La Danse, art universel

Qu’est-ce-que la danse ? 

« La danse est le mouvement rythmique du corps » (Platon, philosophe grec, 5e s. av. notre ère))

Pour l’historien F. Delzangles (1914,) l’histoire de la danse est le résumé synthétique des différents états d’âme des civilisations disparues. Il détermine le sens de ses propos : 

 « La danse est un mouvement naturel pour manifester la joie exultante du coeur, pour extérioriser nos sentiments. L’homme chante et saute de joie instinctivement lorsqu’il est content. La danse est également, une des manifestations les plus expressives et les plus artistiques de l’intelligence humaine, elle a progressé avec le développement des facultés intellectuelles, évoluée suivant le caractère et le tempérament des peuples, s’est perfectionnée, embellie, harmonisée, rythmée suivant le degré de leur civilisation, le raffinement des moeurs.

Selon les régions, les pays, la danse est tantôt danse sacrée , tantôt danse profane. Les peuples ont toujours éprouvé le besoin de danser pour manifester leur joie de vivre. La danse n’est que l’art de former avec grâce, précision et facilité, des pas sur des temps et des mesures donnés par la musique. Dans la passion de la danse, le degré d’expression remplace les paroles. Un pas, un geste, un mouvement et une attitude disent ce que rien ne peut exprimer. L’exclamation d’un  « oh ! » ne peut monter plus haut et le geste est là pour l’exprimer. » 

Autre auteur, J.G. Noverre, chorégraphe français, dans ses lettres adressées à Voltaire évoque ses ses connaissances sur la danse et échange des idées avec Voltaire au sujet de son travail et de ses réalisations sur la rénovation de la danse en France. 

« Les chefs-d’oeuvre des artistes se conjuguent à tous les temps et dans nombre de pays. Seulement les guerres peuvent commettre l’irréparable, la destruction des oeuvres d’art que les peuples avaient tant chéris. S’en suivi une succession d’hommes qui oublièrent pour longtemps.

L’Egypte antique avait le goût et le génie des sciences et des arts. A son tour la Grèce laisse un précieux témoignage de son amour des arts et du génie de ses sciences pendant deux siècles puis vint les destructions et les cruautés indicibles des guerres qui anéantir l’empire. Sans oublier la Rome antique où se déploya toutes les richesses et qui prit Athènes pour modèle. »

En période de paix, le génie des hommes s’épanouit de nouveau après avoir traversé bien des souffrances, comme un heureux échange, les hommes de génie peuvent faire oublier par leur art toutes les cruautés. 

Le principe est que la danse chez l’homme ne possède que sept pas fondamentaux, il en est de même pour la musique ; et la peinture possède sept sept couleurs ; mais le mélange de ces notes et de ces couleurs offre pour la peinture une variété immense de teintes et de demi-teintes dégradées ; pour la musique une variété infinie de combinaisons harmoniques et mélodieuses : de même les sept pas de la danse forment une foule de temps, de demi-temps et d’enchaînement de pas et de mouvements. » 

L’homme peut observer chez les oiseaux le pas de danse, et il donne à voir un vibrant spectacle  comme l’exemple des grues du Japon (voir la vidéo).

La danse des grues du Japon

« L’homme s’est assigné des règles, des principes pour donner à la danse plus d’extension en lui faisant peindre des différents sentiments qui agitent son esprit. Cet art, enfant du goût et de l’imagination. »  

La musique et l’amour

La musique pour les Grecs anciens était l’art des Muses : toute science et tout art était considéré  comme une chose agréable. Selon Pythagore, les astres dans leurs mouvements forment une musique céleste et pour Aristote, la musique a une puissance qui agit sur les moeurs.

Au XXe siècle, un professeur d’histoire de la Musique au Collège de France écrit : « la musique reproduit le dynamisme de la vie passionnelle. Elle pénètre dans notre sub-conscient, pour atteindre les ressorts cachés de toutes les passions ». 

Darwin, célèbre naturaliste, associe la musique à l’altruisme et le social, c’est à dire à l’amour, force sociale et aussi force universelle. Darwin place le rôle social de l’amour bien avant l’homme, chez les êtres vivants dont l’homme est le descendant. Il questionne selon ces termes : 

  • Pourquoi la musique a-t-elle un pouvoir d’émotion si troublant ? – 
  • Pourquoi nous remue-t-elle a de si grandes profondeurs ? 

Darwin se fonde si les trois faits suivants :

1- La musique a un pouvoir d’expression, elle traduit l’amour et la joie du triomphe.

2- Dans la saison de reproduction, les animaux font entendre des sons, ils ébauchent même un un chant.

3- Entre les animaux et les hommes, il y a transmission héréditaire.  

Darwin insiste sur les oiseaux. Les mâles qui cherchent à attirer les femelles déploient toutes les ressources qui leur permettent de briller. Ils n’étalent pas seulement la richesse de leur plumage, comme l’oiseau de Paradis qui prend ce que l’on appelle la « parure des noces » ; l’instinct de reproduction le fait artiste : ils chantent. (Voir la vidéo sur les oiseaux de Paradis en Nouvelle Guinée).

Darwin nous livre ses observations : «  le coq se livre à une pantomime curieuse, mêlée de chant ;

Placé sur une branche basse, il dresse les longues plumes de son cou, fait la roue, laisse pendre ses ailes, se gonfle, piétine, tourne les yeux, de façon comique, puis il émet des sons cliquetants et claquetants, lents et séparés, mais de plus en plus rapides ; il continue par un clac très fort, que suit toute une suite de sons, à la fois strident et musicaux…; il finit par un son soutenu, et en même temps ferme les yeux comme enivré de jouissance ». 

Notre philosophe n’hésite pas à écrire, que « l’homme serait l’héritier de l’animal, pour la musique comme pour le reste. Les mélodies seraient un fait initial lié à un des sentiments de la vie sociale. Ce qui expliquerait le caractère mystérieux et les effets si troublant de la musique. Elle est mystérieuse parce qu’elle est désapproprier de sa fonction première et qu’elle applique à des objets librement choisis par la fantaisie, un langage, qui, à l’origine, fut exclusivement celui de l’amour ; elle est profondément troublante parce qu’elle touche en nous l’instinct vital lui-même, l’instinct de reproduction et de progrès, et qu’elle réveille vaguement, à notre insu des associations d’idées qu’une très longue hérédité, avait fait passer dans le domaine inconscient. Deux êtres qui se cherchent ne veulent pas seulement  la reproduction et la conduite de la vie : ils veulent sa promotion vers le mieux et le plus beau. Or le progrès s’il existe réellement, doit être rattaché au plan même de la création, à un principe premier réglant l’évolution des êtres : l’expression musicale serait donc ramenée à un rôle grandiose et magnifique !

Ce que Darwin a voulu expliquer, c’est l’effet si troublant du langage des sons. Le point de vue social n’est pas le point de vue artistique, il oblige cependant à tenir compte de certains faits, alors même qu’une part d’erreurs y serait mêlée.

Tous les poètes anciens ont donné aux oiseaux le nom de « chanteurs ». Ils les ont même regardés comme des maîtres. Athénée dit que le poète Aleman s’était mis à son école. Lucrèce affirmait que l’homme les avait imités avant de savoir parler. 

La musique a le privilège d’exprimer ce qu’il y a de plus fondamental dans notre être intime : l’amour de la vie ; le désir de la prolonger et de la perpétuer, en la rendant meilleure et plus brillante. Sans amour, il n’y aurait pas d’art ; et l’amour est la manifestation principale d’une force universelle, où tous les sentiments sociaux sont inclus.

C’est si bon, le bain chaud

Au Japon, le Onsen (le bain chaud) n’est pas seulement une histoire de propreté, il est garant de pureté, de paix et d’harmonie ; il est aussi important pour le corps que pour l’esprit.

Voici une vidéo qui résume à elle seule l’esprit du Onsen, à l’image de ce groupe de singes qui apprécie visiblement le bain chaud.

Bienvenue à l’année 2021 !

Adieu l’année 2020, vive l’année 2021 !

Les grottes de Vallorbe en Suisse

Il faut remonter vers 1285 pour voir construire par le prieur de Romainmôtier1 le premier fourneau à fondre le fer qui marquera le développement industriel du vallon. Après avoir traversé le pont qui enjambe l’Orbe, nous arrivons au Musée du fer, il a pour but de faire revivre le passé métallurgique. 

Notre visite nous conduit aux grottes de Vallorbe. Quelques éléments à connaître avant d’aller plus loin : la naissance d’une grotte dépend de la nature de la roche, du climat et de la situation géographique. A une phase de formation succède une phase de développement. L’évolution ultérieure peut conduire à l’effondrement et au comblement de la grotte. Les grottes se forment très lentement par la décomposition de la roche sous l’action de l’eau, et s’infiltre progressivement dans les fissures de la roche.

La majorité des grottes est située dans des régions karstiques. Les grottes ne peuvent se développer que dans des conditions précises, au nombre desquelles figure la présence d’une roche soluble dans l’eau comme par  exemple le calcaire, la dolomie (variété de carbonate de chaux), ou le gypse (sulfate de chaux). Un paysage karstique est marqué par l’absence de rivières de surface dans lequel l’eau de pluie a creusé de nombreuses cavités.

Paysage karstique.

Selon le tableau représenté ci-dessous, il existe plusieurs formes de grottes, les galeries remplies d’eau, dites « noyées », dont la forme peut être elliptique, en canyon, ou sur faille. On trouve aussi des galeries en éboulement libre dont la taille varie selon l’âge de la galerie. 

Différentes galeries des grottes.

Les décorations des grottes sont composées de calcaire et prennent la forme de stalactites et de stalagmites. Pour les stalactites, c’est une concrétion allongée qui se forme à la voûte des cavités souterraines, provenant de l’infiltration d’un liquide tenant en dissolution des sels calcaires, siliceux, ferreux ou cuivreux dont chaque goutte se dépose sur la voûte de la grotte, formant un dépôt pour former des stalactites. Les stalagmites, c’est la concrétion mamelonnée qui se forme sur le sol de la grotte par évaporation des gouttes d’eau qui tombent de la voûte de la grotte. Les stalactites et les stalagmites peuvent se rejoindre pour former une colonne stalagmitique (voir illustrations ci-dessous).

Décoration de la grotte de Vallorbe : les stalactites et les stalagmites.

Visite des grottes de Vallorbe, Suisse.

Les illustrations et informations viennent des grottes de Vallorbe, Suisse. La vidéo est de J. Baby. 

  1. le plus ancien monastère de Suisse, il fut fondé au Ve siècle.
  2. Définition du mot lapiaz ou lapié : Le lapiaz est une formation de roches creusées par les eaux de pluie qui dissolvent la roche en terrain calcaire. 

L’école du Breuil et l’art du jardin

Fondée en 1867, par le préfet Haussmann, l’Ecole d’horticulture porte le nom de son premier directeur, Alphonse du Breuil. Aujourd’hui, cette école jouit toujours de son prestige, elle est accessible à tous (inscription sur dossier). L’école prépare également au concours de jardinier de la ville de Paris. A sa création l’école se situait sur la commune de Saint-Mandé. En 1937, elle est déplacée et implantée au sein du bois de Vincennes, à Paris et s’étend sur 23 hectares (la plus grande surface dédiée à l’enseignement du paysage).

L’école du Breuil forme essentiellement aux métiers de l’aménagement paysager : jardiniers, chefs de chantier, mais aussi chefs d’entreprise de paysage. L’actuel directeur de l’école, M. Renaud Paque donne des précisions sur la formation, elle forme les élèves à l’entreprenariat afin qu’ils puissent créer leur entreprise d’aménagement paysager.

Le directeur indique au sujet de ce lieu  : « Nous sommes une école d’arts et de techniques du paysage. Un jardin, c’est aussi de la création, nous développons beaucoup cet aspect du métier. Le développement durable et la biodiversité sont également au cœur de l’enseignement. Nous essayons d’avoir une gestion des jardins la plus responsable possible », précise-t-il. Enfin, l’école accorde une grande importance à la connaissance du végétal. Et M. Paque formule l’esprit de l’école du Breuil : « Nous avons traversé des décennies où le végétal n’était plus si important. Mais à l’école du Breuil, nous avons toujours maintenu le végétal au cœur de la problématique, c’est notre force ! »

L’école possède par ailleurs de magnifiques jardins entretenus par une équipe de 30 jardiniers qui encadrent également les travaux pratiques des élèves. Et la grande renommée de cette école permet aux élèves de participer aux journées des plantes du domaine de Courson, aux journées des plantes du domaine de Saint-Jean de Beauregard, aux projets de jardins des berges de Seine, à “l’Art du Jardin” du Grand Palais et à celui des Tuileries.

« Les jardins sont imaginés et mis en œuvre par les élèves, il s’agit de travaux pratiques pour eux ! » rapporte le directeur.

L’art du jardin japonais

La vidéo offre un jardin japonais dans son écrin de verdure : « un bijou de poésie mêlé d’harmonie et de sérénité qui nous transporte loin des tumultes de la ville. » 

Les jardins sont ouverts au public toute l’année, (les horaires d’été et d’hiver sont à voir sur le site de l’école du Breuil). 

Art des peintures murales tibétaines

Des déserts arides aux vallées encastrées du Tibet, le photographe, journaliste et écrivain américain Thomas Laird (né le 30 juin 1953) a arpenté pendant plus de dix ans ce vaste territoire en quête de peintures murales, souvent abritées — et dissimulées pour ne pas être détruites — dans des temples bouddhistes.

Classées au Patrimoine mondial de l’humanité, ces fresques tibétaines sont réunies pour la première fois en un seul volume — dont le « format sumo », publié aux éditions Taschen, permet de les reproduire en grand et de mettre en valeur certains détails. Ce livre (498 pages, 33 kg) rare et cher (10 000 euros) est destiné avant tout aux collectionneurs.

Thomas Laird a commenté pour le journal Le Monde une sélection de peintures extraites de cet ouvrage, véritable « alliance entre la technologie de la photographie contemporaine et les traditions millénaires ». La vidéo vous permet de vous immerger dans l’art des peintures murales tibétaines. Mais il est nécessaire de lire les explications ci-dessous se rapportant à chaque peinture pour en comprendre toute la signification.  

Art des peintures murales tibétaines.

Vous trouverez ci-dessous, la signification des peintures murales de la vidéo.

1

La reine Maya Devi et la naissance du Bouddha (XVe siècle), Toling, Dukhang, ou salle de réunion – 71 × 100 cm, détail

« La reine Maya Devi, qui porte un habit de style kasmerian, bien ajusté, donne naissance au futur Bouddha à l’âge de 50 ans. Sur cette représentation, on la voit s’accrocher à la branche d’un arbre pendant que Bouddha sort de son flanc (probablement par césarienne). En bas de l’image à gauche, le dieu Indra, reconnaissable aux nombreux yeux couvrant son corps, s’appelle le Mille-Yeux. De l’autre côté de Maya, l’une de ses dames l’aide à l’accouchement. »

2

Amoghasiddhi (début du XVIIe siècle) Jonang Puntsoling, Lhakhang principal, dernier étage – 206 x 287 cm`

« Amoghasiddhi, seigneur de la famille d’action, Bouddha du Nord, comme toujours représenté en vert, symbolise l’activité illuminée. Il est flanqué de deux gardiens bodhisattva. »

3

Le coin sud-est du dernier étage de la chapelle à Jonang Puntsoling avec Semnyi Ngelso se reposant, une première forme d’Avalokiteshvara (à gauche) et de Ratnasambhava (à droite)

« Au dernier étage du monastère de Phuntsholing  se trouvent des chefs-d’œuvre muraux supervisés par Taranatha (1575-1634), le savant le plus éminent de l’ordre controversé Jonang et figure majeure du Tibet de la fin du XVIe au début du XVIIe siècle. Durant la construction de Phuntsholing, il invita de nombreux artistes newar du Katmandou à faire des statues et à orner les murs de superbes peintures contemporaines indo-newar de style tantrique. Il employa aussi Punkyempa, un maître-peintre tibétain qui peignit des fresques murales très raffinées montrant des scènes de la vie de Shakyamuni, aussi bien que des portraits de Taranatha et de Dolpopa. »

4

Bouddha enseignant (début du XIVe siècle). Shalu Khorlam, Temple Prajnaparamita, 2e étage, mur de l’est – 148 × 275 cm

« Ce Bouddha affiche l’enseignement mudra sous un arbre de la Bodhi multicolore entouré de lumières arc-en-ciel et d’hôtes de bodhisattvas. Les feuilles orange semblent être la représentation exacte de celles de l’arbre de la Bodhi sous lequel Bouddha acheva son illumination. A l’arrière-plan, de chaque côté de lui se situent le soleil et la lune avec des joyaux triples enflammés. Dessous, trois bouddhas sont assis de chaque côté. »

5

Intérieur de la chapelle 2 W à Gyantse Kumbum avec bouddha Shakyamuni

« Shakyamuni est représenté ici dans la posture de l’enseignement. Au-dessus de lui, à sa gauche, se trouve Dharma Lord Buton (1250-1364) et à sa droite, le grand prêtre Drakpa Gyaltsen (1352-1405), tous les deux du monastère de Shalu. Ses longs lobes d’oreille indiquent qu’avant l’illumination, le Bouddha était le prince Siddhartha et portait des boucles d’oreille en or si lourdes qu’elles avaient étiré ses lobes. Ces derniers nous rappellent sa grande renonciation quand il quitta femme et enfant et tous les trésors de son palais et enleva ses boucles d’oreille en or pour prendre la route impliquant des années d’austérité et de méditation avant d’atteindre l’illumination. »

6

Le danseur Jataka – début du XIVe siècle. Shalu, Khorlam, 1er étage, mur de l’ouest – 104 × 155 cm

« Voici un chef-d’œuvre typique des peintures de style Newar de la vallée de Katmandou, peint par une école d’artistes népalais instruits par le grand maître Arniko (1245-1306). Ces peintures murales situées dans le khorlam (le grand corridor processionnel) du monastère de Shalu, sont les seules à grande échelle encore existantes. Autrement, ce genre d’art ne se trouve que sous la forme de thangka (des peintures de forme rectangulaire exécutées sur des toiles de lin, de coton ou parfois de soie imbibées de chaux et de gomme végétale ou animale), en grande partie à cause de la destruction par des tremblements de terre. Dans cette peinture, on distingue des douzaines de détails précis, fidèles à la réalité, de la culture newar. Ici : Jataka représente la fille de Bodhisattva. »

7

Dombini Verte et nue (milieu de 1460). Gongkar Chode, Kyedor Lhakhang, 1er étage – 81 × 53 cm

« La dakini verte elle-même est une figure secondaire dans l’entourage de l’une des grandes déités Yidam : Hevajra (Kyedor). Elle porte un chapelet et une couronne de têtes de mort, avec une auréole enflammée. Dans la main droite, elle brandit un vajra (un petit sceptre, marque de royauté et de puissance) tandis que de sa main gauche, elle fait un geste menaçant, tout en dansant sur un corps étendu, symbolisant ainsi la subjugation de l’ego dans la tradition tantrique. Elle danse dans un cimetière où un oiseau bizarre semblable à une chouette au sourire macabre se perche sur un corps disloqué à ses côtés. »

8

Intérieur de la chapelle 2 S b à Gyantse Kumbum avec Tara Verte Excellente Générosité ainsi que les statues de Tara Verte Khadiravanu flanquées de deux gardiens aux quatre bras. Marichi, à gauche, et Bhrikuti, à droite.

« Tara est un bodhisattva féminin, une divinité de la compassion. La couleur verte symbolise le vent — ce qui veut dire que Tara arrive rapidement quand les gens l’appellent à l’aide. Dans la mythologie grecque, on disait aussi d’Athena qu’elle arrivait en aide à la vitesse du vent à ceux qui faisaient appel à elle. »

9

Tara Verte Perfection de générosité (15e siècle. Gyantse Kumbum, Chapel 2 Sb – 235 × 286 cm

« Ici, la Tara verte (qui représente la générosité) est entourée d’autres formes de Tara de couleurs et au nombre de bras variés. La main droite relevée au niveau de l’épaule exhibe la Varada, symbole de protection. La main gauche au niveau du cœur forme la Vitarka-Mudrâ, posture de l’enseignement. Dans ses deux autres mains, elle serre un crochet très fin et une fleur de lotus utpala bleue. Elle est assise dans une posture de bodhissatva détendue, accompagnée par deux gardiens aux quatre bras : Marichi (à gauche) et Ekajati (à droite). L’un est rosâtre et paisible, l’autre bleu foncé et courroucé. »

Ouvrage :

Murals of Tibet : Photographies et introduction de Thomas Laird, avec la contribution des auteurs Robert Thurman, Heather Stoddard et Jakob Winkler – Editions Taschen, 2018.

« Murals of Tibet », limité à 998 exemplaires signés par sa sainteté le 14e dalaï-lama, « format sumo » 50 x 70 cm, 498 pages dont 6 pages dépliantes, imprimé en cinq couleurs dont l’or. Lutrin conçu par l’architecte Shigeru Ban, lauréat du prix Pritzker et pionnier de l’humanitaire. Volume explicatif illustré de 528 pages en complément. Le poids du livre avec son volume explicatif et son support  par Shigeru Ban pèsent 56 kilos (les deux ouvrages seuls : 33kg).

Edition collector au « format sumo », limitée à 998 exemplaires signés par sa sainteté le 14e dalaï-lama et accompagnés d’un lutrin créé par l’architecte Shigeru Ban, lauréat du prix Pritzker et pionnier dans l’aide humanitaire. Egalement disponible en deux éditions d’art (no 1 à 80), limitées à 40 exemplaires chacune et accompagnées d’un tirage.

THOMAS LAIRD,/TASCHEN, MURALS OF TIBET VOL. 2 P. 452

L’histoire de Ripaille

Nous allons vous faire découvrir l’histoire de Ripaille à travers deux personnages, dont l’un est né au XIVè siècle, il s’agit de Amédée VIII, et l’autre au XIXe siècle, il s’appelle Frédéric Engel-Gros. Les traits communs de ces deux hommes sont la sagesse, l’humanisme et la générosité. Ils sont tous deux issus de grandes familles : Amédée VIII appartenait à la Maison de Savoie dont les membres étaient des évêques et des comtes ; F. Engel-Gros était associé à la famille industrielle des Dollfus. Ils ont vécu tous deux dans le château de Ripaille à quatre siècles de distance. Nous retracerons dans cet article, les grandes étapes de leur vie dans l’histoire de la France.

Ripaille, la résidence d’une princesse, Bonne de Bourbon

L’oeuvre de Ripaille fut celle de Bonne de Bourbon, la grand-mère de Amédée VIII. La gent féminine de la branche familiale avait été élevée dans le goût du luxe, toutes ces princesses étaient nées dans de splendides demeures. Bonne de Bourdon s’installe à Ripaille en 1377.

Un tragique événement va mettre un terme à sa résidence, par la mort accidentelle de son fils en 1391.

Amédée VIII, petit-fils de Bonne de Bourbon

Amédée1 enfant était atteint d’une maladie grave, il fut confié à l’âge  de dix ans à des hommes pour parfaire son éducation. Il était devenu un homme simple et pieux. Il avait bon esprit et avait l’habitude du travail intellectuel. Il était reconnu pour sa sagesse précoce avec un grand caractère, homme pacifique, il savait aussi défendre ses droits par la force des armes, tout en laissant une porte ouverte à la négociation. Il était adroit administrateur, dirigeait ses domaines en bon père de famille. Il conseillait à ses enfants « d’être juste sans sévérité excessive, d’éviter la vengeance, d’aimer le peuple sans l’accabler d’impôts, de protéger les bons, de fuir la guerre et de veiller constamment au maintien du bon ordre ». Il disait aussi à ses fils de fuir l’orgueil, l’avarice, la luxure, la gourmandise et les autres vices. 

Médiateur efficace, il est reconnu par la Sérénissime République de Venise et par le roi de France dès 1410. Amédée VIII prépara le traité d’Arras qui scella la paix du roi de France et du duc de Bourgogne en 1435, ce qui permis de chasser les anglais hors de France2.

La construction d’un monastère à Ripaille

La véritable raison de cette oeuvre pieuse, a été sciemment oubliée, pour éviter des souvenirs trop pénibles. Les témoins du drame de Ripaille étaient au côté de Amédée VIII pour célébrer la mémoire de son père, mort à l’âge de 51 ans, des suites de ses blessures. Amédée plaça le couvent sous l’invocation de Notre-Dame et de Saint Maurice. 

Amédée VIII voulut être en phase avec sa foi, il entreprit de donner le domaine de Ripaille avec toutes ses dépendances, notamment « la maison ou manoir » sur une grande étendue en dehors des murs d’enceinte. Il offrit une dotation de 1 000 florins d’or de revenus et installa le mobilier nécessaire à la vie monastique. Amédée traversa les épreuves de la vie par la mort de ses enfants et de sa femme morte en couches en 1422. La souffrance l’attachait à cette terre, il s’habitua à l’idée de finir ses jours dans cette paisible retraite. Mais il faudra attendre, car son fils louis3 n’est encore qu’un adolescent. Le 1er janvier 1432, Amédée marie son fils Louis âgé de 19 ans, avec Anne de Chypre4.

Une tentative d’enlèvement5 contre Amédée VIII assombri son projet de retraite. Il choisit de se retirer mais de conserver la direction de ses affaires. 

La construction du château de Ripaille 

Lorsqu’on entre par la grande porte d’entrée, on se trouve dans la cour actuelle du château de Ripaille. A gauche, l’église et les dépendances du prieuré fondée par Amédée VIII. Au fond, la grande tour de vieille porte, élevée par Bonne de Bourbon, à droite, les débris de la résidence de la princesse, c’est là que le château sera édifié par Amédée VIII.

Amédée peut enfin prendre sa retraite le 16 octobre 1434. Il allait partager sa solitude avec les religieux, mais Amédée savait garder son indépendance. Une tour, détruite depuis, et un pont-levis appelé « l’heureux pont » furent construits pour accéder à la grande place. Le visiteur devait attendre devant la grande place l’autorisation d’entrer. Une autre entrée existait au sud-est pour se rendre au parc, appelée « la porte des palissades ». 

Les chanoines avaient aussi leur accès bien gardé, par des fossés et un pont jusqu’au XVIè siècle, des clôtures de bois délimitaient leur domaine. Le bâtiment a une façade de 104 m et à l’époque était flanqué de sept tours circulaires incorporées dans la muraille et lui donnait une architecture féodale avec ses fossés, son pont-levis et ses meurtrières (voir croquis de la restitution de l’état d’origine du château, vers 1339). Aujourd’hui, de ces sept tours, il n’en reste plus que quatre, dont chacune correspond à un appartement. De ces sept logis se trouvait agencé un jardin, indépendant les uns des autres par des clôtures. La plus haute tour était habitée par le doyen des chevaliers de Saint Maurice, appelée depuis, « la Tour du pape Félix ». La construction fut terminée en 1439. 

L’ermite devenu pape

Lorsqu’il pris sa retraite, Amédée avait choisi la neutralité. Il ne prit pas position, mais la situation évolua, car il fut question du projet d’unir les deux églises (catholique et protestante) pour réformer le Concile6. Eugène IV, pape, pris pour prétexte que pour favoriser l’entrevue, il devait transférer le Concile dans une ville italienne. Des membres du Conseil et Amédée décidèrent de soutenir le projet des Pères, le lieu du Concile serait Avignon. 

Eugène IV refusa, les Pères résistèrent et désignèrent Bâle ou une ville de Savoie ou encore Avignon. Eugène IV, désigna Ferrare, en Italie. Entre temps, il avait déjà persuadé les Grecs installés à Constantinople de le suivre en Italie. L’ambassadeur Nicod de Menthon, venu de Savoie essuya un échec. A son retour, les Pères voulurent se venger. Ainsi Amédée était devenu partisan du Concile. 

Des ecclésiastiques adversaires du pape Eugène IV, persuadèrent Amédée qu’il devait être l’arbitre de la chrétienté. Quand les Pères de Bâle vinrent à Ripaille prier Amédée de ratifier son élection, il exprima le désir de conserver sur le trône pontifical le nom glorieux de sa famille. Les rapports entre Bâle et Ripaille se resserrent, mais à la suite de l’excommunions d’Eugène IV, les rapports devinrent tumultueux. Les modérés quittèrent l’assemblée. Les autres amoncelaient les accusations contre le souverain pontife. Il fut déposé par les Pères de Bâle le 25 juin 1439 (34è session).

A Ripaille, Amédée déclarait être resté fidèle à l’Eglise. Laquelle ?. C’était l’acte diplomatique par excellence, destiné à faciliter ses rapports avec le Saint-Siège. 

L’élection du pape Félix V

Le Concile de Bâle, le 29 octobre 1439, désigna les électeurs appelés à élire le successeur d’Eugène IV : sur les trente-trois électeurs, vingt-six votèrent pour Amédée, soit deux tiers des suffrages pour l’élire pape. D’après le compte-rendu, les ambassadeurs du Concile de Bâle furent reçus par le duc de Savoie, celui-ci resta muet, l’assemblée supplia le pieux Amédée de sauver l’église. Amédée parut hésité, il implora un délai à demi-agenouillé devant les membres du Concile. On le pressa, l’acceptation devant se faire sous les 24 heures après la notification de l’élection. Mais de cette scène, les détracteurs7 du duc de Savoie y ont vu une mascarade, car Amédée avait eu le temps de se préparer, et connaissait depuis longtemps la décision du Concile de Bâle. Le nouveau pape n’avait pas négligé l’obédience et les revenus. On lui promit la libre disposition des biens de l’Eglise avec la faculté des hypothèques. 

Pourtant, Amédée VIII avait des partisans, le cardinal d’Arles et Jean de Ségovie8, écrivirent que le duc de Savoie était devenu anxieux et triste en apprenant son élection comme pape. Le procès-verbal officiel mentionna l’hésitation et protestations du duc de Savoie et déclara qu’il avait accepté la tiare pour sauver la chrétienté9

Le 18 décembre 1439, une grande fête fut donnée à Thonon, pendant deux semaines au frais du Trésor. Le nouveau pape profita de cette occasion pour émanciper son fils, Louis, en le nommant duc de Savoie. Amédée devenu « Félix V », le nouveau pape part rejoindre ses électeurs à Bâle. Il arriva le jour de la Saint-Jean-Baptiste, commença une retraite et reçut les ordres sacrés. 

Le 24 juillet 1440, toute la ville de Bâle assiste au couronnement du pape Félix V. Faut-il y voir un triomphe ou une illusion ? La réalité est la lutte avec Rome. Elle se fera avec l’appât de l’argent. Certains princes profitent de la cacophonie de l’Eglise pour faire avancer leurs affaires en se vendant au plus offrant. 

L’abdication du pape Félix V 

Les deux papes furent excommuniés, l’un, Eugène IV par le Concile de Bâle, l’autre, Félix V, par l’Eglise de Rome.

Du côté de la France, Charles VII refusa d’adhérer à cette élection. Pire encore pour Amédée, le Concile de Bâle autorisa la levée d’une cinquième denier sur les bénéfices ecclésiastiques pour subvenir aux dépenses du nouveau pape et les cardinaux en demandèrent la moitié. Amédée comprit qu’il devait sauver sa fortune, la situation pouvait paraître difficile pour certains, mais Amédée utilisa la diplomatie pour résoudre cette impasse. Des négociations eurent lieu et le roi de France joua un rôle de pacificateur. Cette lutte devait durer dix ans. Eugène IV mourut avant que la paix fut annoncée. 

Le vieux sage Amédée et par l’influence de la France, le 7 avril 1449, l’élu du Concile de Bâle abdiqua à Lausanne, dans le couvent de Saint François. Félix V, était devenu le cardinal de Sainte Sabine (premier derrière le pape) et gardait ses prérogatives de ses États de Savoie, en Suisse de son ancienne obédience. 

Le vieil homme ne trouvera pas le repos qu’il avait cherché quelques années auparavant, il mourut comme il avait vécu, en travaillant. Le 7 janvier 1451, il rendait son dernier soupir à Genève. On transporta sa dépouille à Ripaille. La mort de Amédée VIII, Félix V, pape, marque le point culminant de la grandeur de Ripaille. Cette période essentiellement pacifique pour la maison de Savoie et de son peuple. 

le déclin de Ripaille et les guerres de religion  

Au début du XVIè siècle, les descendants d’Amédée VIII vont devoir affronter un grave périple : les guerres de religion s’abattent dans le Chablais. Les héritiers de Ripaille ne furent pas aussi avisés, ils crurent bon de rompre avec une politique pacifique d’Amédée VIII qui avait tout fait pour sauvegarder la paix. La population dans le Chablais souffrait de la famine10. Ripaille devenait un champ de bataille, les alliances avec les Suisses, les Lanquenets, les Français et les Genevois firent du château de Ripaille un brasier. Ripaille fut détruit et brûla pendant trois jours. 

Les Chartreux s’installent au château de Ripaille  

Le temps fit son oeuvre, après  douze ans de guerres, L’ancien prieuré va à la couronne de France. Ripaille renaîtra sous la main pieuse des Chartreux11. L’installation des Chartreux à Ripaille  en 1624, corroborait le programme catholique établit par Charles Emmanuel, duc de Savoie. Un plan de Ripaille fut dressé par Boldrino après 1733 (archives de Ripaille). Les Chartreux occupaient le château d’Amédée VIII sur l’autorisation du prince de Savoie. L’enclos de Ripaille représentait 128 hectares, la construction du prieuré, la scierie, les champs, les prés, le moulin et la forêt. 

Les moines avaient peu de ressources, ils devaient se défendre pour arriver à vivre notamment en vendant la farine de leur moulin, ce qui occasionna de la part des syndics de la ville de Thonon une protestation12. Les moulins communaux souffraient de cette concurrence. L’affaire fut arranger à l’amiable. Les Chartreux entreprirent une requête auprès de Genève contre les habitants venus couper le bois de hautes futaies. L’eau qui servait à alimenter le moulin à Ripaille n’était pas desservie pour les nombreux riverains, des contestations éclatèrent pour l’utilisation de cette canalisation, un privilège qui remontait au 20 mai 141613

Au temps d’Amédée VIII, Ripaille était mêlée à la vie intellectuelle et matérielle de la population. Au XVIIè siècle, après les guerres de religion, les Chartreux sont isolés de la population, ils cultivent pour se nourrir mais ils ne sont plus mêlés à la vie de la cité qui décroît par l’abandon des princes. 

La Révolution et Ripaille

A la Révolution, la Savoie est réunie à la France sous le nom département du Mont Blanc et le général Montesquiou par une occupation pacifique et une décision de l’assemblée nationale des Allobroges, le 26 octobre 1792, confisqua les biens du clergé14.

Ripaille devenu propriété nationale, les biens de ferme furent loués pour éviter les vols, seul le parc fut utilisé pour un service public. Il fut décider de vendre le domaine. De la splendeur passée de Ripaille, il ne reste que des ruines, seule la forêt est encore debout avec ses chênes et ses bosquets qui ont échappés à la coupe. Les terres sont très bien cultivées. 

C’est le général Dupas, militaire savoisien, qui achète Ripaille pour 275 000 Frs par contrat du 10 avril 1809. C’est là qu’il prit sa retraite et y mourut à l’âge de 62 ans, le 6 mars 1823. La famille Dupas conserva Ripaille jusqu’en 1892, à cette date Ripaille est en vente.

Un grand industriel s’éprend de Ripaille

Le nouveau propriétaire, se nomme Frédéric Engel-Gros15, il est né à Mulhouse et membre associé d’une grande famille d’industriels, les Dollfus16.

Le grand-père, le père et le fils sont associés, ils étaient complémentaires en ce qui concerne leur méthode de travail. F. Engel-Gros partage les intérêts et les goûts de ceux d’utilité publique et des beaux arts. Il succédera à la tête de l’ « Association pour prévenir des accidents de machines industrielles » et sera nommé président d’honneur pour la France du Comité permanente des Congrès internationaux des Assurances sociales. L’attitude de ces industriels mulhousiens est liée à a religion calviniste qui imprègne les mentalités et la vie sociale de la cité.

Une pensée particulière va naître, celle d’en finir avec les révolutions des XVIII et XIXe siècles et les guerres, et de passer de l’âge théologique et féodal à l’âge positif et industriel. C’est l’idée de Claude-Henri de Rouvroy de Saint Simon. Il préconise l’esprit d’entreprise, l’intérêt général, la liberté et la paix. Saint Simon va avoir une influence chez les industriels mulhousiens notamment lorsqu’en 1870, la Prusse conquiert l’Alsace et beaucoup de Mulhousiens, refusent d’adopter la nationalité allemande dont Frédéric Engel-Gros. C’est l’exil et il se réfugie à Bâle d’où il pouvait gérer ses usines. 

Il existe un lien profond qui unit le château de Ripaille aux deux personnages avec l’histoire de la France. Engel-Gros est un industriel qui a travaillé pour le bien commun et Amédée VIII par sa foi catholique, a le goût du partage avec les humbles.

F. Engel-Gros avait un oncle à Genève. Les Dollfus possédait une villa à Evian. Aussi cherchait-il a s’installer dans les environs, Ripaille était à vendre. Ainsi, il achète le château aux héritiers du général Dupas en 1892. Il ne restait que des ruines de Ripaille, les anciens propriétaires par faute d’argent n’avaient pu faire les réparations nécessaires et à la fin du XIXè siècle, le domaine avait été dispersé. 

La renaissance de Ripaille

 F. Engel-Gros va racheter l’ensemble des terrains qui constituait Ripaille. La reconstruction durera de 1892 à 1908. F. Engel-Gros mandate Max Brochet17. La méthode utilisée est celle de l’analyse à l’aide des sources documentaires couplée avec de minutieuses observations archéologiques. Les archives départementales de la Haute Savoie serviront à l’analyse architecturale de Ripaille. 

Après une campagne de relevés et de photographies, le chantier de Ripaille fut confié aux architectes Frédéric de Morsier, puis Charles Schüle et Seltzer, de Mulhouse en 1894.

F. Engel-Gros est un industriel du textile et il allie son travail avec celle de la beauté, pour devenir par la suite un collectionneur d’art de dimension européenne. Il avait le goût de son époque, c’est-à-dire, l’Art nouveau qui fut la marque de la restauration intérieure de Ripaille et pour ses jardins, il adopte le style paysager, il achète des terrains éloignés du château pour dégager la vue. En 1899, l’industriel finance le quai de Ripaille pour fermer la petite route qui longeait le château. En 1903 à 1914, un jardin à la française est réalisé à l’emplacement de l’ancienne église de la chartreuse de Ripaille. Le puits médiéval fut réhabilité lors des travaux de rénovation. 

Frédéric Engel-Gros était un grand industriel et il possédait le plus grand yacht privé de son temps, « la Dranse », bateau à vapeur qui a navigué sur le Léman au début du XXe siècle.

En 1905, F. Engel-Gros démissionne de la société DMC pour se consacrer à sa propriété au bord du lac Léman. La première guerre mondiale éclate en 1914, F. Engel-Gros va aider financièrement des familles endeuillées du Chablais. Il meurt à Bâle en avril 1918. 

Ripaille au XXIe siècle

Ses quatre enfants continueront l’oeuvre entreprise par leur père. René et André ont hérités des goûts artistiques de leur père. André devient ingénieur forestier et crée l’arboretum de Ripaille.

Ripaille possède une vieille forêt qui s’étend sur 53 hectares près de laquelle se trouve un arboretum-sylvetum qui possède une collection d’arbres composés de différentes essences, plantés de 1930 à 1934 sur 19 hectares par André Engel ; partant de la maison forestière il vous permet d’accéder à la clairière des Justes, Mémorial élevé en hommage à ceux qui ont sauvé du génocide de nombreuses vies humaines durant la Seconde Guerre mondiale. 

Visite de l’Arboretum et la clairière des Justes

La fille d’André, Elisabeth Engel-Necker, hérite du domaine et créera la Fondation de Ripaille (1976), reconnue d’utilité publique, soutenue par le Conseil Départemental de la Haute-Savoie et par la Ville de Thonon-les-Bains, pour la conservation, la valorisation et l’animation du château et la préservation de l’environnement.

Aujourd’hui, une grande partie du domaine de Ripaille (120 ha) appartient au domaine privé. Les autres propriétaires sont la Fondation Ripaille qui possède le château et quelques terrains autour du château.

Notes et références :

  1. Duc de Savoie, né le 4 septembre 1383 au château de Chambéry, meurt à Genève le 7 janvier 1451.
  2. Ouvrage Histoire de Savoie par Guichenon, Tome 2, (p. 37 à 56).
  3. Louis 1er de Savoie, né en 1413, meurt le 4 janvier 1465.
  4. Anne de Lusignan, fille de Janus, roi de Chypre, ouvrage de l’Histoire de Savoie ( p.136 à 137) de Charles Dufayard, 1913, source BNF.
  5. Aynard de Cordon, seigneur des Marches et Antoine de Sura après condamnation de leurs brigandage, voulurent se venger en enlevant Amédée VIII pour le livrer au comte de Clermont, ouvrage de l’Histoire de Savoie (p.150) par Charles Dufayard.
  6. Assemblée d’évêques et de docteurs pour statuer sur des questions de doctrine, de discipline
  7. Jean, comte d’Angoulême et le général des Chartreux, selon Guichenon, ouvrage de Histoire de Savoie (p.314).
  8. L’excommunion par Eugène IV contre Amédé VIII, par Jean Ségovie (p.483).
  9. Procès-verbal, par J. Phillippi Bergomensis.
  10. Témoignage de l’ambassadeur vénitien Vendramin de passage dans la région a vu sur les routes des gens inanimés ayant encore à la bouche une poignée d’herbe (Trente mille personnes sont mortes de faim dans le Chablais).
  11. Le traité de Lyon et de Saint Julien entre le duc de Savoie et le roi de France, du 17 janvier 1601.
  12. Délibération du 17 juin 1705. Mémoires de l’Académie chablaisienne, Tome XV (p.128).
  13. Archives de Ripaille.
  14. Article 19 de l’arrêté du Conseil général du département du Mont Blanc du 28 mars 1793 publié dans Lavanchy, le Diocèse de Genève (Annecy 1894, Tome 1er (p.166).
  15. F. Engel-Gros est né le 3 novembre 1843 et meurt à Bâle le 19 avril 1918.
  16. Dollfus, Mieg & Cies, la célèbre firme DMC, fondée à Mulhouse par Jean-Henri Dollfus en 1746.
  17. dont l’étude historique de Ripaille a été largement dévoilée dans son ouvrage « château de   Ripaille » (disponible dans Gallica de la BNF).
Visite du château de Ripaille à Thonon s/Léman

Ouvrages et articles de presse :

  • « Histoire de la Savoie, les origines à 1860 » par A. Perrin (disponible dans Gallica, BNF).
  • Article : « nouveau regard sur le château de Ripaille, ancienne résidence des ducs de Savoie » par Louis Necker. 
  • « Château de Ripaille » par Max Bruchet (avec annexes des preuves historiques sur les événements de la Maison de Savoie. 
  • Le messager, article de Yvan Strelzyk « Pourquoi de grands industriels alsaciens sont venus s’installer au bord du Léman », actualité du Chablais du 12 septembre 2013.
  • Article : Mémoire mulhousienne  « la famille Engel », industriels et philantropes » par Nicolas Stoskopf, Maître de conférence à l’Université de Haute-Alsace et responsable du CRESAT.
  • Site : Ripaille.fr

L’avènement des maîtres de la soie en France (2è partie)

Quel impact socio-économique des nouvelles inventions du tissage d’étoffes et de la soie ?

Sous François 1er, Lyon devint « la grande Fabrique » de la soierie lyonnaise. En 1750, Jacques Vaucanson va créer une machine semi-automatique, il sera chargé d’établir une manufacture royale à Aubenas (Ardèche). Il installera d’autres moulins à Romans (Drôme) et la Sône (Isère). Cette invention va donner un essor important à la sériciculture. Mais la Révolution française supprime les privilèges octroyées aux tisserands et va dissoudre les corporations par la Loi le Chapelier. La Convention de 1793 mettra un coup d’arrêt au commerce de la soie à Lyon. 

Il faudra attendre le début du 19è siècle, à la faveur de 1er Consul Bonaparte, pour que Lyon redevienne la capitale de la soie. En 1804, Jacquard7 invente le métier qui porte son nom. Le motif est réalisé à partir de cartes perforées et le système est actionné par une seule personne. On en dénombre 15 000 en 1815. Les moulins à fuseaux verticaux vont remplacer les moulins Vaucanson.

Les nouvelles techniques vont permettre la création d’emplois d’ouvriers-tisseurs dans la ville de Lyon. Ils sont au nombre de 30 000 personnes et travaillent dans les ateliers situés à la Croix rousse, sur les hauteurs de la ville. Le salaire est de 4 à 6 Francs par jour. Mais en 1831, une crise économique va engendrer une grave crise sociale : le salaire n’atteint pas 1 Franc par jour ! ; c’est le soulèvement des ouvriers-tisseurs. 

Dans la région Rhône-Alpes l’élevage du ver à soie fait vivre toute la population : « Un hectare de mûrier rapporte 600 francs contre 262 pour la vigne ». Lyon reste le maître d’oeuvre où l’on passe commande.

Grâce à la révolution industrielle, les régions productrices de cocons vont se développer rapidement. On dénombre dans l’industrie de filature, 600 filatures dans les Cévennes et le moulinage dans le Vivarais (Ardèche). On manque d’ouvriers pour faire tourner les machines. L’homme attaché à la terre, répugne à cette besogne et laisse les femmes et les enfants travaillés dans les manufactures à filature ou plutôt les usines-couvents, au vu des conditions auxquelles étaient soumises les femmes et les enfants. 

En 1850, dans la Drôme, on planta jusqu’à 5 millions d’arbres, dont 20 000 arbres sur la petite commune de Saillans ! 

Pourquoi la sériciculture française n’a-t-elle pas pu prospérer ?

Plusieurs causes peuvent être avancées pour répondre à cette question. En 1853, la récolte française de cocons de soie est de 26 millions de kg, c’est-à-dire 2 200 tonnes de soie grège. Mais bientôt, une maladie du ver à soie (la pébrine) va décimer la production. En 1865, la production chute à 5,5 millions de kg, malgré l’application de la méthode de Pasteur sur le grainage cellulaire8 .

L’élevage du ver à soie ne fait que décroître avec l’ouverture du canal de Suez (1869). En Asie, la seconde guerre de l’opium (1856 à 1860) oblige la Chine a commercé avec les Anglais et les Français ; les  ports “ouverts” ne progressent pas aussi vite que l’ont espéré les marchands de soie. Les maîtres de la soie lyonnais tenteront de développer la sériciculture en Indochine.

La deuxième guerre mondiale va mettre un terme à la production de soie française. Depuis le XVIIIè siècle, l’industrie lyonnaise a toujours su garder des liens avec les régions productrices asiatiques. Ainsi, elle renoue ses relations avec la Chine et le Japon dont l’industrie s’est modernisée après les guerres coloniales. Et, avec le marché de fabrication artisanale de la soie fait entièrement à la main en Asie du Sud-Est, notamment au Vietnam et au Cambodge, Lyon peut relancer ses activités.

Aujourd’hui, que reste-il de la sériciculture française ?

La magnanerie de Saillans située entre Vercors et Provence, est le seul établissement centré sur l’élevage de vers à soie, un lieu unique en Europe. Autre lieu incontournable en la matière. 

l’atelier-musée de Pierre Lançon, cinquième génération d’une famille de mouliniers, les Lacroix. Pour cela rendez-vous chez Pierre Lançon qui nous servira de guide pour visiter son atelier, devenu musée depuis 1987. Cet atelier-musée était autrefois une magnanerie (terme provençal “magnau”, qui veut dire ver à soie), filature et moulinage. Toutes les machines de ce lieu ont été restaurées et sont en état de marche.  

Aujourd’hui, la France ne dispose plus d’usine de filature industrielle, la dernière a été reconvertie en lieu culturel, il s’agit du Mazel dans le Gard. 

Les maîtres de la soie en France avaient un rêve à conquérir, des milliers de personnes ont contribuées à ce rêve comme les ouvriers-tisseurs, les fileuses, les tisserand(e)s, les éducateurs de magnanerie, les couturières,  les inventeurs…, tous artisans de ce rêve, qui s’est payé au prix de la vie humaine lors de la crise sociale ! Ces artisans nous ont transmis des chefs d’oeuvres, à voir encore aujourd’hui à Lyon. Si la soie française n’est plus, quoi qu’il en soit, la soierie lyonnaise conserve le titre de capitale de la création.

Mise à jour de l’Avènement des Maîtres de la soie en France :

Vidéo 1 – Musée des tissus et de la soie

Vidéo 2 – L’apogée et le déclin de la sériciculture en France.

Vidéo 3 – Usine de filature dans les Cévennes au XIXè siècle.

Recherches sur le sujet et montage vidéo, de l’auteur.

7. Joseph-Marie Jacquard, né en 1752 à Lyon, mort en 1834.

8. C’est en 1865, que Pasteur met au point sa méthode de sélection systématique des femelles pondeuses : seules les oeufs non contaminés sont retenus.

Pour en savoir plus : 

Livres et lieux ouverts au public sur le sujet :

  • Les industries de la soierie de Jean Vaschalde, collection « Que sais-je ? » PUF, 1972. 
  • Au fil de la soie, Elisabeth Cossalter et Jean-Marc Blache, édition Didider Richard, 1996.
  • Musée Olivier de Serres, domaine du Pradel 07170, Mirabel
  • L’Atelier de soierie, 33, rue Romarin, 69001 Lyon (vers place des Terreaux)
  • Maison des Canuts, 10-12 rue d’Ivry, 69004 Lyon
  • Musée des tissus, 34 rue de la Charité, 69002 Lyon
  • Office du tourisme, place Bellecour, 69002 Lyon
  • Association « Soierie vivante », 21, rue Richan, 69004 Lyon
  • Institut Textile Français, avenue Guy de Collongue, 69130 Ecully

Livres de recherches scientifiques sur le sujet  :

  • Art, luxe et industrie, Bianchini Férier, un siècle de soieries lyonnaises, 1888-1992.
  • Claude-Joseph Bonnet (1786-1867) – Histoire, Société des Etablissements Textiles Bonnet, Lyon, Soieries-Textiles.
  • La « Grande Fabrique » lyonnaise est une des plus grandes « industries » françaises du 18è siècle, mais elle a conservé une organisation de forme artisanale…
  • La soierie lyonnaise du 18è au 20è siècle dans les collections du Musée des tissus de Lyon, Bouzard Marie (publication année 2000)
  • Une proto-industrialisation décalée : la ruralisation de la soierie lyonnaise dans la première    moitié du 19è siècle, Pierre Cayez, revue du Nord, année 1981 (résumé)
  • Réseaux d’influences et stratégie coloniale. Le cas des marchands de soie lyonnais en mer de    Chine (1843-1906), Jean-François Klein, année 2005, revue d’histoire.

Aujourd’hui où trouver de la soie de haute qualité :

Au Cambodge :

L’avènement des maîtres de la soie en France (1ère partie)

L’arbre d’or1  

« Cet arbre, est pour l’homme un des plus utiles qui existe ». C’est en ces termes que l’agronome français, Olivier de Serres 2 va proposer l’élevage du ver à soie à Henri IV.

Les feuilles de cet arbre va servir à alimenter le ver à soie ; un papillon appelé Bombyx mori qui n’existe pas dans la nature et domestiqué par l’homme. 

Pour comprendre ce projet incroyable, revenons plusieurs siècles en arrière. 

Comment l’élevage du ver à soie est-il arrivé jusqu’en Occident ?

L’activité de la soie en Chine, est datée de 1500 avant notre ère, sous la dynastie Zhou3 l’élevage du Bombyx mori prend son essor. La sériciculture vient de naître.

Au VIè siècle, l’empereur d’Orient, Justinien4 dépêche deux moines en Asie, pour connaître le secret de la production de la soie. A leur retour, les deux moines dissimulent dans leur bâton en bambou, des vers à soie. Le secret était dévoilé ! Mais la production de l’Occident ne mis pas un terme au commerce avec la Chine qui utilisait la soie5 comme monnaie d’échange avec les étrangers.

Quel pays européen développa l’industrie de la soie ? 

L’industrie de la soie en Europe trouve son origine en Italie. « En 1309, le pape Clément V, français d’origine, fuit l’Italie et transfère le Saint-siège à Avignon. Les artisans Italiens apporteront l’industrie du moulinage6 en 1466, à Avignon, le Forez et Lyon en 1537. Les premiers moulins portent le nom de piémontais (Région située au nord-ouest de l’Italie). 

C’est sous l’impulsion de l’agronome Olivier de Serres, que la sériciculture française prendra réellement son essor au XVIIè siècle. 

La production de la soie va être encouragée en plantant des mûriers. La motivation de la cour de France, est de vouloir disposer de production de soie suffisante et à faible coût. Le lieu devait être choisi en fonction de l’élevage du ver à soie, là où il peut se développer. Malgré la misère, les épidémies et les guerres de religion incessantes, le royaume de France sous Henri IV, était un des plus peuplés d’Europe. Avantage indéniable pour la reconstruction du pays. 

Mais pourquoi avoir choisi la région Rhône-Alpes pour créer l’élevage du ver à soie ?

Les objectifs assignés par le pouvoir royal eurent le mérite d’être clairs et soutenus par de remarquables conseillers. Barthélémy de Laffemas, qui présenta au roi un vaste programme mercantiliste de développement du commerce et manufactures, anima la commission du commerce et participa à l’établissement de nombreuses manufactures, verreries, tissages de toiles et de la soierie. Les riches marchands et financiers furent mis à contribution. Le roi Henri IV donna l’exemple, en faisant distribuer à ses frais, le livre « le Théâtre de l’Agriculture de Olivier de Serres ». Les manufactures aidées par les subventions et des primes, concurrencèrent les importations coûteuses de soieries, de draps d’or et d’argent. 

Si pour Paris, Orléans et Tours, le projet fut un fiasco, c’est un succès en Languedoc et en Dauphiné qui permirent les progrès des soieries lyonnaises. 

Un hiver très rigoureux dans les Cévennes, mis à mal les châtaigneraies qui périrent à cause du gel. La récolte des châtaignes qui engendrait une économie de subsistance cèdent la place aux mûriers qui suscita une économie de marché et donnèrent un essor important à la sériciculture. 

Recherches sur le sujet et liens de J. Baby ainsi que le montage vidéo.

  1. Le mûrier appelé ainsi au XVIè siècle, le nom scientifique « Morus alba », originaire de Chine.
  2. Olivier de Serres (né en 1539, mort en 1619), l’auteur d’un écrit « Théâtre de l’Agriculture », édité en 1600 sous l’impulsion de Henri IV, roi de France.
  3. Dynastie Zhou, XIè siècle avant notre ère.
  4. Justinien succède à son oncle Justin 1er en 527. Il entreprend de reconstituer le grand empire romain. 
  5. La soie Jin, son prix est égal à celui de l’or.
  6. Le moulin sert à augmenter la résistance de la soie pour être tissée, en lui faisant subir une torsion.

Pour des bagatelles

La Roseraie de Bagatelle de Paris 

Le projet de la création de la Roseraie de Bagatelle date de 1880, mais dans les faits, il se concrétisa en 1906. Un collectionneur et spécialiste, M. Gravereaux, écrivit à M. Forestier, conservateur des promenades de Paris, pour offrir ce qu’il avait de plus beau dans sa roseraie de l’Haÿ.  

Ce sont 1 500 espèces et variétés de roses qui furent envoyées à la ville de Paris, le 17 janvier 1906. Bagatelle se dota de ce qui existait de meilleur en matière de roses et permis de dessiner et de mettre en place les collections de la Roseraie de Bagatelle. Parmi ces rosiers, les rosiers sarmenteux pour garnir les treilles, piliers ou arceaux ; d’autres variétés sur tiges ; des rosiers remontants, des hybrides de thé, de floraison continue et pour la beauté de leurs fleurs. 

De cette collection, une sélection de rosiers de toutes les parties du monde qui au fil du temps évolua selon le goût des collectionneurs. Les jardiniers de la Roseraie oeuvrent pour maintenir cette collection au plus haut niveau. Le classement de ces rosiers est basé sur des données scientifiques et a permis de ranger par ordre plus de 10 000 pieds.

A Bagatelle, on peut admirer le travail des jardiniers qui maintiennent la Roseraie telle qu’elle a été conçue : avec ses lignes bien tracées, bien régulières, elle a la forme d’un rectangle à ses parties extérieures divisées dans le sens de la longueur et de la largeur, par des allées très droites. 

Ces allées permettent d’avoir des plates-bandes rectangulaires, à angles très prononcés. Les lignes du milieu sont bordées de piliers en fer de 4 m de hauteur, recouverts de rosiers sarmenteux. La partie médiane de la Roseraie, est réservée aux roses nouvelles. La disposition des roses est mises en valeur, par l’encadrement qu’elles offrent dans les grands rectangles. La treille du fond, enchante tout particulièrement le regard, par les luxuriantes guirlandes de roses qui offre un spectacle grandiose et féérique. 

La création du concours de roses chaque année au mois de juin a pour but de mettre à disposition des visiteurs les rosiers nouveaux, cultivés en plein air, pour connaître les qualités et les défauts de ces rosiers, à cultiver dans leur jardin. Ainsi les amateurs de roses peuvent fixer leur choix, d’une façon précise en se basant sur la qualité des roses et aussi de leurs goûts, ou l’utilisation qu’ils veulent en faire. 

Chaque variété de rose, porte une fiche qui mentionne son nom, son n° de groupement horticole et n° d’ordre dans la plantation ; le nom de son obtenteur et l’indication sur l’origine de la variété, c’est par là même que cette roseraie donne toute sa dimension, un jardin-école unique au monde. 

La Roseraie de Bagatelle de Paris

La Roseraie de la ville de Kawazu au Japon, 河津バガテル公園

La Roseraie de Bagatelle de Paris a fait des émules dans le monde, notamment au Japon, dans la préfecture de Shizuoka, la ville de Kawazu (péninsule de Izu) a créé une roseraie du nom de Bagateru Koen (en japonais), c’est-à-dire « Bagatelle », elle ressemble comme deux gouttes d’eau, à la Roseraie « Bagatelle » de la ville de Paris. C’est une société privée qui est à l’initiative de cette roseraie. 

La disposition des rosiers, la pagode, sont identiques à la Roseraie de Bagatelle de Paris, l’orangerie qui marque un point de décor attrayant de la roseraie impressionne par sa ressemblance frappante avec celle de Paris. Cependant, à Kawazu Bagateru Koen, le paysage environnant est différent, la roseraie est entourée de montagnes tandis qu’à Bagatelle, le point de vue se prolonge sur les hauteurs de Suresnes. Seuls les conseils et le savoir-faire ont tissé un lien entre ces deux roseraies. 

Vous pouvez aller plus loin dans votre découverte, en parcourant le site de la Roseraie de Kawazu Bagateru Koen et connaître le nom des 6 000 rosiers et 1 100 variétés  qui ont été plantés dans cette roseraie de trois hectares, en cliquant sur le lien suivant :

http://bagatelle.co.jp/database/database_fr.html

Une base de données classe tous les rosiers de la Roseraie, il est facile d’accès, voici son mode d’emploi :

Dans la colonne à gauche de l’écran vous avez la liste des rosiers, par ordre alphabétique, elles sont divisées en plusieurs catégories : 

  • les roses modernes, 
  • les roses anciennes, 
  • les roses anglaises
  • une catégorie autres et indéterminée. 

En cliquant sur une catégorie, vous obtenez dans la colonne de gauche une liste alphabétique qui permet d’obtenir une fiche sur chaque rose, une photo, le nom en français, en japonais le nom, la couleur, la variété, l’année de création, le pays de création, l’obtenteur, un commentaire et un n° de la section de la roseraie dans laquelle se trouve le rosier.