage d’un jeune homme à l’âge adulte. Elle est faite, comme à l’époque ancienne, de lamelles fixées entre elles par de la soie. Le laçage somptueux sur la partie dorsale du plastron permet de maintenir les grandes épaulières mobiles (“ôsode”), dans le style de celles des cavaliers de l’époque de Heian. La jupe d’arme (“kusazuri”), en revanche, est divisée en huit pans pour faciliter le déplacement au sol. »

Casque (« kabuto ») japonais, époque Edo (1603-1868), début XVIIe siècle ‒ fer (métal), fourrure (matériau), laque (technique), repoussé, soie (textile)

« Ce casque en fer, muni d’un couvre-nuque, est fait d’une seule plaque martelée de l’intérieur pour lui donner l’aspect d’un dieu ou d’un démon. Il s’agirait, selon les textes anciens, de Shennong, souverain mythique de la Chine, inventeur de l’agriculture, représenté ici avec l’aspect effrayant d’un “oni” (diable). »

A propos de l’exposition « Daimyo » , seigneurs de la guerre au Japon

Sont-elles amusantes ou ­effrayantes ? La question se pose lorsque, en franchissant la salle d’exposition de l’hôtel d’Heidelbach, ­annexe du Musée national des arts asiatiques Guimet, à Paris, on découvre les silhouettes guerrières qui y sont présentées. Des ­armures de daimyo, ces seigneurs du ­Japon qui jouèrent, entourés de leurs samouraïs (guerriers) un rôle essentiel au cours de la deuxième moitié de la période dite « féodale » – entre les XIIe et XIXe siècles – accueillent le visiteur en position assise, comme habitées par leur propriétaire, le visage dissimulé derrière un masque à l’expression tantôt enjouée, tantôt grimaçante, qui rappelle le théâtre nô ou la commedia dell’arte.

Certains de ces masques sont décorés de laque rouge, d’autres de fer brun, quelques-uns sont garnis de moustaches en poil d’ours, l’un présente un nez de rapace, un autre, couvert de laque noire, fait irrésistiblement penser aux méchants de Star Wars, Dark Vador ou Kylo Ren. Ils sont surmontés de casques à caractère ­totémique présentant des décorations frontales plus extravagantes les unes que les autres : daim ailé à tête de dragon, libellule (métaphore de la bravoure pour un samouraï), cornes de cerf stylisées comme les coiffes portées par les combattants des films de Kurosawa ou de Mizoguchi… Mais le plus spectaculaire, ce sont les armures elles-mêmes, ces harnois composés d’écailles de fer et de cuir reliées par un savant ­laçage en peau de daim, ces couvre-épaules en cuir doré et laque d’argent, ces cuirasses gainées de galuchat, cuir de poisson cartilagineux, ces jambières recouvertes de soieries chatoyantes ou ­ornées de gueules de lion.

Du combat à l’apparat

C’est ce goût pour la magnificence des seigneurs japonais et la prouesse technique des artisans chargés d’imaginer et de concevoir ces armures qu’illustre l’exposition « Daimyo ». Conçue avec le collectionneur Jean-Christophe Charbonnier.

Dates : du 15 février au 13 mai 2018

Le Musée national des arts asiatiques – Guimet et le Palais de Tokyo, réunissent dans le cadre d’un partenariat inédit, un ensemble exceptionnel d’armures et d’attributs de daimyo, ces puissants gouverneurs qui régnaient au Japon entre le XIIe et le XIXe siècle.

La classe des Daimyos joue un rôle essentiel dans l’histoire japonaise dans la deuxième moitié de la période féodale (du XVe au XIXe siècle). L’exposition du musée réunit pour la première fois un ensemble exceptionnel issu des collections françaises, privées et publiques. Au total, trente-trois armures ainsi que de somptueux ornements associés à l’imaginaire guerrier japonais : casques, armes, textiles…

Les sites d’exposition

l’hôtel d’Heidelbach et la rotonde du quatrième étage du musée principal – cette spectaculaire exposition dévoile en deux grands chapitres des pièces magistrales, expression du pouvoir et de la toute puissance du guerrier, chaque espace devenant pour un temps des lieux d’animation.

Les armures et les ornements 

Nous plongeons dans la fascination d’une fresque historique militaire, jouant les atours du pouvoir et la notoriété des grands feudataires japonais. En écho à cet univers guerrier singulier,  propre à l’impermanence du monde flottant, l’installation au palais de Tokyo de George Henri Longly, artiste britannique, parachève le parcours en semant le trouble dans l’espace et la perception.

1. Début de l’exposition à l’Hôtel d’Heidelbach. 19 avenue d’Iéna, 75116 Paris.

2. Seconde partie : Rotonde du 4e étage du MNAAG. 6 place d’Iéna, 75116 Paris.

3. Poursuivez votre visite au Palais de Tokyo. 13 avenue du président Wilson, 75116 Paris.

 Vue de l’exposition de George Henry Longly, au Palais de Tokyo

” Daimyo. Le Corps analogue “

« George Henry Longly utilise les espaces d’exposition comme un outil d’expérimentation. L’installation intitulée “Le Corps analogue” a été conçue comme une expérience phénoménologique dans laquelle gravité, pression et oscillations agissent sur la perception des visiteurs. Huit armures de daimyo habitent l’exposition et flottent sur une image de chaînes en tension intitulée “Empire State Human” (2018, vinyle adhésif). »

« L’artiste manipule ici les dispositifs d’exposition, la lumière et le son qui participent aux mutations successives de l’espace en une arène, un champ de bataille ou encore un espace scénique. Composée avec Nelson Beer, l’œuvre sonore “The Sound of the Fight” (2018, 5’09’’) est une ballade pop d’amour, dans laquelle George Henry Longly chante, et qui nous conduit de l’armure à la peau, de la protection à la vulnérabilité. »

« “Could be a suit of armour protect you when the furies fly” (George Henry Longly, 2018) est une vidéo composée d’images enregistrées par des robots sous-marins. Là où l’homme ne peut accéder en raison de la forte pression des profondeurs océaniques, des robots téléguidés parcourent, échantillonnent et filment les abysses. A l’image des armures de daimyo, ces outils sont des chefs-d’œuvre de technologie conçus pour prolonger et dédoubler l’homme dans sa quête de territoires. »

« En temps de paix, les armures des daimyo étaient présentées assises sur leur caisse de rangement. Exposées ainsi, comme le double désincarné des seigneurs, elles symbolisaient la puissance et le pouvoir de leur propriétaire. George Henry Longly interroge les systèmes de présentation de ces objets historiques à l’aura puissante et les intègre au cœur d’un dispositif inédit qui renouvelle notre perception des armures japonaises. »

« Une série de cent-une sculptures intitulée “Me as a lot” (2018, métal, peinture en spray) contamine l’espace d’exposition. Réalisé à partir de potelets de mobilier urbain, chaque élément a été contraint, plié et froissé. L’ensemble des sculptures participe à une sensation de pression et de pesanteur, que semblent renverser celles qui se déploient sur les murs. »

« Dans son travail, George Henry Longly s’appuie sur la technologie, le consumérisme, la culture populaire ou encore l’anthropologie pour interroger les systèmes de présentation et de construction de l’expérience. Dans son exposition au Palais de Tokyo, la représentation d’un masque de privation sensorielle, ou encore la musique pop, créent les conditions d’une rencontre inédite avec les armures, les bannières et les fourreaux de lances ayant appartenu à des daimyo entre les XVIIIe et XIXe siècles. »

 

La nouvelle génération d’agricultrices en France

L’égalité homme-femme résonne encore de nos jours : inégalité des salaires, emplois précaires… De plus en plus de femmes reprennent le flambeau de leurs aînées, celles des révolutions démocratiques, parfois des guerres malgré elles. Ces changements ont façonné la femme d’aujourd’hui, une femme plus libre. Cependant, la liberté de choisir est la condition sine qua non de vivre en toute conscience, même si cela est nécessairement plus difficile. Les responsabilités qui en découlent doivent être assumées et comprises pour qui veut devenir libre. Il en va de l’homme comme pour la femme. C’est cette liberté d’entreprendre qui conditionne notre choix de vie.

L’éducation et la formation à un métier est la pierre angulaire de la transformation des conditions de la femme, elles ont permis aux femmes d’accéder à des métiers qui étaient souvent réservés aux hommes. Les études récentes sur le métier d’agricultrice, montrent encore aujourd’hui que l’accès des femmes dans le  secteur agricole n’est pas aisé, notamment elles se trouvent orienter le plus souvent dans des filières de service.

La femme est l’avenir de l’agriculteur 

La femme agricultrice le sait depuis des temps immémoriaux. Cependant, l’épouse de l’agriculteur n’avait pas encore la possibilité de l’exprimer. Elle vivait le plus souvent dans l’ombre de son mari, ne touchant aucun salaire. Il a fallu du temps pour admettre qu’elle pouvait faire tout aussi bien que son mari. Quand celui-ci venait à disparaître (en raison d’une guerre, d’une maladie ou autre motif), elle faisait face et devait, pour nourrir ses enfants, aller au champ et travailler la terre, comme elle l’avait toujours fait auparavant.

L’économie du XIXè siècle a fait évolué la condition de la femme de par les révolutions industrielles qui ont bouleversé l’existence des femmes. Elles ont été  les premières à travailler dans les manufactures avec leurs enfants pour survivre. A notre époque, les femmes à la tête d’exploitation agricoles qui succèdent à leur mari parti en retraite sont de 60%, âgées de plus de 60 ans.

Près d’un siècle auparavant, les transformations de l’activité agricole ont permis, grâce à la mobilisation des agricultrices au sein des représentations syndicales de 1933, et de l’évolution des statuts de 1985 ainsi que la loi d’orientation agricole de 1999, de reconnaître le travail des femmes conjointes d’agriculteurs et de leur assurer une protection sociale.

En 2010, le quart des exploitations agricoles françaises sont dirigées par des femmes alors qu’elles n’étaient que 8% en 1970. La nouvelle génération a des compétentes importantes pour la gestion de l’exploitation en matière de gestion administrative et le rapport au public. L’agricultrice n’hésite pas à prendre contact avec les consommateurs, 20% d’entre elles font de la vente directe sur les marchés. Elles diversifient leurs activités, et 15,9% d’entre elles proposent un hébergement touristique et 4,8% des activités de loisirs.