Pour des bagatelles

La Roseraie de Bagatelle de Paris 

Le projet de la création de la Roseraie de Bagatelle date de 1880, mais dans les faits, il se concrétisa en 1906. Un collectionneur et spécialiste, M. Gravereaux, écrivit à M. Forestier, conservateur des promenades de Paris, pour offrir ce qu’il avait de plus beau dans sa roseraie de l’Haÿ.  

Ce sont 1 500 espèces et variétés de roses qui furent envoyées à la ville de Paris, le 17 janvier 1906. Bagatelle se dota de ce qui existait de meilleur en matière de roses et permis de dessiner et de mettre en place les collections de la Roseraie de Bagatelle. Parmi ces rosiers, les rosiers sarmenteux pour garnir les treilles, piliers ou arceaux ; d’autres variétés sur tiges ; des rosiers remontants, des hybrides de thé, de floraison continue et pour la beauté de leurs fleurs. 

De cette collection, une sélection de rosiers de toutes les parties du monde qui au fil du temps évolua selon le goût des collectionneurs. Les jardiniers de la Roseraie oeuvrent pour maintenir cette collection au plus haut niveau. Le classement de ces rosiers est basé sur des données scientifiques et a permis de ranger par ordre plus de 10 000 pieds.

A Bagatelle, on peut admirer le travail des jardiniers qui maintiennent la Roseraie telle qu’elle a été conçue : avec ses lignes bien tracées, bien régulières, elle a la forme d’un rectangle à ses parties extérieures divisées dans le sens de la longueur et de la largeur, par des allées très droites. 

Ces allées permettent d’avoir des plates-bandes rectangulaires, à angles très prononcés. Les lignes du milieu sont bordées de piliers en fer de 4 m de hauteur, recouverts de rosiers sarmenteux. La partie médiane de la Roseraie, est réservée aux roses nouvelles. La disposition des roses est mises en valeur, par l’encadrement qu’elles offrent dans les grands rectangles. La treille du fond, enchante tout particulièrement le regard, par les luxuriantes guirlandes de roses qui offre un spectacle grandiose et féérique. 

La création du concours de roses chaque année au mois de juin a pour but de mettre à disposition des visiteurs les rosiers nouveaux, cultivés en plein air, pour connaître les qualités et les défauts de ces rosiers, à cultiver dans leur jardin. Ainsi les amateurs de roses peuvent fixer leur choix, d’une façon précise en se basant sur la qualité des roses et aussi de leurs goûts, ou l’utilisation qu’ils veulent en faire. 

Chaque variété de rose, porte une fiche qui mentionne son nom, son n° de groupement horticole et n° d’ordre dans la plantation ; le nom de son obtenteur et l’indication sur l’origine de la variété, c’est par là même que cette roseraie donne toute sa dimension, un jardin-école unique au monde. 

La Roseraie de Bagatelle de Paris

La Roseraie de la ville de Kawazu au Japon, 河津バガテル公園

La Roseraie de Bagatelle de Paris a fait des émules dans le monde, notamment au Japon, dans la préfecture de Shizuoka, la ville de Kawazu (péninsule de Izu) a créé une roseraie du nom de Bagateru Koen (en japonais), c’est-à-dire « Bagatelle », elle ressemble comme deux gouttes d’eau, à la Roseraie « Bagatelle » de la ville de Paris. C’est une société privée qui est à l’initiative de cette roseraie. 

La disposition des rosiers, la pagode, sont identiques à la Roseraie de Bagatelle de Paris, l’orangerie qui marque un point de décor attrayant de la roseraie impressionne par sa ressemblance frappante avec celle de Paris. Cependant, à Kawazu Bagateru Koen, le paysage environnant est différent, la roseraie est entourée de montagnes tandis qu’à Bagatelle, le point de vue se prolonge sur les hauteurs de Suresnes. Seuls les conseils et le savoir-faire ont tissé un lien entre ces deux roseraies. 

Vous pouvez aller plus loin dans votre découverte, en parcourant le site de la Roseraie de Kawazu Bagateru Koen et connaître le nom des 6 000 rosiers et 1 100 variétés  qui ont été plantés dans cette roseraie de trois hectares, en cliquant sur le lien suivant :

http://bagatelle.co.jp/database/database_fr.html

Une base de données classe tous les rosiers de la Roseraie, il est facile d’accès, voici son mode d’emploi :

Dans la colonne à gauche de l’écran vous avez la liste des rosiers, par ordre alphabétique, elles sont divisées en plusieurs catégories : 

  • les roses modernes, 
  • les roses anciennes, 
  • les roses anglaises
  • une catégorie autres et indéterminée. 

En cliquant sur une catégorie, vous obtenez dans la colonne de gauche une liste alphabétique qui permet d’obtenir une fiche sur chaque rose, une photo, le nom en français, en japonais le nom, la couleur, la variété, l’année de création, le pays de création, l’obtenteur, un commentaire et un n° de la section de la roseraie dans laquelle se trouve le rosier.

Les maladies infectieuses et la crise sanitaire mondiale

Les maladies infectieuses tuent chaque année 14 millions1 de personnes et 90 % des agents pathogènes actuellement recensés étaient encore inconnus dans les années 80. Selon l’Organisation mondiale de la santé animale (L’OIE), 60 % des 1 400 agents pathogènes humains sont d’origine animale et 75 % des maladies animales émergentes peuvent contaminer l’homme. 

Les zoonoses2 sont des maladies qui se transmettent naturellement des animaux vertébrés à l’homme et vice-versa (définition de l’Organisation mondiale pour la santé en 1959). Si certaines maladies ont une forme clinique humaine anodine, d’autres constituent un danger majeur comme l’influenzia aviaire, plus connue sous le nom H5N1 (grippe aviaire). Cette maladie est apparue à Hong Kong en 1997, s’est développée en Asie du Sud Est, puis s’est étendue vers l’Ouest avant de toucher la France, en février 2006. Les craintes d’une pandémie était présente, car la forme hautement pathogène de l’agent viral évoquait la grippe de 1918, le virus H1N1 (appelée grippe espagnole) qui avait fait 40 millions de morts en Europe.

Une des pandémies du XIXè siècle, le choléra.

Le Centre d’études et de prospective en 2014, analysait clairement les causes et l’évolution des maladies zoonotiques infectieuses et les méthodes de prévention et de lutte contre celles-ci. Elle met en évidence les facteurs d’émergence et de réémergence des zoonoses. Facteurs qui favoriseraient le développement de ces maladies dans les prochaines années. 

Histoire et évolution des maladies infectieuses et leur gestion

La première pandémie est la peste noire qui, de 1349 à 1351, a tué 30 % de la population en Europe, soit 25 millions de personnes. Ce sont les navires partis d’Extrême Orient, qui ont importé la bactérie Yersinia pestis. Le découvreur Yercin a été vivre au Vietnam et lors de la 3è pandémie de peste, il a rejoint Hong Kong où la peste sévissait. Il a pu identifié le bacille de la peste qui porte son nom. Le dernier cas de peste en France, date de 1946. 

Cependant, la peste noire est au niveau mondial, un enjeu de santé publique, dans certaines régions, jusqu’en 2005, elle était répertoriée dans le règlement sanitaire international de l’OMS, pour éviter les risques infectieux mondiaux ; les deux autres maladies répertoriées étaient la variole et la malaria (fièvre jaune). 

Depuis 2000, la peste a été signalée en Russie, en Chine, aux Etats-Unis et en Afrique. Les animaux porteurs de cette maladie sont les écureuils, les marmottes et les gerbilles. Les rats sont un relais secondaire vers l’homme.

Les conséquences de la peste noire du XIVè siècle ont été aggravées par le manque de police sanitaire. Des mesures ont été prises progressivement, le principe de la quarantaine des navires en 1377 à Raguse (actuellement Dubrovnik)3. La France va appliquer ce principe à partir du XVIIIe siècle. La peste de Marseille de 1720 est circonscrite, elle fit 100 000 victimes. 

La gestion des principales maladies animales en France, a progressé avec la création des écoles vétérinaires à partir de 1761, dont l’objectif était de lutter contre les maladies du bétail, l’élevage des animaux touchés par des épizooties5 et de soigner les chevaux qui servaient encore à de nombreux besoins. Le deuxième objectif, était d’instaurer des mesures visant à protéger l’homme. 

Louis Pasteur et ses travaux, à la fin du XIXè siècle.

Au XIXè siècle, Les maladies infectieuses, notamment celle du charbon qui se transmet au bétail est découvert par Louis Pasteur. Cet éminent chercheur (chimiste de formation) va marquer son siècle par ses découvertes. Il fait adopter des règles d’hygiène médicale car trop de patients mourraient par manque d’hygiène, et enfin, il élabore un vaccin contre la rage qui sévit dans le monde. 

Louis Pasteur élabore un vaccin contre la rage.

En 1851, la 1ère conférence internationale organisée à Paris sur le choléra, va faire une avancée sur les mesures à prendre au niveau mondial. La loi de 1881 est promulguée sur la police sanitaire des maladies animales , elle fixe les mesures à appliquer en cas d’infections ; les services vétérinaires en 1901, mettront en oeuvre le principe de surveillance sanitaire animale et humaine dans tous les départements.

En 1924, l’Office international des épizooties, devient en 2003, l’Organisation mondiale de la santé animale, elle compte 180 Etats membres, en 2020. Cette organisation joue un rôle essentiel dans la protection contre les maladies de type zoonotique.

A la fin du XXè siècle, une politique de prévention sanitaire et vaccinale est conduit et aboutit à une éradication de grandes maladies de l’élevage, la tuberculose et la brucellose. Cette situation a permis à la France de satisfaire aux mesures de prophylaxie sanitaire comme l’isolement et l’abattage du bétail au niveau de la politique de l’Union européenne. Au niveau mondial, nombre de pays ne peuvent pas appliquer ces mesures pour des raisons logistiques et économiques. 

Emergences de nouvelles maladies infectieuses

En 1918-19, pendant la Première guerre mondiale, une deuxième pandémie voit le jour, c’est la grippe « espagnole «, qui porte mal son nom . Cette grippe vient probablement de la faune aviaire ; les premières traces proviennent des camps américains, des soldats sont porteurs de la grippe, elle fait des ravages en Europe, puis dans le monde, on estime à 40 millions de personnes décédées de cette grippe.  

Dans les années 80, de nouvelles maladies humaines surgissent, notamment le SIDA en 1970 (il faut 10 ans d’incubation pour l’émergence de ce virus), a pour origine un animal, le chimpanzé, transmis à l’homme d’Afrique centrale pour s’étendre à l’ensemble de la planète. En 2002, le SRAS, il vient du Sud-Est de la Chine, dans des restaurants qui vendaient des nourritures exotiques : les civettes palmistes masquées ; elles étaient infectées par le coronavirus du SRAS, qui a leur tour infestaient les clients et les cuisiniers qui travaillaient à la préparation de l’animal.

A noter que le SIDA et le SRAS, ne sont pas considérés comme des zoonoses, c’est l’adaptation virale qui est en cause, la contamination est strictement humaine et non animale. 

D’autres infections liées au coronavirus sont apparues chez des personnes ayant séjourné au Moyen Orient, le MERS serait lié à un double réservoir animal, la chauve-souris et le dromadaire. Certaines maladies sont zoonotiques comme l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) apparue d’abord au Royaume-Uni en 1980, puis nouvelles crises en 1996 et 2001. Des grippes d’origine animale, la grippe aviaire (H5N1), est apparue en France en 2006 et enfin la grippe mexicaine (H1N1), d’origine porcine en 2009. Le virus de la grippe peut se réassortir de gènes et circule dans la faune aviaire et la faune porcine, des mélanges peuvent se faire entre virus, il y a alors réassortiment de gènes, un nouveau virus émerge et nous n’avons pas de protection immunitaire contre ce nouveau virus, une pandémie est possible, un tiers de la population mondiale est infectée à chaque réémergence des maladies infectieuses.

L’Organisation mondiale de la Santé et la veille sanitaire

En 2005, l’OMS tient compte des nouveaux risques infectieux. Le règlement sanitaire international (RSI) fait obligation aux 194 Etats membres de l’OMS, de déclarer les maladies comme étant d’importances internationales. Le budget de l’OMS est de 4,625 Milliards d’Euros en 2020. Le fonctionnement de cette veille nécessite une coordination efficace des politiques sanitaires au niveau national, européen et mondial, entre les structures dédiées aux animaux et aux hommes. Le mode de contamination de l’animal à l’homme est variable selon les zoonoses : contact direct ou transmission via un support passif (air, eau, alimentation) ou actif (un vecteur).

Les circonstances du passage de l’animal à l’homme diffèrent également selon qu’il s’agit de la faune sauvage ou domestique. L’émergence et de la propagation de la maladie zoonotique des animaux d’élevage ou d’animaux domestiques, les 3/4 des contaminations zoonotiques7, sont liées à la faune sauvage qui croît en zones tropicales. Autre élément, la présence d’un animal sauvage, réservoir intermédiaire qui contamine un animal domestique est un phénomène souvent relaté.

Les différents facteurs favorisant le développement des maladies zoonotiques

A l’échelle mondiale, le premier facteur, est le développement des maladies zoonotiques qui se font par l’augmentation de la population mondiale, elle a été multipliée par quatre, de 1,5 au XXè siècle, elle est passée à  7 milliards d’hommes au XXIè siècle. Le flux des populations, d’animaux et de marchandises, facilitant l’apparition de germes, comme le moustique tigre, Aedes albopictus, originaire d’Asie du Sud-Est, qui aujourd’hui à élu domicile dans 15 départements de la France, en 20138. Dans l’hémisphère Sud, l’urbanisation intensive et mal régulée s’accompagne du développement rapide d’une population animale urbaine dont l’hygiène sanitaire est peu contrôlée, favorisant les zoonoses. 

Les conflits politiques et territoriaux constituent un deuxième facteur important, qui engendre des mouvements de population et désorganisent les programmes médicaux et sanitaires. Le troisième  facteur, est l’évolution de l’environnement qui entraîne un important risque zoonotique et enfin, le réchauffement climatique favorise le développement en régions tempérées de certaines maladies auparavant connues que dans les pays chauds, comme la maladie de West-Nile, contracté par les chevaux et les hommes, portée par les oiseaux. L’intensification de la production agricole peut être un réservoir des maladies zoonotiques9

D’autres facteurs interviennent, les élevages industriels qui cumulent un grand nombre d’animaux et des des contacts étroits, pourraient être un facteur favorisant la contamination liées à l’inhalation ou à des contacts liés avec les liquides biologiques10. La déforestation qui accompagne le développement agricole dans les zones tropicales, pourraient accroître les risques de contamination. Le virus Nipah en 1998, en Asie du Sud-Est s’est traduit par des épisodes infectieux chez les porcs et les humains, dont l’origine est la contamination des porcs par des chauve-souris chassées de leur habitat naturel. 

De 1940 à 2004, on a dénombré, 350 nouvelles maladies11 et selon une récente revue scientifique, plus de 320 000 nouveaux virus pourraient être découverts chez les mammifères12.

Des stratégies pour lutter contre les maladies infectieuses et zoonotiques

D’abord les progrès scientifiques et technologiques, mais aussi le développement socio-économique de zones à risques (Afrique et certaines zones d’Asie) nécessite plus de moyens aux politiques de surveillance et de lutte contre les maladies infectieuses. Une meilleure coordination internationale auraient des effets positifs pour la maîtrise des risques de contamination13

La tendance dans les prochaines années est de voir la fréquence des zoonoses s’accroître,  il dépend des capacités des réactions des Etats et de la Communauté internationale à réagir efficacement, ainsi cette conjecture progresserait plus vite que les risques de zoonoses, la situation serait maîtrisée et contrôlée. 

Dans le cas contraire, l’insuffisance de contrôle des zoonoses conduiraient à des tensions entre Etats et au sein des Etats, entre les différents acteurs, engendrait une crise des internationales, Chine, Etats-Unis, Europe. 

La pandémie mondiale que nous vivons actuellement fait écho à la dernière situation exposée ci-dessus. Des réactions diverses de la part des Etats, ceux qui prônent l’isolement contraint et abouti à une crise économique mondiale, ou une prise de conscience que cet enjeu constitue un « bien public mondial », qu’une véritable stratégie de lutte contre les zoonoses serait à mettre en place, une surveillance accrue par les instances internationales et les moyens pour faire face à cette menace. Les modes d’organisation et de régulation pourraient être divers et adaptables. La maîtrise des risques zoonotiques dépendra  de l’évolution combinée des différents facteurs de ces risques, que de la réalisation de ces risques et, enfin, des stratégies déployées par les acteurs, entre coopération et isolement. 

Le rôle des organisations mondiales, mais aussi des Etats et organisations publiques et privées sera primordiale pour maîtriser la situation épidémiologique des pays concernés. D’où la nécessité de renforcer la transparence, notamment la Chine qui avait tardé de déclarer des cas de grippe aviaire (en 2003), du SRAS (en 2002) et du Covid-19, en janvier 2020. L’OMS face au danger a manqué de réactivité pour déclarer une « urgence sanitaire mondiale » pour le cas du Covid-19. La veille sanitaire doit être renforcée pour plus d’efficacité afin d’éviter une nouvelle pandémie dans le futur. Et une coopération internationale doit être soutenue en matière de recherche médicale, pour pallier le manque de médicaments anti-infectieux et dont les coûts devraient être maîtrisés dans le but est d’abord de protéger et de soigner l’ensemble des populations dans le monde. 

Sources

– Extraits du Rapport de Madeleine Lesage, Centre d’études et de prospective, Analyse Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, n°66, Javier 2014 « zoonoses émergentes et réemergentes : enjeux et perspectives ». 

– Conférence de Arnaud Fontanet, médecin-chercheur épidémiologiste, Professeur au CNAM et à l’Institut Pasteur, détenteur de la chaire de santé publique au Collège de France, membre du conseil scientifique pour la gestion de la pandémie du Covid-19.

Références

  1. Keller F. 2012, les nouvelles menaces des maladies infectieuses « émergentes, Rapport du Sénat n° 233, p.2.
  2. Terme créé en 1855 par le médecin allemand Rudolf Wirchow.
  3. Debré P., Gonzalès J.P, 2013 « Vie et mort d’épidémies, éd. Odile Jacob.
  4. Fondateur Claude Bourgelat (1712-1779).
  5. Une maladie qui frappe une région, une espèce animale ou un groupe d’espèces.
  6. Moutou F. 2007, La vengeance de la civette masquée, d’où viennent les nouvelles épidémies.
  7. Jones K.E., 2008, Revue Nature, n° 451.
  8. Maladies virales émergentes, Bulletin de l’Institut Pasteur n° 48, 2006.
  9. Armelagos G-J., et al 1996, National Museum of Natural History, Bulletin for teachers, vol. 18, n° 3, Fall 1996.
  10. Brasseur G., Vaudoux D. 2008, les zoonoses, un risque pluriel.
  11. Debré P. , Gonzalès I.P, op. cit.
  12. Anthony S.I. et Al, 2013.
  13. Rapport du Sénat, Keller, 2012, op. cit.

La Danse classique khmère

Le Ballet royal du Cambodge

Inscrit en 2008 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité (originellement proclamé en 2003)

Renommé pour sa gestuelle gracieuse et ses somptueux costumes, le Ballet royal du Cambodge également appelé danse classique khmère, est étroitement lié à la cour khmère depuis plus de mille ans. Ses représentations accompagnaient traditionnellement les cérémonies royales et des événements comme les couronnements, les mariages, les funérailles ou les fêtes khmères. 

Cette forme d’art, qui a échappé de justesse à l’anéantissement dans les années 1970, est vénérée par de nombreux Cambodgiens.

Investie d’un rôle sacré et symbolique, la danse incarne les valeurs traditionnelles de raffinement, de respect et de spiritualité. Son répertoire immortalise les légendes fondatrices du peuple khmer. C’est pourquoi les Cambodgiens la considèrent depuis toujours comme l’emblème de la culture khmère. 

Le répertoire classique comporte quatre types de personnages : Neang la femme, Neayrong l’homme, Yeak le géant et Sva le singe. Chacun possède des couleurs, des costumes, un maquillage et des masques qui lui sont propres. La gestuelle et les postures, dont la maîtrise exige des années de formation intensive, traduisent toute la gamme des émotions humaines, de la crainte et de la rage à l’amour et à la joie. Un orchestre accompagne la danse, tandis qu’un chœur de femmes commente l’intrigue et souligne les émotions mimées par les danseurs. Ces derniers étaient considérés comme les messagers des rois auprès des dieux et des ancêtres.

Le Ballet royal a pratiquement disparu sous le régime répressif des Khmers rouges qui ont exterminé presque tous les maîtres de danse et les musiciens. Immédiatement après la défaite de Pol Pot en 1979, des troupes de danse se sont reformées et ont repris les représentations de l’ancien répertoire. Si le ballet a quasiment retrouvé sa splendeur d’antan, il n’en reste pas moins confronté à de nombreuses difficultés telles le manque de fonds et de lieux de représentation, la concurrence des médias modernes et le risque d’être transformé en une simple attraction touristique.

Si toutefois la cause n’était pas entendue, cela revient à dire que les explications manquent pour connaître ce que révèle la danse khmère.

La note positive sur cette question, c’est que la danse khmère est mondialement connue. Elle est profondément ancrée dans la sphère culturelle et artistique des Khmers en France et dans beaucoup d’autres pays.

Le travail remarquable effectué par les associations cambodgiennes qui promeuvent de toute leur force leur culture, montre l’attachement profond des Khmers à leurs traditions culturelles, particulièrement en préservant les danses traditionnelles khmères.

Si des efforts restent à faire, notamment en matière d’explications pédagogiques auprès du grand public sur la beauté et l’esthétisme que révèlent la danse khmère, cet attrait sur le public ne se dément jamais. Il suffit de voir le public français s’enthousiasmer pour accueillir le Ballet Royal du Cambodge lors d’une représentation à Paris, ou encore les troupes d’amateurs de danses traditionnelles qui se produisent dans les salles municipales du pays ; les danses khmères réjouissent ainsi le coeur et illuminent les yeux du public pendant les fêtes du Nouvel An Khmer.

L’élan est là, il suffit d’accompagner le public pour comprendre ce qu’il voit et de lui faire partager davantage cette richesse. C’est peut-être comme cela que l’on réussira à faire aimer et surtout faire comprendre le langage des gestes des danseuses célestes, les Apsaras qui ont pour vocation d’apporter un instant de bonheur à celles et ceux qui les regardent danser.

Cette année 2020 est marquée par une crise sanitaire sans précédent liée au covid-19, et le confinement qui a lieu en France et dans d’autres pays, ne permet pas de vous faire partager les danses traditionnelles qui sont habituellement représentées devant le public pendant les fêtes du Nouvel An Khmer. En attendant des jours meilleurs, nous mettons en ligne des vidéos de nos archives montrant ces moments enchanteurs.

Nous terminerons sur une note positive en souhaitant au corps du Ballet Royal et à toutes les troupes de danses traditionnelles khmères, tous nos voeux de Bonheur et de Prospérité pour qu’elles continuent à nous émerveiller. Un grand merci à tous ceux qui oeuvrent dans ce but. 

La Danse des souhaits, réalisée par des jeunes danseuses Khmères.
Groupe de danseuses Khmères faisant partie d’une association qui oeuvre pour l’éducation des enfants du Cambodge.
Danseuses du Ballet royal du Cambodge exécutant une danse, d’une grâce infinie.

Léonard, le peintre -3 (Fin)

L’artiste peintre Léonard est l’une des plus grandes figures de la Renaissance italienne et le peintre le plus célèbre de l’Europe. Après 500 ans, nombre de ses contemporains sont tombés dans l’oubli, pas Léonard. L’enthousiasme pour Léonard est toujours là, mais pourquoi ? 

On peut dire que Léonard représente l’homme universel et c’est justement pour cette raison que Léonard reste et restera le peintre, le savant, le poète, le scientifique et quelle que soit l’époque.

A Florence, Léonard est l’élève du sculpteur de Andrea del Verrocchio. En 1482, Léonard va s’installer à Milan où il peint la Vierge aux rochers et il conçoit la Cène. Il nous laisse son témoignage : 

« Le peintre doit être universel, ne pas se limiter au nu, à la tête, au paysage : à répéter toujours la même chose, il tomberait dans la routine. Sa main agirait seule sans le concours de la pensée. » Léonard appliquait ses préceptes dans ses oeuvres : la perspective, la théorie de la lumière et des ombres ou du clair-obscur, les mesures et les proportions du corps humain, l’anatomie de l’homme, l’anatomie du cheval, la botanique…

En 1500, il réalise la Sainte Anne et le portrait de la Joconde (Lisa del Giocondo), la bataille d’Anghiari et le Saint Jean Baptiste, des oeuvres qui firent sa renommée en tant que peintre. 

Léonard était le fin observateur et le savant pour sa connaissance sur les sujets qu’il peignait ou dessinait. La conception révolutionnaire de Léonard réside dans son trait de génie, de donner vie à ses peintures, par la liberté du mouvement graphique et de l’image dans l’espace. 

Léonard ne faisait jamais un mouvement dans une figure, sans l’avoir étudié trait par trait sur le vif, à la recherche de l’expression juste. Il notait en un croquis sur le petit carnet qu’il portait toujours à la ceinture. Quant il avait recueilli tout ce qui lui paraissait suffire à l’image qu’il voulait peindre, il l’a composait pour en devenir une merveille.

Dans ses préceptes, Léonard sait que la science ne donne pas l’invention, elle n’est là que pour servir le génie de l’homme. Ainsi les règles servent pour corriger les figures. Léonard savait le prix des heures heureuses, où par un commun accord l’esprit et la main collaborent spontanément.

Un témoin du nom de Bandello, raconte ces instants heureux de Léonard où il peignait le Cénacle « voyait-il tout à coup ce qu’il devait faire, sentait-il l’instant favorable où l’image se précise et sollicite la main, il accourait (…) »

Les oeuvres de Léonard confirment la manière dont ses oeuvres furent réalisées. Il a su introduire l’intelligence dans le sentiment, la curiosité dans la tendresse, l’esprit dans les images faites pour la joie des yeux. La pensée se mêle à la rêverie chez Léonard ; ses oeuvres sont empreintes de l’heureuse plénitude faite d’humanité.

L’homme universel

Léonard, le poète et le savant -2

Léonard de Vinci a fait de la vérité et de la beauté, l’unité de la faculté créatrice. L’idée seule d’observer est une originalité. Si l’habitude fortifie de plus en plus la tendance à s’en tenir à ce premier aspect des choses, alors on ne s’étonne pas des phénomènes que l’on voit se reproduire sans cesse. 

L’étonnement est une réaction de la liberté de l’esprit, une reprise de soi. Léonard est indifférent à rien. Il s’affranchit de l’habitude. Il regarde comme s’il voyait pour la première fois. Malgré son âge mûr, il garde cette surprise émue de la poésie de la première enfance. 

L’expérience est l’œuvre de l’imagination. Elle suppose une hypothèse, une idée à contrôler. Elle est une interrogation directe de la nature ; en elle-même, elle est un art véritable : elle consiste à isoler dans le grand monde, un petit monde que l’on compose de circonstances choisies et limitées en nombre. Une expérience, c’est le problème non plus posé abstraitement, mais devenu comme la réalité même et se résolvant sous nos yeux. 

La forme particulière que prend l’imagination de Léonard dans les sciences purement descriptives, c’est l’oeil de ce peintre exquis, il vaut un instrument de précision et il a pour auxiliaire une main merveilleuse. On ne sait vraiment que ce que l’on fait. La vision et le dessin se complètent l’une par l’autre. Tout le monde voit, presque personne ne regarde. 

Les dessins de fleurs et des arbres de Léonard de Vinci sont d’une admirable précision, dans les moindres détails, le dessin montre un ensemble de rapports. l’auteur Gabriel Séailles, dans son livre sur « l’artiste et le savant » formule sa pensée par ces questions : « l ‘expérience de la vision de Léonard ou l’intérêt passionné de l’artiste ? » (…) « l’émotion du peintre qui donne à l’image son unité, ou la lucide intelligence de l’observateur qui dans l’analyse même saisit le rapports des éléments ? »

De toutes ces interrogations, nous répondrons que Léonard était d’abord poète, savant et artiste. L’artiste dirige le savant dans la préparation qu’il reproduira par le dessin. Au XXIe siècle, tout nous semble évident de par le savoir acquis, les nouvelles technologies et autre technique sophistiquée. Léonard, lui devait imaginer pour voir. L’hypothèse est l’oeuvre spontanée de l’imagination, à chaque découverte, est une poésie véritable5. Léonard les met l’une et l’autre au service de la science. Il a cette faculté de construire des formes, d’évoquer des images précises, aux contours nets, dont il reste le maître, qu’il varie, complète ou transforme. 

« L’image copie la sensation, la répète » : Pour réfuter cette théorie selon laquelle Léonard n’a qu’à évoquer l’image qui la résume, il transfigure la sensation par des images hardies que l’image évoque en lui. Pour certains, ce sont des défauts d’imagination, une explication redite de la sensation de notre habitude. Mais chez Léonard, l’image d’un coquillage évoque l’image de la mer. « Ce qui était jadis le fond de la mer est devenu le sommet des montagnes » dit-il. Il le voit parce qu’il l’imagine, et par cette vision hardie du passé dans le présent, de la cause dans l’effet, il a fondé la géologie cinq siècles auparavant.

Léonard pressent dans la nature une raison éprise à la fois de logique et d’harmonie, de mathématique et de beauté, et il va comme au devant d’elle. L’analogie scientifique touche à l’image poétique chez Léonard : quand les vagues de la mer rappellent les chevelures onduleuses dont il aime à parer le visage de ses madones, il retrouve la même loi. Léonard écrit dans un de ses carnets : « Note comme le mouvement de la surface de l’eau ressemble à celui d’une chevelure : le mouvement de la chevelure est à deux temps, dont l’un répond à la pesanteur des cheveux et l’autre dessine la ligne de leurs boucle.» (…) « Comme l’eau, l’air a ses tourbillons, comme elle, il aura ses vagues (…) .» La théorie des ondulations est une des plus belles trouvailles de l’imagination scientifique de Léonard.

La théorie des ondulations de Léonard de Vinci

Il étudie les vagues de la mer, les ondes qui, sous le choc d’une pierre, se forment à la surface d’une eau tranquille, et dans le son, la chaleur, la lumière, il entrevoit la même loi de propagation. En fait, tous sont des mouvements obéissant à la même loi : l’égalité de l’angle d’incidence à l’angle de réflexion.

Léonard a pressenti la grande théorie de l’unité des forces physiques. La mécanique est la science par excellence. Le mouvement est le phénomène homogène, l’élément divisible et mesurable qui se retrouve en tous les autres phénomènes, combiné selon des lois rationnelles. « Il faut que toute action s’exerce par le mouvement, le mouvement est cause de toute vie. »

La perspective et le mouvement de Léonard de Vinci

Léonard relie les facultés du savant à celle de l’artiste. Sa curiosité est une forme de son amour de la nature. Il doit à la pratique de l’art, avec le goût de l’observation, la liberté de la pensée.

Léonard poète, nous révèle son style par son audace heureuse de son imagination poétique.

Artiste d’abord, Léonard découvre, dans les images qui viennent à lui, les formes expressives de son émotion ; selon les secrètes analogies qui relient le sentiment aux lignes et aux couleurs, l’idée se crée son corps. 

Le savant Léonard, part de la multiplicité des faits, et il découvre avec les analogies qu’ils enveloppent l’idée qui y est comme présente. Par cela seul qu’il fait du réel sa pensée, il en fait sortir, par une activité créatrice, l’ordre abstrait qui est la vérité, et l’harmonie concrète et vivante qui est la beauté. L’artiste Léonard a collaboré avec l’oeuvre du savant Léonard.

Pour comprendre l’esprit de Léonard sur la science, qu’il définit par l’analyse en se basant sur les mathématiques, il faut se souvenir qu’au XVe siècle, Léonard n’avait pas reçu la science toute faite, il la faisait !. Léonard mêle ses efforts à la joie de la découverte, la science émanait de l’art par le rôle même qui y jouait l’imagination créatrice. 

Références :

5. Wilhelm Wundt (né le 16 août 1832 à Neckarau en Allemagne, et mort le 31 août 1920 à Grossbothen), philosophe, psychologue et médecin, professeur d’université, donnait sa réponse : « l’imagination enveloppe deux puissances : l’une est celle de donner toute l’intensité du réel aux formes qu’elle évoque devant la conscience, l’autre, celle de combiner les représentations en découvrant les analogies qui les relient l’une à l’autre. ».

Synthèse de la bibliographie ci-dessous, de J. Baby.

Bibliographie :

  • Recherches historiques sur le principe d’Archimède, par Thurot, 1869.
  • Le réveil et les progrès scientifiques du XVe siècle.
  • Léonard de Vinci, l’artiste et le savant par Gabriel Séailles, (Disponible sur BNF).
  • Les manuscrits de Léonard de Vinci : les 14 manuscrits de l’Institut de France, extraits et description  par Péladan, 1910, (disponible sur BNF) 

Léonard de Vinci, l’homme universel -1

Nous ne savons pas grand chose de la vie de Léonard, mais les grandes passions de Léonard sont impersonnelles, Léonard cherche la vérité, la beauté. Il nous laisse un trésor inestimable ses oeuvres : peintures, sculptures, dessins, croquis et ses manuscrits, ses notes tenues sur de petits carnets appelés codex, c’est tout cela l’oeuvre de Léonard. Un homme qui touche à toute la science, l’oeuvre sans fin de l’esprit humain.

Les quinze peintures reconnues de Léonard, ses dessins, ses sculptures et croquis, sont présentés à l’exposition qui se déroule actuellement au Louvre et qui se terminera le 24 février, pour les 500 ans de l’anniversaire de Léonard de Vinci. Mais il y a plus, le trésor, c’est aussi les douze manuscrits de Léonard conservés à la bibliothèque de l’Institut de France1 et ses plus anciens dessins conservés au Musée des Offices de Florence. La méthode de Léonard se dévoile dans ses écrits où il livre ses pensées pour qui veut s’y intéresser.

Le codex de Léonard de Vinci

Léonard est né2 au XVe siècle, le grand précurseur de Galilée3 et de la pensée moderne, son travail nous apporte le témoignage de la renaissance de la science. La science moderne commence avec Léonard de Vinci et Galilée. Ils exposent la méthode de la pratique avec génie. Ils observent les phénomènes ou les produise pour découvrir leurs relations constantes.

Galilée expérimentait l’accélération des corps qui tombent en astronomie, Léonard réfutait l’astrologie et l’alchimie. Mais ce qui caractérise un esprit, c’est sa méthode. Dans les manuscrits de Léonard, nous trouvons une idée de la science, de son procédé et de son sujet. Il commence à expérimenter la nature, en savant. Son vaste génie, s’arrête sur chaque détail et multiplie les vérités partielles dont il marque les rapports. Il n’était pas isolé, il rencontre d’autres hommes, artistes, voyageurs, gentilshommes ; ils collaborent tous à la même oeuvre. Ces hommes avaient choisi un maître digne de leur choix, Archimède4.

Léonard, le scientifique

Léonard regarde le monde, le découvre et les phénomènes se multiplient sous ses yeux. Il contrôle ses idées par les faits, son goût même de la vérité lui interdisaient les ambitions hâtives.

C’est assurément dans la méthode que se révèle le savant Léonard, sa méthode d’investigation, c’est la certitude scientifique qui refuse tout compromis dans le miracle et les abstractions. Pour lui, la science de la nature est la science des phénomènes et de leurs causes. L’expérience est la méthode positive qui, par la comparaison des faits, dégage les formules créatrices.

Lorsque vous observez les tableaux de Léonard, c’est le miroir de son âme qui vous renvoie son image. Léonard n’a pas été élevé à l’école, dès son enfance, il s’est exercé à bien voir, à fixer les images précises des choses pour les reproduire. La nature a été son premier maître. C’est la science aussi. Entre ce qu’il regarde et son esprit, ne s’interposent pas les idées des hommes. Il est libre de créer. Léonard nous enseigne : « qu’un peintre ne produira  que des oeuvres de pauvre qualité, s’il prend pour guide les peintures des autres, mais s’il cherche ses enseignements dans les objets de la nature, alors il produira de bons fruits… »

L’expérimentation de la nature de Léonard de Vinci
  1. Les Manuscrits de A à M de Léonard de Vinci, intégralement publiés par M. Ravaisson, philosophe français (né le 23 octobre 1813 à Namur et mort le 18 mai 1900 à Paris) ;  pour les autres manuscrits de deux volumes d’extraits publiés et classés par M. Jean-Claude Richter.

2. Léonard dit de Vinci, né le 15 avril 1452 à Vinci, en Italie, est mort le 2 mai 1519, à Amboise, en France.

3. Galillée est né à Pise, en 1564 et il est mort à Arcetri près de Florence, le 8 Janvier 1642, mathématicien, physicien et astronome italien.

4. Le vieux mathématicien grec a ouvert l’esprit à ses contemporains sur les questions qu’ils se posaient, dont Léonard ; l’étude sur le levier, sur le centre de gravité, sur les corps flottants, sur l’hydrostatique. Le point de départ de la science. Dès le XVI siècle, le réveil et les progrès scientifique se mesurent à l’influence d’Archimède. Son nom est indissociablement lié à la renaissance de la science en Occident. Tous les novateurs, ceux qui avaient le goût de l’observation, de la vérité que l’on se doit à soi-même et qui vaut pour tous, parce que chacun peut la démontrer ou la constater, trouvèrent en lui leur modèle et leur exemple.


Bienvenue à Saint-Valentin

Comment le village de Saint-Valentin a fait chavirer le cœur des touristes

REPORTAGE – La commune de 300 âmes située dans l’Indre est l’une des rares au monde à porter le nom du patron des amoureux. Une particularité qui en fait une curiosité touristique.

L’entrée du village de Saint-Valentin

À la sortie d’Issoudun, le long de la N151, un panneau indique deux communes voisines dont les noms se marient mal: Saint-Valentin et Vatan. Loin de nous éconduire, Pierre Rousseau nous emmène vers le premier village, dont il est maire depuis 1983. Situé entre Châteauroux et Issoudun, cette commune de 300 âmes est l’une des rares au monde à porter le nom du saint patron des amoureux. La seconde, en Autriche, est jumelée avec le village berrichon. La troisième se trouve dans la province de Québec, au Canada.

Être baptisé Saint-Valentin? En voilà un bon prétexte pour draguer les touristes. Le village de l’Indre accueille en moyenne 3 000 visiteurs chaque 14 février, soit dix fois sa population habituelle. Une success-story entamée dans les années 1980. En 1985, Raymond Peynet, connu pour ses dessins d’amoureux, imaginait un timbre-poste pour la commune autour de la fête du même nom. Son motif: un couple devant une boîte aux lettres dans laquelle des anges glissent un courrier.

Un coin de Japon au cœur du Berry

«C’est à partir de là que Saint-Valentin s’est fait connaître en France et même à l’étranger», se souvient l’édile de 74 ans en nous présentant des exemplaires de ce timbre, religieusement conservés. «Des Japonais ont parlé du village dans leur pays et l’information est arrivée jusqu’au maire de Sagara, une commune de 5000 habitants près de Kumamoto dans le sud du Japon, qui m’a contacté pour demander un jumelage. Depuis, les Japonais sont nos meilleurs ambassadeurs.» Le guide des festivités organisées à chaque Saint-Valentin est d’ailleurs en partie traduit en japonais. Comment expliquer cet attrait nippon pour la fête des amoureux? «Là-bas, la Saint-Valentin est plus suivie qu’en France. Le 14 février, les femmes offrent des chocolats aux hommes, tandis que le 14 mars, les hommes offrent un cadeau en retour», décrypte Pierre Rousseau.

Le saule, sur lequel les amoureux peuvent graver leurs noms

Le petit village de l’Indre est bien décidé à user cette homonymie jusqu’à la corde. Son unique restaurant, baptisé Au 14 février, est tenu par un chef japonais, Shigeki Satoh, qui apporte un twist oriental à la cuisine berrichonne. Seul étoilé au Michelin du département, l’établissement attire tout au long de l’année les voyageurs en quête de bonnes tables. La période du 14 février est sans surprise la plus chargée de l’année. «Les réservations commencent deux à trois mois à l’avance. Ce week-end, nous n’avons plus de tables disponibles», confie Shigeki Satoh.

Nous voulons être le village des amoureux tout au long de l’année, et pas seulement le 14 février

Pierre Rousseau, maire de Saint-Valentin (Indre)

Mairie de Saint-Valentin

Les touristes japonais sont cependant minoritaires à Saint-Valentin. Les visiteurs viennent en grande partie de la région Centre et d’Ile-de-France, à moins de deux heures de route. «Cette année, je pense que nous accueillerons davantage de monde car la fête tombe un vendredi et s’étend sur le week-end», savoure Renée Ougier, présidente de l’office du tourisme des Champs d’Amour qui englobe une trentaine de communes du Berry.

Pendant trois jours, la salle des fêtes doublée d’un chapiteau propose, entre autres, un thé dansant, une vente de lithographies sur le thème de l’amour, évidemment, et une remise de «diplômes des amoureux». Depuis quelques années, le village collabore avec deux agences chinoises réceptives. «Un ou deux cars font l’aller-retour depuis Paris dans la journée. Mais avec l’épidémie de coronavirus, ils ne viendront pas cette année», regrette le maire.

L’édile a encore un souhait: s’affranchir de la date de la fête des amoureux. «Nous voulons être le village des amoureux tout au long de l’année, et pas seulement le 14 février», insiste-t-il. Pour cela, il a créé des aménagements permanents comme un jardin des amoureux, doté notamment d’un kiosque à musique, d’arbres plantés par des couples et de saules artificiels aux feuilles de métal sur lesquelles les tourtereaux peuvent graver leur prénom. Pour faire vivre «l’esprit Saint-Valentin» toute l’année, Pierre Rousseau signe des confirmations de mariage venues de France et du Japon. «L’idée est de se dire oui une deuxième fois, en présence de témoins. En échange, je leur envoie une carte de félicitations ou un diplôme d’amour.» Les confirmations sont archivées dans la mairie mais elles n’ont rien d’officiel, l’acte est avant tout symbolique. Champagne, photographe, bouquet de fleurs… La cérémonie est facturée 200 euros.

Un engouement en perte de vitesse

De quoi assurer la prospérité à Saint-Valentin? Pas nécessairement. «Tout cet enthousiasme autour de la fête des amoureux rapporte finalement peu d’argent aux caisses de la commune, calcule le maire. Le principal est de jouer sur notre notoriété pour dynamiser le tourisme et l’activité des hôtels et restaurants.» Le Berry Relais, à quelques kilomètres de Saint-Valentin, a dû aménager une deuxième salle pour accueillir l’afflux de clients.

Mais certains habitants nuancent l’enthousiasme du maire quant aux retombées de l’événement. «Je vois passer de moins en moins de monde et seuls deux ou trois riverains décorent leurs façades pour la Saint-Valentin, regrette Sandrine, responsable du bureau de poste, embauchée il y a dix ans… un 14 février. Les traditions semblent se perdre et ne plus intéresser les jeunes». «Il reste des places pour les repas de la Saint-Valentin dans la salle des fêtes. D’habitude, on refuse du monde», observait aussi Pierre Rousseau à la veille des festivités.

Le manque d’hébergements à proximité est peut-être l’une des causes de ce désamour. Saint-Valentin n’a plus d’hôtel depuis le début des années 2000. «Le périmètre des Champs d’Amour compte 300 lits répartis entre hôtels, gîtes et meublés touristiques. Mais c’est sans compter Châteauroux et Issoudun, à une quinzaine de kilomètres, qui disposent d’une importante capacité hôtelière», argumente Renée Ougier. Pierre Rousseau, lui, aimerait qu’une maison d’hôtes s’installe le long de la rue du Quatorze-Février. «Cela permettrait aux visiteurs de rester à Saint-Valentin en fin de journée», projette-t-il. Par ailleurs, il a entamé des démarches pour que le village soit indiqué sur une sortie de l’autoroute A20. Un moyen d’inciter les curieux à faire un détour.

Car ne dit-on pas que l’amour vient au détour du chemin sans que l’on s’y attende?

Article du Figaro du 14 février 2020, écrit par Jean-Marc De Jaeger

Charlotte Perriand, le séjour au Japon

C’est en février 1940 que Charlotte Perriand se rend au Japon comme « conseiller pour la production d’art industriel du Japon », sur invitation du gouvernement japonais. Elle voyage à travers tout le pays et donne des conférences  dans les écoles et centres de production. Elle y découvre la vie quotidienne des japonais et se passionne pour la culture, les rites, les formes et le savoir-faire du Japon.

En 1941, une exposition à Tokyo et Osaka, intitulée « contribution à l‘équipement intérieur de l’habitation au Japon, Sélection, Tradition, Création », formule les recherches de Charlotte Perriand en adaptant ses meubles aux conditions locales, techniques et des matériaux.

Les matériaux disponibles au Japon à cette période, sont essentiellement le bambou, le bois, la pierre et les matières végétales. Charlotte Perriand adapte une série de meubles qu’elle avait créés de 1920 à 1930, notamment la chaise longue en acier qu’elle réitère en bambou, table, lit, fauteuil… (voir vidéo ci-contre).

Exposition à la Fondation Louis Vuitton sur Charlotte Perriand

Charlotte Perriand quitte le Japon en 1942 avant la guerre du Pacifique, et séjourne en Indochine. Elle y réalise un pavillon d’exposition de l’artisanat à Hanoï. De retour en France, l’architecte américain Paul Nelson, l’intègre à son équipe comme ingénieur conseil pour l’équipement de l’hôpital mémorial France-Etats-Unis de Saint-Lô. 

Charlotte Perriand revient au Japon en 1953 à 1955, où elle expose sa synthèse des arts. Avec ses amis Le Corbusier et Fernand Léger, elle réaffirme « le rapport d’unité entre l’architecture, la peinture et la sculpture ». Cette exposition du 1er avril 1955 aux Grands magasins de Takashimaya à Tokyo, montre les tendances et les préoccupations des occidentaux tout en exprimant la collaboration entre les artistes et les producteurs industriels : les tapisseries de Le corbusier et de Léger, les céramiques et études des vitraux, les travaux d’artistes Hartung, Richier, Soulages, sont exposés comme des éléments vivants et en perpétuels mouvements. Les réalisations de Charlotte Perriand au Japon, marque un hommage à son pays d’accueil. 

Aujourd’hui, la Fondation Louis Vuitton lui consacre une grande exposition intitulée « le monde nouveau de Charlotte Perriand » à l’occasion du vingtième anniversaire de sa disparition. 

Charlotte Perriand, architecte designer

Actuellement à Paris, l’exposition consacrée à l’oeuvre de Charlotte Perriand (1903-1999) à la Fondation Louis Vuitton, retrace l’histoire d’une femme libre et indépendante. Charlotte Perriand  a contribué à l’émergence d’une vision moderne du design en s’affranchissant de l’art de son époque. 

Créatrice et visionnaire, elle a su proposer une synthèse avec les arts notamment la peinture, la sculpture, la photographie, et donner une nouvelle approche des objets du quotidien. 

Nous aborderons à l’aide d’une première vidéo sa vision d’architecte et de designer qui réinvente l’habitation, qui va de la période de 1927 à 1940, et selon ses propos, se dirige vers un monde nouveau : « le métier d’architecte, c’est travailler pour l’homme ».

Exposition de l’oeuvre de Charlotte Perriand à la Fondation Louis Vuitton

La designer trouve son inspiration d’abord à travers les techniques modernes mais dont elle mesure vite les limites, pour tourner son regard vers la nature. 

Dans une prochaine vidéo, nous présenterons ses oeuvres après un séjour au Japon, où elle montre ses qualités humaines en participant aux chantiers de la Reconstruction après la Seconde Guerre mondiale.